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Éducation

Des associations de chasseurs financent une étude sur le raton laveur

Rédaction Wild beim Wild — 24 décembre 2021

Le projet de recherche collaboratif ZOWIAC examine comment les espèces néonatives menacent la biodiversité et quelles maladies elles peuvent transmettre aux humains ou aux animaux.

Le Landesjagdverband Hessen e.V. et le Landesjagdverband Bayern – Bayerischer Jagdverband e.V. soutiennent notamment le projet ZOWIAC, placé sous la direction du Prof. Dr. Sven Klimpel, avec d'importants financements. Accepter de l'argent de tueurs d'animaux sauvages est bien entendu toujours un exercice d'équilibriste, mais témoigne également d'une bien faible hygiène morale.

L'association Deutscher Jagdverband e. V. a désormais diffusé un communiqué de presse à ce sujet.

Le raton laveur a une influence considérable sur les amphibiens

L'Université Goethe de Francfort mène des recherches sur les espèces exotiques envahissantes. Le projet ZOWIAC englobe à la fois la biologie de la faune sauvage et la génétique. Norbert Peter présente les premiers résultats dans un entretien accordé au DJV.

Norbert Peter est chercheur à l'Université Goethe de Francfort et l'un des responsables du grand projet national ZOWIAC, financé par la Fondation fédérale pour l'environnement (DBU). ZOWIAC signifie Zoonotische und Wildtierökologische Auswirkungen invasiver Carnivoren (impacts zoonotiques et écologiques sur la faune sauvage des carnivores invasifs). Dans un entretien accordé au DJV, Peter explique notamment quels effets ont les espèces exotiques, quel rôle y joue le raton laveur et comment les chasseurs peuvent soutenir le projet de recherche.

DJV : Quel est l'objectif du projet ZOWIAC ?
Norbert Peter : Le résultat de nos recherches consiste en des données actuelles, solides et vérifiées à l'échelle fédérale. Nous examinons par exemple les risques sanitaires pour la population ainsi que pour les animaux d'élevage et les animaux domestiques, qui peuvent provenir notamment du raton laveur, du chien viverrin ou du chacal doré. Nous pouvons également mieux évaluer leurs effets sur les espèces et les écosystèmes indigènes. La base de ce travail est un suivi systématique des agents pathogènes et des pathogènes associés. Nous étudions également la répartition spatiale des espèces et utilisons des méthodes d'analyse modernes, telles que le métabarcoding d'échantillons stomacaux et de fèces, ainsi que la télémétrie pour analyser le comportement spatio-temporel des mammifères carnivores.

Comment la charge parasitaire a-t-elle évolué ?
Le ver rond du raton laveur en est un bon exemple : il s'agit d'une espèce de parasite introduite en Europe avec le raton laveur. Ce ver filaire est transmissible à l'homme. Ses œufs sont excrétés et disséminés par les fèces du raton laveur. En milieu urbain notamment, le raton laveur représente ainsi un danger potentiel pour la santé humaine. Pour le ver rond du raton laveur, nous avons constaté dans nos échantillons des taux d'infestation (prévalences) élevés, dépassant 90 %, alors que les valeurs relevées dans la littérature scientifique sont jusqu'ici nettement inférieures. Les ratons laveurs sont également des hôtes de certains virus responsables de la rage et de la maladie de Carré. Le spectre des agents pathogènes du chien viverrin est similaire à celui du raton laveur ; il est en outre considéré comme hôte définitif du ténia du renard.

Quels effets les espèces invasives ont-elles sur la biodiversité — dispose-t-on déjà de résultats à ce sujet ?
Nous avons démontré des impacts localement graves du raton laveur sur les amphibiens, comme le crapaud commun — des impacts qui menacent même la survie des populations. Cela vaut tout particulièrement pour les régions dotées de peu de sites de reproduction isolés, comme d'anciennes carrières, combinées à une densité élevée de ratons laveurs. Nos résultats scientifiques concrets seront publiés prochainement.

