Rapport annuel Stinah 2021 : le quotidien de la protection animale en Suisse
Comme chaque année, Stinah souhaite ouvrir, par ce courrier, une fenêtre sur le quotidien de la protection animale en 2021, car c'est grâce à vous que ce quotidien est possible.
La sélection des destins présentés, des situations de détresse rencontrées, des interventions réussies comme ratées, etc., est un assemblage aléatoire. Dans l'ensemble, notre quotidien en matière de protection animale remplit déjà plus de 100 pages dans le journal de bord tenu tout au long de l'année.
Nous avons commencé le 1er janvier avec la fâcheuse suspicion que le grand et charmant hongre, qui l'année précédente avait échappé à l'abattage uniquement grâce à la décision autonome de la présidente lors d'une saisie, aurait pu se fissurer le canon lors d'une bousculade du Nouvel An. Les années d'isolement avant la saisie n'avaient pas favorisé ses compétences sociales, et sa nonchalance ne l'aidait pas à esquiver rapidement une dispute sans subir de blessures.
Une fissure est une petite lézarde dans l'os qui, à l'état frais, est très difficile à diagnostiquer. Les remaniements osseux ne deviennent visibles qu'après environ 14 jours. Il faut néanmoins agir, car une fissure peut évoluer en fracture (le plus souvent fatale pour un cheval) si le membre concerné est fortement sollicité. Une telle sollicitation survient notamment lorsqu'un cheval comme LUI, pesant plus de 800 kg, se couche pour dormir et doit ensuite se relever.

Pour réduire le risque, LUI s'est vu prescrire du repos en box avec un filet.Le filet — un grand merci à nos amis du Service de sauvetage grands animaux CH/FL,qui nous ont immédiatement équipés d'un filet de sauvetage — repose sans serrer sur le cheval debout, lui permettant de se déplacer librement dans le box, mais l'empêche de se coucher. LUI a admirablement surmonté cette période de contrainte. Il se détendait en utilisant le filet comme une sorte de hamac.LUI s'est complètement rétabli et est désormais pleinement intégré au troupeau.

Cette année, dès le mois de janvier, nous avons reçu un nombre étonnamment élevé d'offres de places pour des poneys, mais aussi pour des chevaux. Le traitement de ces demandes est chronophage et souvent quelque peu éprouvant pour les nerfs, car une grande partie des personnes proposant des places se fait une fausse idée des équidés qui ont besoin de notre aide, ou. des limites que nous devons fixer à notre action faute de ressources suffisantes. Nous recevons ainsi fréquemment des offres de places pour des chevaux montables, en bonne santé et au caractère irréprochable. Nous sommes toujours heureux de pouvoir préciser que ces animaux sont rarement menacés d'abattage ou d'euthanasie et n'arrivent donc pas dans notre programme de placement. La menace d'une mort non justifiée médicalement est une condition préalable à notre intervention. Le fait que deux grandes saisies n'aient pas encore été définitivement tranchées en raison d'interventions juridiques de leurs propriétaires, ainsi que le nombre record de faible urgences signalées en 2021, nous ont permis de trouver un nouveau foyer à presque tous les chevaux en détresse.
En 2020, la population de Suisse a augmenté de,7 % par rapport à l'année précédente. Cette même année, nous avons tué 5 % de poulets de plus qu'en 2019,soit environ 12,5 millions d'individus, dont 8’574’643 poulets de chair et 3’854’017 poules pondeuses et reproductrices. Tandis que les poulets de chair végètent pendant sept semaines dans l'unique but de multiplier par soixante leur poids de naissance de 42 g pour atteindre un poids d'abattage d'environ 2,5 kg, la grande majorité des poules pondeuses passent 12 à 18 mois dans des élevages de plus de 5’000 animaux, sous lumière artificielle et dans un vacarme assourdissant, avant d'être éliminées.Tout cela est légal, beaucoup s'en moquent ; pas vous, pas nous.C'est ainsi que, dès le mois de janvier, nous étions à nouveau sur les routes de toute la Suisse avec 253 dames à plumes, afin d'offrir à celles qui avaient survécu à l'enfer de la production une vie de poule digne de leur espèce. Quatre poules blanches ont trouvé refuge parmi les quarante pensionnaires du Foyer Stinah. 1’747 poules ont dû être laissées sur place. Elles ont été tuées le lendemain.

