Chasse en haute altitude dans les Grisons : davantage d'incidents et d'imprudence
Durant la haute saison de la chasse dans le canton des Grisons, l'Office de la chasse et de la pêche a enregistré un nombre anormalement élevé de signalements d'incidents liés à la chasse. Si le bilan officiel reste prudent, les chiffres et les signalements révèlent un risque important pour les personnes, la faune sauvage et l'environnement. Ceci soulève des questions cruciales concernant les pratiques de chasse, le contrôle et l'application de la réglementation.

Depuis le début de la haute saison de la chasse, le bureau compétent a reçu un nombre nettement plus élevé de signalements d'incidents de chasse de la part de chasseurs amateurs que les années précédentes.
Quiconque tue régulièrement des animaux agit avec violence. La chasse récréative est une forme institutionnalisée de violence.
Cela inclut non seulement les incidents de routine, mais aussi, selon les autorités, des « conflits dangereux » entre chasseurs de loisir, allant jusqu'à endommager les miradors – des propriétés civiles destinées à la protection et à l'observation de la faune sauvage. Les porte-parole officiels insistent sur le fait que la majorité des chasseurs respectent la réglementation, mais la fréquence croissante de ces incidents jette le doute sur cette affirmation. En effet, la chasse de loisir est un passe-temps où le mensonge est monnaie courante.
Ce n'est guère surprenant. Comme le dit l'adage, le poisson pourrit par la tête, et dans les Grisons, c'est un problème de taille. Le président de l'association des chasseurs amateurs lui-même qualifie la chasse de loisir de maladie incurable.
Selon l'Office de la chasse et de la pêche du canton des Grisons, plus de 1 000 poursuites et/ou amendes sont infligées chaque année aux chasseurs amateurs dans ce seul canton, pour violation des lois sur la chasse ou implication dans d'autres activités criminelles.
Ces rapports s'inscrivent dans un débat critique de plus longue haleine sur les risques et les erreurs potentielles liés à la chasse récréative . Des enquêtes antérieures de la RFS (Radio-Télévision Suisse) ont déjà montré que, depuis des années, un cerf sur dix chassé dans les Grisons est blessé plutôt qu'abattu proprement, ce qui expose les animaux blessés au risque de s'échapper et de souffrir inutilement. D'autres analyses ont révélé qu'environ neuf pour cent des abattages durant la haute saison sont illégaux et donnent lieu à des amendes, signe d'un manque de respect et d'application de la réglementation.
Pour les organismes de protection de la faune sauvage, ces événements soulèvent deux questions fondamentales : d’une part, la sécurité des animaux sauvages en souffrance ; d’autre part, la compétence et la motivation de nombreux chasseurs titulaires d’un permis. La multiplication des incidents souligne que la réglementation actuelle ne suffit pas à elle seule à prévenir les comportements irresponsables et les abattages illégaux.
D'un point de vue critique vis-à-vis de la chasse, l'écart entre les discours officiels et les risques réels est également préoccupant. Lorsque les comportements conflictuels et les abattages illégaux sont qualifiés d'« incidents isolés », cela occulte les problèmes structurels liés aux pratiques de chasse violentes en Suisse.
La chasse se pratique dans une zone qui n'est plus exclusivement réservée aux chasseurs de loisir. Randonneurs, familles, sportifs et habitants du quartier fréquentent les mêmes lieux. Lorsque des coups de feu sont tirés près des sentiers ou que la signalisation est ignorée, un réel problème de sécurité se pose. L'espace public devient alors temporairement une zone dangereuse.
La responsabilité n'incombe pas aux promeneurs ou randonneurs individuellement, mais à un système qui permet que la violence meurtrière soit pratiquée comme une activité de loisir dans des situations confuses, sans contrôle suffisant sur place.
Du point de vue d'IG Wild beim Wild, l'escalade récurrente des prélèvements en haute saison n'est pas une coïncidence, mais la conséquence logique d'un modèle de chasse obsolète. La forte pression temporelle, les plans de régulation axés sur la performance et les évaluations de l'adéquation du territoire créent un contexte propice aux infractions à la réglementation.
Selon l'IG Wild beim Wild (Groupe d'intérêt pour la faune sauvage), les chasseurs de loisir devraient se soumettre à des bilans médico-psychologiques annuels, inspirés du système néerlandais, et être soumis à une limite d'âge supérieure contraignante. La tranche d'âge la plus représentée parmi les chasseurs de loisir est celle des 65 ans et plus. Dans ce groupe, les limitations liées à l'âge, telles que la baisse de la vue, le ralentissement des réflexes, les difficultés de concentration et les déficits cognitifs, augmentent significativement, statistiquement parlant. Parallèlement, les analyses d'accidents montrent que le nombre d'accidents de chasse graves, entraînant des blessures et des décès, augmente significativement à partir de la quarantaine.
Les rapports réguliers faisant état d'accidents de chasse, d'erreurs mortelles et de mauvais usage des armes de chasse mettent en lumière un problème structurel. La possession et l'utilisation privées d'armes à feu létales à des fins récréatives échappent largement à un contrôle continu. Pour l'IG Wild beim Wild (Groupe d'intérêt pour la faune sauvage avec la faune sauvage), cette situation n'est plus acceptable. Une pratique fondée sur la mise à mort volontaire, qui engendre simultanément des risques importants pour les humains et les animaux, perd toute légitimité sociale.
De plus, la chasse récréative repose sur le spécisme. Le spécisme désigne la dévalorisation systématique des animaux non humains uniquement en raison de leur espèce. Il est comparable au racisme ou au sexisme et ne peut être justifié ni culturellement ni éthiquement. La tradition ne saurait remplacer le jugement moral.
Dans le domaine de la chasse récréative notamment, un examen critique est essentiel. Rares sont les domaines où les récits embellis, les demi-vérités et la désinformation délibérée sont aussi présents. Là où la violence est banalisée, les récits servent souvent de justification. La transparence, les faits vérifiables et un débat public ouvert sont donc indispensables.
Pourquoi le plaisir de tuer n'est pas une activité de loisir inoffensive
D'un point de vue psychologique, les personnes qui prennent plaisir à tuer des êtres vivants et qui paient pour cela n'adoptent pas un comportement de loisir normal. Ce comportement contredit les mécanismes fondamentaux d'empathie, de compassion et de contrôle moral présents chez la majorité des individus psychologiquement sains. Psychologiquement, il s'agit d'un comportement violent déviant, même s'il est toléré politiquement ou culturellement.
Le plaisir tiré du meurtre est une caractéristique classique de la violence gratifiante. L'acte de violence en lui-même est source de satisfaction. Non pas le résultat, ni la nécessité, mais le meurtre en lui-même. Il ne s'agit pas d'un phénomène marginal, mais d'un concept clairement décrit par la psychologie de la violence.
Ceux qui considèrent la chasse comme un loisir source de plaisir manifestent une motivation à la violence psychologiquement problématique, historiquement et structurellement liée à des idéologies autoritaires et dévalorisantes.
Les bases et les classifications se trouvent dans le dossier .
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