Comment le raton laveur peut-il, par exemple, représenter un danger pour le crapaud commun, qui possède pourtant des glandes venimeuses sur la peau ?
Dans le cadre de ZOWIAC, nous avons pu démontrer, pour certains sites de reproduction d'amphibiens, que les ratons laveurs se spécialisent véritablement dans cette source de nourriture : ils utilisent habilement leurs membres antérieurs pour écorcher les crapauds communs. Les glandes venimeuses sont ainsi neutralisées, et la proie est consommée par l'arrière. Grâce à de nouvelles analyses ADN du contenu stomacal, nous avons également pu établir pour la première fois que le raton laveur utilise régionalement le sonneur à ventre jaune — espèce fortement menacée et bénéficiant d'une protection stricte — comme source de nourriture.

Comment les chasseurs peuvent-ils soutenir le projet ZOWIAC ?
Nous étudions actuellement si des espèces comme le raton laveur et le chien viverrin peuvent également servir de réservoir à différents virus. Pour ce faire, nous avons besoin du soutien actif de chasseurs afin d'obtenir des échantillons de sang de chiens viverrins et de ratons laveurs pour nos analyses. Nous avons également besoin, dans le cadre du projet, de chiens viverrins et de visons congelés — à partir d'une douzaine d'animaux environ, nous pouvons également venir les récupérer.

Qu'en est-il d'autres projets ?
Nous sommes reconnaissants pour tout signalement indiquant des effets négatifs d'espèces invasives sur des espèces indigènes sensibles. Nous pouvons alors élaborer, en collaboration avec les associations régionales de chasse et de protection de la nature, des projets sur mesure. Si suffisamment d'échantillons peuvent être prélevés sur place, nous développons ensemble une esquisse de projet et en évaluons la faisabilité. Les données scientifiques provenant du plus grand nombre de régions possible sont extrêmement importantes pour démontrer l'influence du raton laveur, du chien viverrin ou du vison sur la biodiversité indigène. De plus amples informations sur notre projet de recherche seront disponibles à partir de janvier 2022 sur Internet à l'adresse http://www.ZOWIAC.eu. L'application ZOWIAC sera également disponible sur le Play Store. Elle permettra de nous signaler directement les découvertes et observations des espèces étudiées.

Prof. Dr. Sven Klimpel

De l'entourage du Prof. Dr. Sven Klimpel et de Norbert Peter, on peut s'attendre à ce que ce groupe présente régulièrement ses résultats de manière à attirer l'attention du public, dans l'espoir d'obtenir d'autres mandats et financements, notamment de la part des associations de chasseurs.

Le projet de recherche collaborative ZOWIAC signifie « Impacts zoonotiques et écologiques des carnivores invasifs sur la faune sauvage »“.

Le budget du projet Zowiac s'élève à ce jour à au moins trois quarts de million d'euros. Il est évident que M. Klimpel et ses collègues doivent fournir aux chasseurs de loisir les résultats qu'ils souhaitent. La neutralité, pourtant essentielle sur le plan scientifique, de ses activités de recherche est ainsi à peine garantie.

Les différentes études déjà publiées dans le cadre du « Projet Raton laveur » font actuellement référence en ce qui concerne le raton laveur. Les nombreuses études menées dans le cadre de ce projet ont donné lieu à 236 travaux scientifiques, dont 13 thèses de doctorat et mémoires de diplôme portant sur le raton laveur.

Les ratons laveurs sont depuis longtemps naturalisés en Allemagne. La chasse à ces animaux sauvages est contraire à la protection des animaux et n'a jusqu'à présent montré aucune efficacité, car les territoires libérés sont immédiatement occupés par d'autres ratons laveurs. Une solution respectueuse des animaux et durable serait en revanche la castration / immunocontraception de ces animaux sauvages : Un raton laveur castré continue d'occuper un territoire, contribuant ainsi à une réduction de la population compatible avec la protection des animaux.