La planification d'un sauvetage de poules commence des semaines avant la date de collecte. Dès que le lieu, la date et le nombre de poules en détresse sont connus, nous faisons l'inventaire des caisses de transport, de la paille, des étiquettes, etc. dans notre entrepôt, commandons des réapprovisionnements, envoyons un «save the date» à nos chauffeurs et commençons à chercher des lieux d'accueil. Nous envoyons des dizaines d'e-mails, de SMS et de messages WhatsApp, et menons des conversations téléphoniques à la bonne vieille manière. À l'approche de la date, nous nous attaquons à la planification des itinéraires de transport groupé, souvent en parallèle d'une recherche de places pour les animaux qui se transforme peu à peu en suspense. Cette simultanéité rend parfois la planification des tournées caduque, mais le souhait de ne laisser aucune poule derrière nous nous maintient dans une planification flexible jusqu'à la dernière minute — non sans quelques soupirs, il faut l'admettre, lorsqu'après de nombreux SMS, messages WhatsApp, e-mails et appels téléphoniques, nous réécrivons et redistribuons les Post-it sur la carte, sans avoir la certitude que le résultat est désormais définitif.
Notre équipe de chauffeurs bénévoles compte une douzaine de volontaires qui transportent les poules à titre gratuit là oùo elles sont attendues avec joie et peuvent s'installer dans un foyer adapté à leurs besoins. Eux aussi doivent faire preuve d'une grande flexibilité. Si le nombre de poules à transporter change à court terme, des itinéraires entiers peuvent devoir être échangés ou des détours supplémentaires effectués, notamment en raison des différentes tailles des véhicules — tous des véhicules personnels des chauffeurs. Pourquoi sacrifier son temps libre pour cela ? La réponse de notre chauffeuse de longue date Evi :: «Je conduis ces charmantes dames poulets vers une retraite méritée et adaptée à leur espèce. C'est pour moi undivertissement stimulant et très satisfaisant, et de plus, ce sont des passagères très agréables.»
Le 18 janvier, CHANGE est décédé. Pendant 6,5 ans, il nous a accompagnés, a enrichi notre vie et a amené plus d'un visiteur à réfléchir, s'émerveiller et remettre en question — mieux que nous n'aurions jamais pu le faire. Il était un maître de la bonne humeur, un grand épicurien et un bon ami, d'abord pour CHANGE, puis pour HEINRICH, et tout au long de sa vie aussi pour nous. Sa mort est survenue de manière inattendue. Le matin, il reposait paisiblement dans le lit de paille de sa porcherie. Probablement une insuffisance cardiaque, comme cela est souvent décrit chez les porcs.
En février, nous nous sommes occupés majoritairement de nous-mêmes. Les interventions nocturnes pour aider WIZARD à se relever sont devenues plus fréquentes (nous avions rapporté l'année dernière qu'il a du mal à se lever lorsqu'il dort trop longtemps en raison de problèmes circulatoires). Et comme si un cas ne suffisait pas, PALOMA a également eu besoin d'aide pour se relever de temps en temps, de février à avril. Il s'agissait donc, et il s'agit toujours, de vérifier régulièrement les caméras de surveillance pendant des nuits déjà assez courtes, pour voir si l'un de nos seniors a besoin d'assistance. Rester couché trop longtemps peut avoir de graves conséquences sur la santé des chevaux.
