Chasse et alcool en Suisse
En France, une lacune juridique fait actuellement débat : les chasseurs de loisir peuvent théoriquement partir à la chasse sous l'influence de l'alcool, tant qu'ils ne semblent pas « manifestement ivres ».
Un taux d'alcoolémie fixe — comme dans la circulation routière — est inexistant.
Cela signifie : celui qui parcourt forêts et champs le fusil à la main peut officiellement boire un verre (ou plusieurs) sans qu'une limite clairement définie soit franchie.
Pour de nombreux promeneurs, sportifs et défenseurs des animaux, c'est un scandale. Mais qu'en est-il réellement en Suisse ?
En Suisse, il n'existe pas non plus de taux d'alcoolémie explicite pour les chasseurs de loisir. Alors que des valeurs claires s'appliquent dans la circulation routière, la chasse de loisir est juridiquement réglementée de manière moins précise. Certes, diverses lois cantonales sur la chasse interdisent l'abus d'armes à feu ou le tir dans un « état inapte à la circulation », mais une limite d'alcoolémie dans le sang fait presque partout défaut. Cela laisse une grande marge d'appréciation aux organes de contrôle, pour autant qu'un contrôle ait lieu.
Dans la pratique, cela signifie : un chasseur de loisir qui parcourt son territoire avec un fusil chargé après l'apéritif du matin ne viole souvent aucune loi concrète, tant qu'il se « maîtrise ». La sécurité des autres usagers de la forêt dépend donc de l'appréciation subjective des autorités.
Risque pour l'être humain et l'animal
La chasse de loisir n'est pas un passe-temps comme les échecs ou le jass. Il s'agit du maniement d'armes létales dans un terrain difficile à appréhender. Même à jeun, des centaines d'accidents surviennent chaque année, parfois avec des personnes, des chiens et des animaux protégés grièvement blessés ou tués. Sous l'influence de l'alcool, les risques augmentent :
- capacité de réaction réduite,
- erreurs d'appréciation des distances et des cibles,
- agressivité et propension au risque accrues.
Tandis que les promeneurs, cavaliers, joggeurs ou vététistes utilisent la forêt comme espace de détente, ils doivent en pratique faire confiance au fait que les chasseurs de loisir sont sobres. Aucune garantie n'existe.
Chasse sous l'influence de l'alcool — un sujet tabou ?
Le fait que cette problématique soit rarement abordée publiquement s'explique aussi par l'imbrication étroite entre le lobby des chasseurs et la politique. Au lieu d'introduire des règles claires, on mise dans de nombreux endroits sur la responsabilité individuelle — une illusion lorsqu'il s'agit de possession d'armes.
Ce débat aurait dû être engagé depuis longtemps : pourquoi les automobilistes sont-ils soumis à des limites strictes d'alcoolémie, tandis que les chasseurs amateurs armés restent largement incontrôlés ?
Exigences pour plus de sécurité
- Un taux d'alcoolémie uniforme pour tous les chasseurs en Suisse — au minimum analogue à celui du code de la route.
- Des contrôles réguliers et inopinés durant les périodes de chasse, effectués par la police ou les gardes-faune.
- Des statistiques d'accidents transparentes, faisant également apparaître l'influence de l'alcool.
- L'information de la population sur les périodes de chasse et les risques, afin que les promeneurs en forêt puissent se protéger.
La chasse de loisir est en Suisse un hobby anachronique qui implique des responsabilités. Tant qu'il n'existe pas de limites d'alcoolémie claires, une dangereuse faille demeure ouverte. Le fait que des chasseurs amateurs puissent parcourir leur territoire avec un fusil chargé après quelques verres de vin constitue un risque pour les êtres humains, les animaux domestiques et la faune sauvage.
La question n'est pas de savoir si des accidents surviennent, mais combien. Quiconque aime la nature doit donc exiger : des lois claires plutôt que des zones grises dangereuses. Toutes les 29 heures, un accident de chasse se produit, et pratiquement tous les 3 mois et demi, on déplore un mort.
Du point de vue de la IG Wild beim Wild, la limite pour la manipulation d'armes sous l'influence de l'alcool chez les chasseurs de loisir doit être fixée de manière conséquente à 0,0 pour mille de taux d'alcool dans le sang. Il en va de même pour la garde de la faune, ainsi que pour le service militaire et de police, et ce pour une bonne raison. Nul ne doit manier une arme à feu ou tirer en état d'ivresse.chasseursLa même règle s'applique au service de garde-faune ainsi qu'au service militaire et policier, et ce pour de bonnes raisons. Nul ne doit manier une arme à feu ou tirer sous l'emprise de l'alcool.
La chasse de loisir est destinée à tuer des animaux. Quiconque porte une arme dans ce cadre assume une responsabilité particulière envers les êtres humains et les animaux. L'alcool ou les drogues sont incompatibles avec cela. Les personnes souffrant d'une dépendance à l'alcool ou aux drogues doivent perdre immédiatement leur permis de chasse– et leur permis d'armes sans délai.
Après des accidents de chasse, des tests d'alcoolémie obligatoires doivent être impérativement introduits. De plus, à l'instar des Pays-Bas, des expertises médico-psychologiques régulières pour les chasseurs amateurs sont nécessaires, ainsi qu'une limite d'âge maximale contraignante.
Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est celui des 65 ans et plus. C'est précisément dans ce groupe que l'on observe davantage de limitations liées à l'âge en matière de vision, de concentration, de réactivité, ainsi que des lacunes dans la formation et l'entraînement. Par ailleurs, il est notoire que certains consomment de l'alcool pour avoir un doigt supposément plus stable. D'autres renoncent à l'alcool, mais ne sont néanmoins plus à la hauteur des exigences physiques.
Les nombreux tirs manqués, les recherches au sang et la souffrance animale massive qui en découle ne s'expliquent guère autrement.
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