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Faune

La détresse de l'agriculture : causes et protestations

Le conseiller national Kilian Baumann (Les Verts) : Les agriculteurs sont légitimement en colère !

Rédaction Wild beim Wild — 8 février 2024

Les agriculteurs en Suisse et en Europe sont légitimement en colère.

Ils sont soumis à une forte pression économique et font simultanément face à des exigences croissantes. Mais la cause de cette détresse ne réside pas dans de nouvelles contraintes environnementales, mais dans une politique agricole défaillante depuis des décennies. Ce qui donne de l'espoir, c'est que des protestations émergent désormais contre les bénéficiaires du système agricole actuel.

En Suisse et partout en Europe, l'agriculture est soumise à une pression énorme : une forte pression sur les prix, des charges administratives toujours plus lourdes, auxquelles s'ajoutent des exigences croissantes et contradictoires de la part de la politique et de la société, pèsent de plus en plus sur les exploitations. Le désespoir face à ces dysfonctionnements se transforme en colère et pousse les agriculteurs à descendre dans la rue. La frustration et la colère des agriculteurs sont compréhensibles. Mais contrairement à ce que l'on affirme volontiers, la cause de cette détresse ne réside pas dans de nouvelles réglementations environnementales. Au contraire : celles-ci sont urgemment nécessaires si nous voulons préserver nos ressources naturelles afin de garantir la production alimentaire à l'avenir.

L'agriculture industrielle atteint ses limites

La cause de ces dysfonctionnements dans notre système agricole et alimentaire réside dans une politique agricole défaillante depuis des décennies. La politique agricole suisse et européenne ne connaît depuis longtemps qu'une seule direction : toujours plus grand, toujours plus intensif, toujours plus productif. Mais ces dernières années, il est apparu de plus en plus clairement que cette agriculture industrielle conduit à une impasse. Les conséquences négatives de la production intensive se font de plus en plus sentir : les excédents d'azote provenant des grandes quantités d'engrais minéraux et des importants cheptels polluent les eaux souterraines et l'eau potable. L'érosion de la biodiversité due à la perte d'habitats et à la contamination des écosystèmes restants par les pesticides et les nitrates a pris des proportions alarmantes.

« Grandir ou disparaître » : l'escalade vers le haut

Les prix producteurs toujours plus bas que le commerce de détail et l'industrie de transformation paient pour les produits agricoles conduisent à une intensification toujours plus poussée de la production. Celle-ci est liée à des investissements à long terme dans des moyens de production à forte intensité capitalistique, tels que davantage de terres, de nouveaux bâtiments d'élevage ou des machines plus grandes. Les petites exploitations, qui ne peuvent pas suivre cette escalade vers le haut, sont contraintes de fermer leurs portes et de cesser leur activité. Les exploitations agricoles se trouvent sous pression économique, le dos au mur.

Les profits affluent vers la périphérie prospère de l'agriculture

Les bénéficiaires de cette politique agricole erronée sont les détaillants et l'industrie de transformation, qui font baisser toujours davantage les prix producteurs des produits agricoles tout en réalisant eux-mêmes des marges princières. Et bien entendu, les groupes agroindustriels profitent de cette évolution, car plus la production est intensive, plus leurs profits tirés du commerce d'engrais, d'aliments du bétail, de pesticides et de machines agricoles sont importants.

Une politique agricole au service des groupes industriels

Cette politique agricole erronée est en outre soutenue et encouragée par les associations paysannes et les nombreux politiciens se réclamant du «monde paysan». Bien qu'ils aiment à prétendre défendre les intérêts des agricultrices et agriculteurs, leurs liens et leur imbrication avec les groupes agroindustriels, les transformateurs et les détaillants sont par trop évidents. Ainsi, les quelque quarante membres de la «Conférence des parlementaires paysans» organisée par l'Union suisse des paysans cumulent plus de 200 mandats dans des conseils d'administration, des comités et des directions de détaillants, de transformateurs, de groupes agroindustriels et d'associations de ces secteurs.

Les protestations doivent viser les profiteurs

Cette imbrication des associations «paysannes» et des politiciens avec les grands groupes n'est pas un phénomène suisse, mais concerne toute l'Europe. Que de plus en plus de paysannes et de paysans ne soient plus disposés à se laisser mettre au service des multinationales, c'est ce que montrent les protestations de l'alliance «Wir haben es satt» en Allemagne et du mouvement «Révolte agricole Suisse» de paysannes et paysans de Suisse romande. Confrontés aux mêmes problèmes économiques, ils tournent leur regard vers les véritables causes et adressent leur protestation aux bénéficiaires de la politique agricole actuelle. Cet engagement donne l'espoir que le changement est possible, et c'est pourquoi il convient de soutenir cette protestation.

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