Les chevaux MOMENT (grave maladie oculaire), JACKY (symptômes d'empoisonnement), DEBORA (inflammation des articulations du jarret) et HECTOR (lésion de l'insertion du ligament suspenseur du boulet), ainsi que le chien BAJO (nouvelle opération du genou, rééducation régulière) ont complété l'infirmerie de février.
Outre le fait que de plus en plus de résidents atteignent un âge nécessitant des soins intensifs, nous avons été confrontés cette année pour la première fois à une fourbure, une inflammation grave et potentiellement mortelle des sabots. C'est VITEZ, qui anime notre troupeau en véritable one-man-show depuis 14 ans, qui en a été frappé de façon inattendue. Heureusement, nous avons détecté le problème à un stade très précoce. La recherche des causes a cependant été longue, car les premiers tests visant à vérifier l'hypothèse d'une maladie de Cushing ont donné un résultat faussement négatif. Ce n'est qu'en août que nous avons eu une certitude et avons pu obtenir une amélioration durable grâce à la médication appropriée. En attendant, les sabots devaient être refroidis pendant des heures à chaque poussée. Pour ce faire, nous construisions chaque jour une forteresse de bottes de litière autour du bac rempli d'eau glacée dans lequel VITEZ devait patienter. Les stations-service de notre région ont connu un fort chiffre d'affaires en glaçons malgré les températures modestes du premier semestre.

Le 4 mars, SHIRKAN, un jeune bœuf de seulement deux ans, est mort. Tout comme CHANGE, il a été retrouvé mort le matin dans sa litière de paille, sans aucun signe préalable de problème de santé. Il aurait dû être abattu en tant qu'animal chétif, mais il s'était parfaitement rétabli au sein de notre troupeau, si bien que nous ne nous attendions pas à le perdre si tôtzde perdre. Le 22 mai suivit KÖNKEN, qui avait eu le privilège de jouir de 21 années de liberté quasi totale dans le Jura, puis le 28 mai ce fut le tour du bœuf SENNO. Les tentatives pour l'aider à la clinique vétérinaire échouèrent. SENNO n'avait que huit ans, mais souffrait déjà des problèmes d'arthrose typiques que connaissent souvent ces animaux élevés pour leur rendement en viande, en raison de la surcharge de leurs articulations. Les bœufs atteignant rarement plus de 11 mois, ces problèmes liés à l'élevage intensif ne se manifestent généralement pas, ce qui ne signifie pas pour autant que les animaux ne souffrent pas déjà, durant la période d'engraissement, de la prise de poids excessive induite par la sélection génétique.
Dans la zseconde moitié de mars, lors de deux sauvetages de poules, toutes les 336 poules purent échapper à leur destin. Ce résultat réjouissant ne put malheureusement pas être reproduit en mai dans un élevage de pondeuses nouvellement intégré à notre programme, comptant au total 14’000 poules.Nous avons pu en placer 100. Dans un autre élevage comptant 116 poules, nous n'avons heureusement pas eu à en laisser une seule derrière nous.
Les poules wsont transportées dans des caisses adaptées. Chaque boîte est étiquetée avec le nombre et la couleur des poules ainsi que les noms du conducteur et du destinataire. Pour les grandes opérations de sauvetage, il nous faut jusqu'à 100 boîtes. Les contrats de protection doivent également être préparés à l'avance. Chaque conducteur reçoit un dossier contenant son itinéraire, les informations sur les différents points de rendez-vous, les coordonnées des repreneurs et les contrats dez protection. Le chargement des poules sur place doit être bien organisé afin d'éviter un stress inutile aux animaux épuisés et de ne pas perturber le calendrier de distribution, souvent très serré. Pour les animaux, le chargement dans l'obscurité est le moins traumatisant, c'est pourquoi la remise aux points de rendez-vous a souvent lieu tard dans la nuit.
