Démantèlement des éoliennes : controverses et héritages pollués
Pour laisser place à la nouvelle génération d'éoliennes, l'ancienne doit céder la place.
Le démantèlement n'est pas seulement une question de recyclage des pales de rotor.
Le véritable problème se trouve sous terre. L'élimination des fondations fait grimper les coûts pour les exploitants. Il n'est pas rare que le béton reste dans le sol. Les défenseurs de l'environnement réclament le retrait complet de ces héritages pollués.
Les arrondissements de Basse-Saxe semblent réagir avec souplesse. Pourtant, le grand démantèlement reste encore à venir. En Basse-Saxe seulement, la moitié des plus de 6 000 éoliennes terrestres devrait être remplacée par de nouvelles installations dans les prochaines années. "Le démantèlement est soumis à une réserve de proportionnalité", déclare Andreas Eickmann, directeur du service de l'urbanisme du district de Cuxhaven.
Les coûts élevés n'auraient pas été le facteur déterminant pour que les fondations du district de Cuxhaven ne doivent être retirées qu'à une profondeur maximale de 2,5 mètres. C'est plutôt le démantèlement lui-même qui représenterait un danger pour les eaux souterraines. Les fondations sur pieux s'enfoncent jusqu'à 40 mètres de profondeur et traversent différentes couches aquifères. Si les pieux étaient retirés, il existerait non seulement un risque que l'eau salée pénètre dans l'eau potable, mais aussi des pesticides agricoles. Eickmann : "Les trous constituent une autoroute vers le sous-sol."
Les exploitants d'éoliennes sont tenus, en vertu du droit de la construction, de rétablir l'état initial des lieux lorsque les installations ont fait leur temps. "En retirant les fondations jusqu'à 2,5 mètres de profondeur, les surfaces peuvent à nouveau être utilisées à des fins agricoles", souligne Eickmann, "aucune charrue ne va plus profond." Le démantèlement partiel serait également suffisant pour absorber les précipitations.
Cependant, le directeur du service d'urbanisme sait lui aussi que le grand démantèlement reste encore à venir. Les fondations superficielles des anciennes installations, actuellement remplacées par de nouvelles plus performantes, ne posent pas problème — contrairement aux fondations sur pieux plus récentes des grandes installations. Le district de Wittmund, région natale du ministre de l'Environnement de Basse-Saxe Olaf Lies (SPD), ne reconnaît aucune obligation de démantèlement pour les anciennes fondations autorisées avant la modification du code de la construction en 2004.
En outre, l'obligation de démantèlement ne s'appliquerait pas aux parcs éoliens disposant d'un plan d'occupation des sols. En revanche, les nouvelles fondations devraient être retirées jusqu'au-dessus des pieux, selon l'administration. « Les pieux en béton demeurant dans le sol n'ont pas d'effets notables sur la qualité des sols », déclare Ralf Klöker, porte-parole du district. À ce jour, 119 anciennes installations ont été démontées sur le territoire du district.
Les subventions ont pris fin en 2020
Les défenseurs de l'environnement du Wattenrat en Frise orientale critiquent ce qu'ils considèrent comme une attitude laxiste des autorités. Le porte-parole Manfred Knake estime : « On peut supposer qu'il ne s'agit pas de respecter le droit en vigueur, mais de préserver le portefeuille des exploitants éoliens, qui ont engrangé pendant des décennies les rendements les plus juteux grâce à la loi sur les énergies renouvelables (EEG). »
Il reste à voir si les propriétaires fonciers, sur les terrains desquels les éoliennes ont été érigées, seront un jour mis à contribution pour le démantèlement complet des fondations. De fait, les subventions accordées au titre de l'EEG arrivent à expiration en 2020. Avec la fin des subventions, la durée d'exploitation des installations touche souvent elle aussi à sa fin.
Le secteur estime qu'à l'échelle fédérale, une éolienne sur quatre sera démantelée — en Basse-Saxe, ce serait même une sur deux — afin de faire place à des installations nouvelles, plus grandes et surtout plus efficaces. Un ancien collaborateur du ministère de l'Environnement de Kiel voit dans le démantèlement seulement partiel des fondations un problème lié avant tout à l'imperméabilisation des sols.
Les militants écologistes s'inquiètent
Kuno Veit a déclaré au NDR : « Si je n'enlève qu'un mètre de la fondation, la surface reste imperméabilisée. » Rien qu'au Schleswig-Holstein, il s'agirait de trois millions de mètres carrés. Le ministère de l'Environnement de Basse-Saxe, quant à lui, ne voit aucun problème dans le démantèlement des éoliennes. Le ministère ne laisse aucun doute sur le fait que toutes les éoliennes autorisées à partir de 2004 doivent être intégralement démantelées.
Cela inclut les fondations. La porte-parole Justina Lethen explique que les arrondissements peuvent accorder des dérogations si le retrait de la fondation représente une charge environnementale plus importante que son maintien dans le sol. Lethen : « Une recommandation générale, le ministère de l'Environnement n'en donne pas. » Pour les installations plus anciennes, il n'existe aucune obligation de démantèlement.
Sur les forums internet, des militants écologistes s'inquiètent. Ils craignent que l'eau de pluie ne puisse plus s'infiltrer, que les plantes à enracinement profond ne trouvent plus de support, et que le nord de l'Allemagne notamment soit bétonné en sous-sol sans que personne ne s'en aperçoive. 1300 personnes ont signé une pétition en ligne pour exiger le démantèlement des éoliennes dans l'arrondissement de Cuxhaven, fondations comprises — jusqu'à présent sans succès.
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