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Monde animal

La population suisse consomme trop de viande

Meat Exhaustion Day : en Suisse, plus de 85 millions d'animaux ont été abattus en 2024.

Rédaction Wild beim Wild — 29 avril 2025

La consommation nationale de viande dépasse presque le triple de ce que notre planète peut supporter.

En 2024, plus de 85 millions d'animaux ont été abattus en Suisse. Un phénomène alarmant, encore aggravé par la consommation croissante de volaille. Pour sensibiliser le public à cette consommation excessive, l'organisation mondiale de protection animale QUATRE PATTES a calculé le Meat Exhaustion Day. Il s'agit du jour où la consommation maximale annuelle de viande recommandée, tant pour des raisons sanitaires qu'écologiques, est atteinte. En Suisse, ce seuil est déjà franchi le 6 mai, plus d'un mois avant la moyenne mondiale fixée au 19 juin.

Selon les statistiques publiées en 2025 par l'Office fédéral de la statistique (OFS), les Suissesses et les Suisses ont consommé en moyenne 45,6 kg de viande en 2023. C'est bien au-dessus de la moyenne mondiale de 33,8 kg. La consommation suisse représente près d'1 kg de viande par semaine, soit trois fois plus que la quantité maximale recommandée par le régime Planetary Health Diet de la commission EAT-Lancet.

En 2024, notre pays a franchi pour la première fois le cap des 85 millions d'animaux abattus. Cette consommation excessive de viande est néfaste pour la santé, pour l'environnement et surtout pour les animaux, explique Nicolas Roeschli, chargé de campagne pour les animaux de rente et l'alimentation chez QUATRE PATTES Suisse. Si l'on tient compte de la viande importée, ce chiffre dépasse probablement les 100 millions d'animaux abattus. Les premiers à en payer le prix sont les animaux, mais les conséquences de cette consommation excessive sur l'environnement et la santé nous concernent tous.

Graphique illustrant la consommation de viande en Suisse en 2024, avec plus de 85 millions d'animaux abattus, dont 82,6 millions de volailles, 2,4 millions de porcs et 0,6 million de bovins et veaux.

Impacts sur la santé et l'environnement

Selon un rapport de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), une consommation élevée de viande rouge ou transformée augmente le risque de maladies cardiovasculaires, de cancer du côlon et de diabète de type II. La Société Suisse de Nutrition (SSN) recommande de varier les sources de protéines au cours de la semaine, d'inclure des protéines végétales et de consommer au maximum deux à trois portions de viande par semaine (y compris la volaille et les produits carnés transformés). L'environnement souffre lui aussi du grand appétit pour la viande. Selon l'inventaire des gaz à effet de serre de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) pour l'année 2024, les émissions de gaz à effet de serre issues de l'élevage suisse représentent 11 % des émissions nationales, soit davantage que celles du transport aérien.

Manger davantage de volaille n'est pas une solution

Les protestations contre le projet de méga-abattoir à Saint-Aubin dans le canton de Fribourg illustrent les conséquences de l'évolution des habitudes alimentaires des Suissesses et des Suisses. En effet, alors que la quantité de viande par personne a légèrement diminué entre 2016 et 2023, la part de la volaille a augmenté, ce qui signifie qu'en définitive, davantage d'animaux sont abattus. Ainsi, leur nombre est passé de 68 millions à plus de 85 millions entre 2014 et 2024, comme le montrent les statistiques de Proviande.

Face aux critiques concernant les émissions de méthane des ruminants et les effets de la viande rouge sur la santé, de nombreuses personnes se tournent vers la viande de poulet. Cela soulève cependant aussi des questions environnementales et relatives à la protection des animaux, analyse Nicolas Roeschli.

En effet, plus de 90 % des poulets élevés en Suisse n'ont pas accès à l'extérieur. De plus, les races de volaille à hautes performances nécessitent une alimentation riche en protéines et donc des importations de soja. Cela contribue à la demande mondiale de soja, accroît la pression pour cultiver davantage de soja dans le monde entier et est ainsi indirectement responsable de la déforestation. Roeschli poursuit : «La seule vraie solution est une réduction de la consommation de viande. La Confédération le confirme d'ailleurs dans sa stratégie climatique pour l'alimentation et l'agriculture 2050, dans laquelle elle souligne que de nombreuses études concluent qu'une alimentation riche en produits végétaux et contenant moins de viande est bénéfique tant pour la santé que pour l'environnement.»

QUATRE PATTES exige des mesures urgentes

Il est de la responsabilité des politiciennes et des politiciens de prendre davantage de mesures pour réduire la consommation de viande. «La suppression des rabais sur la viande bon marché serait un bon début. Une étiquetage transparent indiquant le mode d'élevage et l'origine, tel que prévu notamment dans le cadre de la révision de l'ordonnance sur les denrées alimentaires et les objets usuels, serait également souhaitable», déclare Roeschli.

Au niveau individuel, QUATRE PATTES recommande à chacun et chacune d'entre nous d'adopter le principe des 3R pour limiter la consommation de viande :

  • Réduire : Diminuez votre consommation de produits d'origine animale. Moins, c'est mieux pour votre santé et pour les animaux.
  • Raffiner : Choisissez des produits issus d'un élevage respectueux des animaux. Informez-vous et achetez de manière plus consciente.
  • Remplacer : Privilégiez les alternatives végétales. Soyez ouvert aux nouvelles expériences.
Vous pouvez, avec bienveillance, aider tous les animaux et notre planète. Choisissez la compassion dans votre assiette et dans votre verre. Go vegan.

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