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Chasse

Les Grisons maintiennent leur chasse spéciale controversée

Une initiative populaire visant à abolir la chasse spéciale a été rejetée aux urnes de justesse. Pourtant, la prochaine initiative est déjà en préparation.

Rédaction Wild beim Wild — 20 mai 2019

L'initiative populaire pour l'abolition de la chasse spéciale, lancée par des milieux de chasseurs de loisir et de protection de la nature, avait été déposée avec un nombre record de plus de 10’000 signatures.

Aux urnes, cela n'a pourtant pas suffi pour son adoption : la demande a été rejetée par 36’181 voix contre 30’533, avec un taux de participation de 49,28 pour cent.

Les initiants souhaitaient abolir la deuxième partie du concept de chasse en deux étapes, à savoir la chasse spéciale. Celle-ci se déroule fin novembre et début décembre, lorsque lors de la chasse ordinaire de septembre, un nombre insuffisant de cerfs et/ou de chevreuils a été abattu.

Pour réduire les effectifs de cerfs et parfois aussi de chevreuils, des dispositions assouplies s'appliquent lors de la chasse spéciale. Presque tout ce qui est illégal lors de la chasse principale est autorisé lors de la chasse spéciale. Des biches gestantes et allaitantes, des chevrettes et leurs petits, des structures sociales entières sont souvent abattus sans pitié, sans respect ni éthique cynégétique, dans une sorte de frénésie sanguinaire, parfois même dans la neige profonde. L'abattage de biches gestantes provoque l'étouffement des futurs faons (fœtus) dans le ventre de leur mère. Les initiants, qui se décrivent eux-mêmes comme des chasseurs de loisir et des amis des animaux, parlent dès lors de scènes moralement, éthiquement et cynégétiquement répréhensibles.

La chasse grisonne en deux étapes est hautement controversée depuis 1989. La chasse des Grisons est la manifestation cynégétique la plus déplorable de Suisse (environ 1'000 amendes et dénonciations contre des chasseurs de loisir chaque année).

La chasse spéciale est la preuve que l'éthique cynégétique n'est qu'un mirage.

IG Wild beim Wild

La chasse prétend être quelque chose qu'elle n'est pas du tout. La chasse de loisir telle qu'elle est pratiquée aujourd'hui n'est ni un artisanat séculaire, ni une tradition, ni une culture.

La chasse, c'est du tir sportif sur des cibles vivantes en mouvement, pratiqué dans une atmosphère de cruauté envers les animaux. Il n'est pas rare que les animaux en bonne santé ne soient pas touchés correctement. Un chasseur atteint un faon de cerf d'une balle dans le ventre. Tous les animaux sauvages de la région tressaillent à cause du bruit, pris de peur. Les intestins sortent. Torturé par la douleur et saisi d'une terreur mortelle, le jeune animal prend la fuite. Commence alors une chasse à courre de trois quarts d'heure avec des chiens. Les intestins continuent de sortir. Ils s'enroulent autour des pattes de l'animal. L'animal s'arrache lui-même tous ses intestins. Les intestins se déchirent en morceaux. Les morceaux jalonnent son chemin de fuite. Les chiens mordent l'animal sur tout le corps. À la fin, le chasseur se félicite d'avoir délivré l'animal de «sa» souffrance. Voilà les expériences de la nature, la passion, l'enthousiasme du chasseur amateur.

«Conforme aux règles cynégétiques» n'a absolument rien à voir avec la protection des animaux. La conformité aux règles cynégétiques des chasseurs amateurs est diamétralement opposée à la loi sur la protection des animaux. Ces règles cynégétiques sont à peu près aussi éloignées de la loi sur la protection des animaux qu'une vache l'est du vélo. La chasse amateur d'aujourd'hui est, dans le fond, tout simplement criminelle. Seulement, notre système juridique n'est pas encore prêt à en tenir compte dans le droit pénal.

Initiative Protection des animaux sauvages Suisse

En septembre 2013 a débuté la récolte de signatures pour l'initiative populaire «Pour une chasse respectueuse de la nature et éthique», publiée le 12 septembre 2013 dans la Feuille officielle cantonale.

L'initiative demande, sous la forme d'une motion générale, d'adapter la loi cantonale sur la chasse dans le sens des principes suivants :

  1. Les biches gestantes ou allaitantes ainsi que les chevrettes et leurs petits doivent être protégés de manière générale.
  2. Les pièges létaux et le nourrissage des animaux sont à interdire.
  3. Tous les oiseaux non protégés par le droit fédéral sont non chassables.
  4. Période de tranquillité hivernale générale pour tous les animaux sauvages du 1er novembre jusqu'au début de la chasse principale.
  5. Au sein de l'Office de la chasse et de la pêche, ainsi que dans la commission de chasse, les défenseurs des animaux/chasseurs et les non-chasseurs doivent être représentés de manière paritaire.
  6. Lors de l'exercice de la chasse, les limites de taux d'alcoolémie conformément à la législation sur la circulation routière sont applicables.
  7. L'aptitude à la chasse et la précision de tir doivent être vérifiées périodiquement (par analogie avec l'aptitude à conduire dans la circulation routière). À partir de 2016, seules les munitions sans plomb peuvent être utilisées.
  8. Les enfants jusqu'à 12 ans ne peuvent pas être emmenés à la chasse et ne peuvent pas être incités à la chasse dans le cadre scolaire.
  9. En cas de tous dommages extraordinaires, le garde-chasse ne peut procéder à des régulations que si toutes les autres mesures de protection envisageables ne sont pas efficaces.

Le 26 août 2014, une représentante du comité d'initiative a déposé l'initiative avec 3'265 signatures auprès de la chancellerie d'État. Le gouvernement du canton des Grisons a constaté dans sa décision du 9 septembre 2014 que l'initiative avait abouti avec 3'250 signatures valables et qu'elle serait transmise au Département des constructions, des transports et des forêts pour traitement ultérieur.

Par message du 24 novembre 2015, le gouvernement a soumis au Grand Conseil du canton des Grisons l'initiative populaire «Pour une chasse respectueuse de la nature et éthique.»

En revanche, le gouvernement a demandé que certaines parties de la demande d'initiative soient déclarées nulles.

L'association Wildtierschutz Schweiz attend désormais un arrêt du Tribunal fédéral et souhaite ensuite soumettre son initiative au vote populaire.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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