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Chasse

Gardes-faune : De protecteurs de la nature à jouets politiques ?

Alors que la question de la gestion des animaux sauvages, et notamment des loups, fait l'objet de vifs débats politiques et au sein de la population, ce sont les gardes-faune qui se trouvent chaque jour sur le terrain, en forêt et en montagne — responsables, mais souvent soumis à une pression énorme. Comment vivent-ils leur métier ? Quels conflits et quelles contraintes ressentent-ils ?

Rédaction Wild beim Wild — 17 septembre 2025

Dans les forêts denses, sur les alpages, dans les vallées et à proximité des zones habitées : les gardes-faune sont presque omniprésents, la plupart du temps ignorés — jusqu'à ce que des problèmes surviennent.

Ces dernières années, cependant, les critiques se font de plus en plus nombreuses : leur rôle évolue. De protecteurs de la nature et des espèces, ils deviennent de plus en plus les exécutants de décisions politiques, notamment dans le domaine de la politique d'abattage et de gestion des loups — c'est du moins ce qu'affirment IG Wild beim Wild et une partie de la population. Le terme « garde-faune » risque de perdre son sens originel.

Que font réellement les gardes-faune ?

  • L'Association suisse des gardes-faune (SWHV) définit le profil professionnel comme suit : les gardes-faune surveillent les populations d'animaux sauvages et d'oiseaux vivant en liberté, s'engagent pour la préservation de leurs habitats, conseillent en cas de conflits entre l'être humain et la faune sauvage et assurent des relations publiques. Ils sont employés par les autorités cantonales, contrôlent les chasseurs de loisir lors de la chasse, s'occupent des animaux trouvés morts et protègent les espèces menacées.
  • Ils font office de police de la chasse, fournissent des données pour la planification cynégétique, contrôlent les espèces chassables et mettent en œuvre les dispositions légales. Dans de nombreux cantons, ils sont employés d'offices d'État, principalement du service de la chasse, de la pêche et de la faune.
  • Les domaines d'intervention varient : protection de la nature et des espèces, gestion de la faune sauvage, contrôle des dégâts causés par les animaux sauvages (p. ex. par des animaux de rente), questions de circulation et de sécurité, relations publiques, ainsi que souvent bien-être animal et surveillance de la chasse.

Les gardes-faune se plaignent de plus en plus de la charge de travail et du manque de personnel. En particulier dans les cantons où la gestion du loup est devenue une priorité politique récente, la charge de travail et les heures supplémentaires augmentent fortement : le canton du Valais signale ainsi des milliers d'heures supplémentaires dans le contexte du massacre des loups.

Dans plusieurs cas, des gardes-faune ont des loups ou Lynx abattus, qui ne faisaient pas partie de la meute ciblée ou qui avaient été mal identifiés. De tels incidents entraînent des critiques publiques et des conséquences juridiques. Exemple : des abattages de lynx dans les Grisons, où les animaux n'avaient pas été clairement identifiés. Dans le Valais également, de mauvais loups ont été abattus – des animaux qui ne faisaient pas partie de la meute, ainsi qu'une louve gestante.

De plus en plus, les milieux politiques attendent des gardes-faune qu'ils ne se contentent pas de protéger et d'observer, mais qu'ils régulent et abattent. Les nouveaux cadres légaux déplacent l'équilibre du pouvoir en faveur des compétences cantonales en matière d'abattage. L'IG Wild beim Wild déplore que la protection de la nature, les données scientifiques et le bien-être animal soient ainsi mis sous pression par la chasse.

Les gardes-faune en Suisse se trouvent à un carrefour. Leur mission traditionnelle – protéger la nature, soigner la faune, observer et conseiller – est complétée, voire dans certains cas supplantée, par des exigences de régulation et d'abattages, y compris à titre préventif. Cela soulève des questions : d'éthique, de proportionnalité, de ressources et de protection des espèces.

Qui dit « garde sauvage » ne pense bientôt plus seulement à un « protecteur », mais aussi à un « gestionnaire de l'abattage ». Cela s'accompagne d'une érosion de l'ancienne identité professionnelle – et le mot « garde-faune » risque de perdre son sens originel. Pour beaucoup de gardes-faune, le souhait est clair : ils ne veulent pas être de simples exécutants de quotas d'abattage, mais rester les gardiens de la nature.

La réalité : de plus en plus souvent, ils deviennent les exécutants de la politique de chasse – ils accompagnent des chasseurs de trophées payants dans le Valais lors de l'abattage de bouquetins et procèdent à l'abattage de loups protégés sur mandat du canton.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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