Nous tenons ici à remercier chaleureusement nos adoptants de poules pour leur excellente collaboration, leur ponctualité et leur soutien.Il est touchant de voir avec quelle joie les poules sont accueillies. Parfois, des familles entières attendent au point de rendez-vous — ayant déjà choisi un nom pour chaque poule — impatientes d'intégrer les animaux dans leur foyer, de les considérer comme des êtres sensibles et de les traiter avec amour et respect.Cela nous aide à surmonter bien des peines et nous donne la force de continuer !
HEINRICH, que nous avions mis en compagnie de CHANGE après la mort du verrat CHANCE, montrait clairement qu'il souffrait de l'absence de CHANGE. Nous étions partagés quant à la question de tenter une nouvelle mise en compagnie. Malheureusement, nos tentatives de trouver un endroit où il aurait pu être réuni avec d'autres cochons restèrent infructueuses. En mars, l'état de santé de HEINRICH se dégrada. Les vétérinaires consultés ne purent déterminer aucune cause, si bien que nous continuâmes d'attribuer son manque d'appétit au deuil de CHANGE. Le 26 mars, nous le trouvâmes lui aussi mort dans son enclos.En attendant la rénovation de l'ancienne étable, nous ne serons pas en mesure d'accueillir de nouveaux cochons pour l'instant.
En mars, nous avons réalisé un deuxième pigeonnier. Nous espérions que les animaux installés depuis quelque temps, chassés de partout ailleurs, l'apprécieraient et que nous aurions ainsi la possibilité d'instaurer un certain contrôle des naissances par l'échange d'œufs. Malheureusement, les pigeons ne partagent pas notre avis selon lequel le pigeonnier (pas encore entièrement aménagé sur la photo) est devenu accueillant et dispose de nourriture adaptée, d'eau, de bains de sable, de matériaux de nidification, etc. Ils préfèrent élire domicile dans les endroits les plus improbables et décomposer en un clin d'œil les crottins de cheval à la recherche du moindre grain.
CÉSAR, le berger allemand qui nous a rejoints en 2014 depuis un refuge de mise à mort en Hongrie à l'âge estimé de 10 ans, était un personnage très indépendant. Avec amabilité, il faisait ce qu'il estimait devoir faire. Celazcomprenait, jour après jour et le sourire aux lèvres, d'aboyer après les chevaux qui se trouvaient certes dans leur espace, mais le long de sa clôture de jardin. Certains chevaux s'amusaient à provoquer CÉSAR, tandis que d'autres — surtout lesZjuments — se laissaient déranger par ses aboiements. CÉSAR remuait la queue aimablement tout en continuant à aboyer bruyamment, sans se laisser démonter par les fausses charges des chevaux ni par les interpellations humaines — et avec une ardeur qui semblait au moins redoubler face à la colère des exaspérés. Malheureusement, ces aboiements se sont tus à jamais le 23 avril. Il est devenu silencieux au Talhof, et ceux qui lui avaient parfois souhaité d'aller au diable à cause du bruit lui manquent assurément aussi, sa voix joyeuse et tonitruante.
Le printemps 2021 fut rude pour les jeunes oiseaux.Nous n'avions jamais eu autant d'urgences aviaires que cette année.V.a. les moineaux avaient de gros problèmes. Malheureusement, nous n'avons pu en aider que quelques-uns ; la plupart ont été retrouvés morts, probablement morts de faim. Il y a eu cependant de nouveaux relâchers réussis d'amis ailés guéris ; ainsi, par exemple, AIWAN, la pie, a pu rejoindre notre groupe de pies.
