Le vrai loup problématique est assis dans les bureaux
C'est un affront pour tous ceux qui croient en une véritable protection de la nature : le canton des Grisons prévoit d'éliminer complètement un autre groupe de loups en Basse-Engadine.
Non pas réguler, non pas observer, mais éliminer.
Alors que l'Union internationale pour la conservation de la nature UICN exige clairement, avec la Motion 142, que les abattages de loups ne soient autorisés qu'en tout dernier recours, les Grisons montrent comment on pervertit le sens de la protection des espèces, le doigt sur la gâchette lors de la chasse.
Deux meutes se sont formées cette année en Basse-Engadine : ce n'est pas un problème, c'est un succès. Cela démontre que la nature est capable de se régénérer d'elle-même, si on la laisse faire. Mais au lieu d'éprouver de la fierté face à ce retour de la faune sauvage, le canton réagit par la peur, le contrôle et le plomb. Une meute a attaqué des animaux de rente — et aussitôt, on sonne le tir. Aussi simple, aussi commode, aussi rétrograde.
Où est la responsabilité ?
Le loup est protégé, et ce n'est pas par hasard. Il fait partie d'un écosystème fonctionnel, il maintient les populations de gibier en équilibre et renforce la biodiversité. Mais que font les Grisons ? Ils traitent le loup comme un intrus indésirable. Au lieu d'investir dans une meilleure protection des troupeaux, la formation et les stratégies de coexistence — comme l'exige la Motion 142 —, on opte pour la solution la plus simple : tuer.
Ce n'est pas de la gestion de la faune sauvage, c'est une politique symbolique à motivation politique. Un cadeau offert à ceux qui attisent bruyamment la peur et ignorent les faits. C'est une capitulation face aux pressions des lobbys — et une trahison de la responsabilité que nous portons en tant que société envers la nature.
Quiconque prend la protection des espèces au sérieux ne peut accepter cette manière de procéder
L'UICN a donné à la Suisse un mandat clair : révisez la loi sur la chasse, créez une base juridique pour une véritable coexistence — et faites de l'abattage des loups une ultima ratio, et non une routine. Mais les Grisons font exactement le contraire et entraînent une fois de plus la Suisse dans un fiasco écologique et moral.
Si nous perdons le loup, nous perdons plus qu'une espèce animale. Nous perdons la preuve que la coexistence entre l'être humain et la nature sauvage est seulement possible.
Et c'est peut-être précisément là le point crucial : le véritable loup problématique ne se tient pas sur quatre pattes dans l'Engadine – il est assis dans un bureau administratif, porte un costume et appelle destruction «gestion».
Et l'OFEV ? Au lieu de se présenter comme le gardien de la protection de la nature, il se fait le complice des cantons. Aucune remise en question critique, aucun examen rigoureux pour vérifier si les mesures de protection des troupeaux ont été épuisées, les demandes d'abattage sont accordées de manière quasi réflexe. Ce faisant, l'autorité vide son propre mandat de sa substance et trahit le statut de protection du loup.
Quiconque prend au sérieux la protection des espèces ne peut pas se contenter de fournir tampons et signatures, mais doit représenter la voix de la nature. Tout le reste est une déclaration de faillite.
La Suisse n'est pas seule au monde. Elle a signé des accords internationaux tels que la Convention de Berne et la Convention sur la biodiversité, qui exigent une protection claire pour le loup. Ces traités ne sont pas de simples recommandations non contraignantes, mais des obligations. Quiconque les ignore perd sa crédibilité sur la scène internationale. Un pays qui aime se présenter comme un pionnier de la protection de la nature ne peut pas se cacher derrière des fantasmes cantonaux d'abattage. Si la Suisse rompt ses propres engagements, elle envoie un signal fatal : que les traités et la protection des espèces ne valent que lorsqu'ils sont politiquement commodes.
Dossier : Le loup en Suisse : faits, politique et limites de la chasse
Action participative : Demandez à votre commune, en raison de la politique catastrophique du conseiller fédéral Albert Rösti (UDC), une demande de remise des impôts fédéraux et cantonaux en lien avec l'abattage de loups récemment autorisé en Suisse. Vous pouvez télécharger la lettre type ici : https://wildbeimwild.com/ein-appell-fuer-eine-veraenderung-in-der-schweiz/

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