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Chasse

Le NABU dépose une plainte auprès de l'UE pour la perdrix grise

Le NABU dépose une plainte auprès de la Commission européenne. La population de perdrix grises en Allemagne a chuté de 91 % en 40 ans.

Rédaction Wild beim Wild — 7 octobre 2020

Dans l'espace germanophone, la perdrix grise est inscrite sur la liste rouge.

Une chasse inconsidérée, une agriculture intensive et des mesures de protection engagées trop tardivement sont les principaux facteurs à l'origine de l'extinction de la perdrix grise.

Le 2.10.2020, la Ligue pour la protection de la nature en Allemagne (NABU) dépose une plainte (en anglais) officielle contre l'Allemagne auprès de la Commission européenne. Il s'agit de l'état désastreux de la perdrix grise, imputable à une politique agricole mal orientée. Depuis 1980, la population de perdrix grises a reculé de 91 %. Selon le NABU, la Fédération et les Länder enfreignent ainsi l'exigence inscrite dans la directive européenne sur la protection des oiseaux, qui impose d'atteindre un état de conservation favorable pour toutes les espèces d'oiseaux sauvages et de prendre des mesures adéquates à cet effet.

Le sort de la perdrix grise est un exemple particulièrement frappant de la piètre mise en œuvre de ces obligations européennes en Allemagne. Comme pour de nombreuses autres espèces d'oiseaux des champs et pour les insectes, une agriculture mal orientée par les subventions prive l'espèce de son habitat et de sa nourriture. D'innombrables études scientifiques, projets pilotes et propositions au fil des années et des décennies n'ont provoqué aucun changement dans la politique agricole. Nous exigeons désormais des mesures juridiques de la part de la Commission européenne, afin que les gouvernements fédéral et des Länder ne puissent plus simplement détourner le regard.

Jörg-Andreas Krüger, président du NABU

Il est connu et éprouvé que l'on sait comment sauver la perdrix grise, souligne le président du NABU en se référant aux études abondamment citées dans la plainte auprès de l'UE. Il ne manque que la volonté de mettre en œuvre les solutions.

Parmi les mesures importantes préconisées, le NABU exige qu'au moins dix pour cent des terres agricoles soient réservés en tant qu'habitat pour la perdrix grise et la biodiversité rurale. À l'avenir, cela devrait également devenir une condition de base pour le versement des aides à la surface aux exploitations agricoles. Les votes des ministres de l'Agriculture et du Parlement européen prévus en octobre sur la future Politique agricole commune (PAC) offrent l'occasion d'ancrer cette exigence à l'échelle européenne. Si cela n'aboutit pas, l'Allemagne devra adopter des réglementations nationales, faute de quoi un arrêt de la Cour de justice européenne est à craindre. Le NABU lance un appel à la ministre de l'Agriculture Julia Klöckner et à ses homologues des Länder pour qu'ils n'entraînent pas sciemment l'agriculture, après le désastre de la législation sur les engrais, dans un nouveau conflit avec la justice européenne.

La perdrix grise est un oiseau des champs typique, autrefois présent dans tous les paysages agricoles d'Allemagne. On estime qu'ils étaient environ trois millions de couples dans les années 1950. Il n'en subsiste plus qu'un maigre reliquat compris entre 21 000 et 37 000 couples, soit environ un pour cent de l'effectif d'alors. Pour la survie des perdrix grises, il est essentiel de disposer de surfaces non fauchées et non traitées aux pesticides, dans lesquelles les femelles peuvent couver à l'abri des prédateurs tels que les renards, ainsi que de zones fleuries riches en insectes où les poussins — jusqu'à 20 par couvée — trouvent une nourriture suffisante. De telles surfaces se font de plus en plus rares. Aussi le succès reproducteur actuel de ces gallinacés ne suffit-il plus à maintenir la population.

Des ornithologues suisses ont choqué cette année les amateurs d'oiseaux à travers toute l'Europe : chez eux, la perdrix grise est désormais considérée comme éteinte.

Le déclin de la perdrix grise n'est pas seulement une perte pour tous ceux qui ne pourront plus observer cet oiseau ; c'est avant tout un signal d'alarme témoignant de l'absence d'insectes et de plantes sauvages dans un paysage agricole exploité trop intensivement. L'équilibre naturel y est rompu, car les pesticides peuvent certes contenir les ravageurs, mais ils ne peuvent pas remplacer un écosystème fonctionnel.

Lars Lachmann, responsable de la protection des oiseaux au NABU.

Selon l'évaluation du NABU, un bon état de conservation nécessiterait à nouveau au moins 335 000 couples de perdrix grises. Certes, les Länder mettent déjà en œuvre aujourd'hui de premières mesures de protection pour la perdrix grise. Mais pour sauver l'espèce, ces efforts devraient être déployés sur une superficie au moins vingt fois plus grande qu'actuellement.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.

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