En 2011, nous avons pu prendre en fermage une demi-hectare de vignes en forte pente, directement adjacente à notre terrain. Cette parcelle n'était plus cultivée en vigne depuis environ six ans, mais était couverte d'une jachère fleurie en voie d'embroussaillement, constituant toutefois un habitat pour de nombreux insectes.Nous voulions, par ce bail, éviter que le terrain soit à nouveau utilisé pour la production viticole avec un recours massif aux pesticides et devienne « silencieux », c'est-à-dire dépourvu d'insectes.Au fil des années, nous avons aménagé cette parcelle en un précieux pâturage à insectes, en intervenant de manière aussi respectueuse que possible. Depuis deux ans, des orchidées sauvages poussent même sur la surface. Cette année, le bail a été résilié. La propriétaire, une entreprise viticole, s'était retrouvée en difficulté financière et ses terrains ont été mis aux enchères. Nous avons courageusement soumis une offre correspondant au prix maximum pour des terres viticoles non plantées afin d'acquérir « notre parcelle ». Malheureusement, notre offre a été surenchérie du triple. Notre engagement en faveur d'un peuplement riche en espèces et en fleurs a propulsé la parcelle dans la catégorie la plus élevée des paiements directs, de sorte que les bénéficiaires de paiements directs — dont nous ne faisons pas partie — auraient pu réaliser un rendement de plus de 4 %, même en payant un prix d'achat trois fois supérieur à celui officiellement jugé approprié pour la qualité concrète du sol. L'acquéreur souhaitait tirer profit de notre travail et a annoncé son intention de réaffecter la parcelle à la viticulture dès que le peuplement végétal, faute d'entretien, ne présenterait plus la diversité floristique requise pour bénéficier d'un niveau élevé de paiements directs.Grâce à un soutien généreux, il nous a finalement été possible d'exercer notre droit de préemption en tant que fermiers et de sécuriser le terrain — même si c'est à un prix bien trop élevé au regard des plantes et des animaux qui y vivent.

IEn juin, nous avons pu aider 302 poules et quatre coqs, dont cinq ont trouvé refuge dans le foyer parmi le poulailler. Nous avons dû laisser 4’894 animaux sur place. De plus, la saisie de 20 chevaux, prévue pour l'année dernière et finalement réalisée cette année, a mobilisé d'importantes ressources.
Les poules que nous recevons pour placement proviennent des conditions d'élevage les plus diverses. Lorsque Stinah a lancé RettetdasHuhn il y a plus de 10 ans, nous devions encore acheter les poules réformées pour CHF 10.00 par animal. Ce prix reflétait le peu de considération que l'on avait alors pour notre démarche, et constituait bien sûr une nouvelle occasion de s'enrichir sur le dos des animaux. C'était aussi toujours un marchandage pour savoir si nous avions le droit de sauver 5 ou 6 animaux sur des centaines ou des milliers. À partir de 2011, nous avons atteint un premier objectif intermédiaire de notre engagement : nous recevions désormais les animaux gratuitement ; plus précisément, nous n'offrions notre aide, compte tenu des possibilités existantes, qu'aux éleveurs de volailles disposés à céder les animaux sans contrepartie. Les discussions sur le nombre d'animaux que nous pouvions prendre en charge se sont alors rapidement portées sur des paliers de 50. Aujourd'hui, des éleveurs de poules pondeuses reconnaissants souhaitent que nous trouvions une solution pour tous leurs animaux, nous recevons parfois même une contribution à nos frais, et les encouragements se font de plus en plus fréquents. La dernière évolution en date est initiée par la nouvelle génération. Les jeunes agriculteurs s'impliquent de plus en plus eux-mêmes dans la recherche de lieux de vie pour leurs animaux et nous demandent de les aider dans cette démarche. Il semble que la jeune génération ne soit plus disposée à traiter les animaux comme des sous-produits. Beaucoup arrêtent la production d'œufs, avec pour conséquence négative que les petits élevages de poules disparaissent progressivement et que les animaux sont détenus en masses toujours plus importantes. VDe 2000 à 2020, le nombre d'éleveurs de volailles utilitaires en Suisse a diminué de 36 % (alors que la demande en œufs était en hausse).
Alors que la médecine vétérinaire s'intéresse depuis longtemps aux besoins et aux problèmes de santé des animaux de compagnie seniors, le patient gériatrique reste une rareté chez les animaux de rente et les connaissances dans ce domaine sont en conséquence bien maigres. En juin, nous avons abordé ce sujet lors d'un premier cours consacré aux besoins des animaux âgés et nous prévoyons de poursuivre cet échange d'expériences.
