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Chasse

Saint-Gall : le gouvernement rejette les mesures de protection des faons

Le gouvernement saint-gallois s'oppose à une obligation de déclaration et à des contributions supplémentaires destinées à protéger les faons de la mort par les faucheuses.

Rédaction Wild beim Wild — 11 novembre 2019

Deux présidents de communes au Conseil cantonal de Saint-Gall, Jörg Tanner (PVL) de Sargans et Beat Tinner (PLR) de Wartau, ont exigé du gouvernement saint-gallois des efforts supplémentaires contre la mort des faons dans une motion déposée en septembre.

Au printemps, à partir du mois d'avril, commence la période durant laquelle des milliers de faons, de levrauts, de lapins de garenne, d'oiseaux nichant au sol, etc. sont fauchés chaque année par les agriculteurs.

Au moins 1’500 faons par an

Personne ne sait exactement combien d'animaux sauvages sont concernés, mais on peut estimer qu'en Suisse, selon la statistique fédérale de la chasse, il s'agit d'au moins 1’500 individus par an pour les seuls faons.

Cela représente jusqu'à dix pour cent de tous les chevreuils retrouvés morts chaque année. Après la chasse et les accidents de la route, la fauche est ainsi la cause de mortalité évitable la plus fréquente. Malgré le recours à de nouvelles méthodes de recherche, aucune tendance à la baisse des cas n'est encore observable. Étant donné que les animaux qui passent sous les lames d'une faucheuse ne meurent pas tous sur le coup, mais sont parfois blessés plus ou moins grièvement, la fauche constitue également un grave problème de protection des animaux. Des engins agricoles toujours plus rapides et des méthodes de récolte modernes ne laissent pratiquement aucune chance de survie à nos animaux sauvages.

Des chasseurs de loisir de la ville de Saint-Gall auraient rapporté que, dès le premier jour où la fauche était autorisée, quatre jeunes animaux avaient subi « une mort atroce par fauchage » dans le seul territoire de chasse proche de la ville. De nombreux autres cas auraient été signalés dans les territoires adjacents. Des précautions ne seraient pas prises partout avant la fauche.

Il ne s'agit pas seulement des animaux sauvages : lorsque des faons sont percutés et tués par des machines agricoles, les animaux de rente pourraient ensuite s'infecter par la bactérie du botulisme en ingérant de l'herbe contaminée par des cadavres, précise-t-on. Les deux conseillers cantonaux citent l'exemple du canton de Thurgovie, où deux cas ont entraîné la mort de 68 vaches laitières et de 200 moutons en 2016.

Dans leur intervention, ils réclament une obligation de signalement pour les animaux sauvages blessés par des machines agricoles. Ils s'interrogent également sur la possibilité d'octroyer des contributions financières pour l'utilisation de drones, ou de soutenir financièrement les sociétés de chasse dans leurs mesures de prévention.

Le gouvernement ne voit pas la nécessité d'agir

Le gouvernement reste sourd à ces demandes : il serait dans l'intérêt de l'agriculture qu'aucun chevreuil ne soit victime de la fauche, car cela nuit à la qualité du fourrage et à l'image du secteur. Il y aurait donc lieu de supposer que la collaboration entre agriculteurs et sociétés de chasse pour sauver les chevreuils avant la fauche «fonctionne dans la grande majorité des cas». Des prescriptions et des sanctions supplémentaires seraient pour cette raison jugées «non nécessaires».

La sauvetage des faons ne serait pas une tâche cantonale de rang supérieur, et il n'existerait donc pas non plus de base légale permettant d'allouer des contributions aux sociétés de chasse à cet effet, explique le gouvernement saint-gallois.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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