Tout ce qui est raconté sur le raton laveur dans le communiqué de presse de l'association de chasseurs militante est connu depuis longtemps, notamment en ce qui concerne les amphibiens et l'ascaride du raton laveur.

Ce qui est délibérément passé sous silence, en revanche, c'est que le risque d'infection doit être considéré comme extrêmement faible selon les experts et les études de cas. Ou encore que les ratons laveurs de la plupart des États fédéraux de l'Est n'ont pas d'ascaris ! Les effets sur la santé de la population en Allemagne sont négligeables.

Dans le projet Raton laveur en Mecklembourg-Poméranie occidentale, ces comparaisons ont pourtant été effectuées de manière délibérée, et il a été démontré que les résultats étaient transposables à d'autres régions. De plus, tous les échantillons ont été collectés par des membres du projet Raton laveur (des professionnels scientifiques), tandis que dans les projets en cours, on s'appuie sur l'aide des chasseurs (chasseurs amateurs !), ce qui constitue en réalité un « BIAIS ».

En effet, notamment lors d'études sur d'éventuelles maladies infectieuses, les chasseurs amateurs auront tendance à envoyer des échantillons prélevés sur des animaux présentant des anomalies particulières (= maladies). Il s'agit donc probablement d'une présélection délibérée.

Pourtant, dès à présent (voir l'interview du DJV avec Norbert Peter-ZOWIAC), des résultats très préliminaires, obtenus dans une zone géographiquement délimitée, sont présentés par le DJV comme s'ils valaient pour toute l'Allemagne.

Cela, sans qu'une comparaison rigoureuse avec une autre région ait été réalisée (Zowiac) ou ne le soit (Schleswig-Holstein).

C'est très probablement pour cette raison que s'explique la prévalence de plus de 90 % pour l'ascaris du raton laveur indiquée par Norbert Peter au DJV dans les échantillons qu'ils ont analysés, lesquels n'ont très probablement pas été collectés par des chasseurs sur la base scientifique du principe aléatoire.

Des études de terrain sur le spectre alimentaire des ratons laveurs ont permis d'établir que leur alimentation est composée à près de 90 % des catégories suivantes : plantes (32 %), vers de terre (23 %), escargots (16 %), insectes (7 %), poissons (6 %) et mollusques (4 %). Les oiseaux (1,6 %), leurs œufs (1,4 %) = 3,0 %, les amphibiens (5,7 %) et les mammifères (souris uniquement, 1,7 %) font rarement partie du régime alimentaire des ratons laveurs.

Je ne connais pas un seul scientifique ou expert en chasse qui croie sérieusement pouvoir endiguer ces animaux par des moyens cynégétiques. Nous devons tout simplement accepter que le raton laveur se sente bien chez nous et que nous ne puissions pas le réguler. En ce sens, nous devons nous arranger avec sa présence.

Dr. Ulf Hohmann, biologiste de la faune sauvage et expert du raton laveur

Il est depuis longtemps scientifiquement prouvé que la chasse au raton laveur, tout comme la chasse au renard, stimule la reproduction et détruit les classes d'âge ainsi que les structures sociales.La tentative de réduire les populations de ratons laveurs par la chasse est désormais considérée en Allemagne aussi comme sans espoir et comme un échec retentissant.

La Fédération allemande de la chasse écrit sur son site web :

«Avec l'augmentation de la densité des populations de ratons laveurs en Allemagne, le risque de propagation de l'ascaris du raton laveur augmente également.»

Les chasseurs amateurs et autres complotistes ne contribuent donc pas à désamorcer d'éventuels problèmes, mais sont toujours aussi à l'origine des risques potentiels pour la population, ce qui est connu depuis longtemps — et pas seulement depuis la rage et la lutte contre celle-ci.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons vérifications des faits, analyses et reportages de fond.

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