Le mois de juillet a été une véritable montagne russe. Le placement, élaboré une fois de plus avec beaucoup d'efforts, des chevaux saisis au printemps n'a pas pu être mis en œuvre ; à vrai dire, ce n'est toujours pas le cas aujourd'hui, car le détenteur des animaux a engagé de nouvelles procédures judiciaires. C'est pourquoi nous avons attribué à AMY la place prévue depuis novembre dernier dans la fondation pour l'un de ces animaux. À cinq ans, elle risquait l'abattage. Nous avons eu de la chance et avons immédiatement trouvé un merveilleux foyer pour elle. AMY est, avec 13 poules, le seul animal que nous ayons accueilli cette année dans la fondation.Face à la situation actuelle, le vice-zprésident a refusé par précaution d'accueillir d'autres animaux. Pour LILLY, dont nous avions rapporté l'année dernière qu'elle trouverait un foyer chez nous, une autre opportunité s'est heureusement présentée.
Lors de quatre sauvetages, 1’027 amis à plumes ont pu prendre le chemin d'une vie adaptée à leur espèce. Pour 349 poules, nous n'avons pas trouvé de solution de relais dans le temps imparti.
Fin juillet, notre collaborateur Thomas a eu un accident. En dehors du travail, mais un accident, c'est une absence — en l'occurrence de 3 mois. Et Thomas est un collaborateur engagé et important (60 %). Mais Thomas ne serait pas Thomas s'il ne s'était pas occupé lui-même, après son opération, de trouver un remplaçant. C'est ainsi que nous avons rapidement eu (et surtout notre excellente stagiaire Sharon) un peu de soulagement pour le nettoyage des boxes et l'alimentation des nombreux animaux du refuge ; des tâches qui engloutissent quotidiennement environ 30 heures de travail. Quelques semaines plus tard, on nous a menacé d'une amende pouvant atteindre CHF 40’000. Nous n'avions pas réalisé qu'un poste de remplaçant — dont la durée était au départ totalement indéterminée — devait également être publié pendant cinq jours ouvrables via l'ORP avant de pouvoir recruter quelqu'un pour remplacer l'employé accidenté. Cette publication est une pure formalité, car un employeur ne peut pas être contraint de conclure un contrat de travail si un ressortissant national devait s'intéresser au poste durant ces cinq jours ouvrables, ce qui de toute façon n'est jamais sérieusement le cas. Mais ne pas respecter cette formalité peut très vite coûter très cher. Le canton de Schaffhouse part du principe que même une organisation à but non lucratif, assumant en soi des tâches d'intérêt public, dispose des moyens de maintenir en permanence suffisamment de personnel pour couvrir toute absence. Bien entendu, sans apporter la moindre contribution au travail de telles organisations.
En août, CHIARA a dû revenir vivre chez nous. Elle avait été placée en famille d'accueil pendant environ sept ans. CHIARA et sa sœur SARAI devaient être abattues en 2014 en raison d'une obligation de réduire l'effectif équin. L'agriculteur a décidé de commercialiser lui-même la viande et a fait du porte-à-porte avec son offre avant l'abattage. Une dame à la retraite s'est déclarée acheteuse, non pas pour des saucisses, mais pour zdeux poneys. La vente à domicile a été conclue et l'odyssée de la recherche d'un placement s'est terminée pour la dame chez nous. CHIARA était bouleversée par la perte de son groupe. Pour de nombreux chevaux, la perte de leurs compagnons habituels et de leur environnement est un véritable traumatisme. Entre-temps, elle va mieux et s'intègre bien au sein de la grande famille équine.
Également en août, nous avons pu sauver 54 jeunes poules . Elles n'avaient pas été vendues faute de demande suffisante. La division du travail entre la production de jeunes poules et la production d'œufs peut conduire à ce qu'un producteur de jeunes poules se retrouve avec sa «marchandise» sur les bras et soit alors contraint de la détruire sans la valoriser.
En septembre, 12’000 poules provenant de trois producteurs différents auraient eu besoin d'un nouveau foyer. Nous n'avons pu en placer que 350 ; trois sont venues chez Stinah.Peut-être que certains d'entre vous connaissent quelqu'un qui connaît quelqu'un qui souhaiterait garder des poules ?Bientôt, l'une de ces exploitations procédera à nouveau à un déstockage.
Depuis octobre, nous sommes occupés par deux cas importants de protection animale. Dans l'un d'eux, une personne frappée il y a quelques années d'une interdiction de détenir des animaux à l'échelle suiszse détient une trentaine de chevaux, dont plusieurs poulains. L'interposition d'un homme de paille résidant dans sa ferme ralentit désormais l'aide apportée aux animaux, car – selon la position du canton – il faut d'abord fixer au prête-nom un délai pour remédier aux manquements, conformément au principe de proportionnalité,wce qui entraîne la perte d'une période de développement cruciale pour les poulains, durant laquelle ceux-ci devraient développer, grâce à beaucoup de mouvement, une base physique saine, et, grâce à de nombreuses expériences et impressions, une personnalité équilibrée. De manière irrémédiable. Il sera difficile de placer de tels animaux.Dans l'autre cas, il s'agit d'un marchand de chevaux qui achète des animaux destinés à l'abattage en Italie, les importe et les revend sans tenir compte de leurs problèmes de santé. Nous cherchons encore la localisation des animaux en Suisse afin de déterminer si c'est le canton du Tessin ou le canton des Grisons qui serait compétent pour engager une procédure.En octobre, 65 poules ont encore pu effectuer la transition du statut de produit à celui d'être vivant.
Le 15 novembre 2021, nous avons perdu PALOMA. Nous n'avons pas réussi à maîtriser, même à la clinique vétérinaire universitaire, une inflammation massive attaquant l'os dans le sabot. C'était un cheval de contradictions : envers nous, les humains, elle s'est montrée constamment revêche et distante au cours des 21 années partagées, et au début même dangereuse (morsures et ruades). Elle a pu surmonter ce côté dangereux, mais il a toujours été difficile de trouver des moments chaleureux avec elle. Ses réserves envers les humains étaient trop grandes. En revanche, elle a été un soutien inestimable pour de nombreux chevaux qui souffraient de handicaps ; une amie telle que chacun d'entre nous la souhaiterait.
Lors de deux sauvetages de poules, nous avons pu en sauver 277 au mois de novembre. Et en décembre, 450 poules supplémentaires auront la chance de vivre.
Aufoyer vivent actuellement environ 170 animaux de la fondation. En plus des tâches quotidiennes telles que le fumage et l'alimentation, l'entretien des installations et des pâturages, les soins médicaux, en particulier pour les pensionnaires seniors, demandent beaucoup de temps. La charge croissante des soins est actuellement à peu près compensée par le soulagement apporté par la suspension des admissions.Les conseils aux particuliers et aux autorités concernant les aspects les plus divers de la détention d'animaux ont augmenté en 2021. En revanche, beaucoup moins d'urgences animales nous ont été signalées, ce qui est très réjouissant, car le traitement de ces cas est éprouvant en termes de temps et d'énergie émotionnelle. Les demandes provenant du milieu du sport équestre ont notamment diminué. Il est encore trop tôt pour se réjouir, mais nous sommes confiants que ce changement sera durable.
Nous vous souhaitons, ainsi qu'à vos proches, de pouvoir commencer une nouvelle année heureuse en bonne santé et avec optimisme. Un grand merci de nous permettre de compter sur vous !
Soutiens notre travail
Avec ton don, tu contribues à protéger les animaux et à leur donner une voix.
Faire un don →









