Loup : la protection des troupeaux est plus efficace que l'abattage, selon une étude
Clôtures, enclos nocturnes, bergers et chiens de garde pourraient protéger le bétail contre le prédateur. Même les lamas repoussent les attaquants.
Le loup est de retour et, selon les spécialistes, la population augmentera plutôt qu'elle ne diminuera dans les années à venir.
«Nous allons devoir apprendre à vivre à nouveau avec le loup», a déclaré Christian Pichler du WWF en marge d'une conférence internationale organisée en grande partie par l'organisation de protection de la nature à Salzbourg, consacrée à la protection des troupeaux d'animaux de rente.
«Malheureusement, les politiques ont longtemps négligé ce sujet», a souligné Pichler du WWF autrichien. Alors qu'à Salzbourg la décision des autorités concernant une demande d'abattage d'un loup est encore en attente, les quelque 200 participants se sont penchés sur des alternatives à l'élimination. «Il existe des moyens de protéger autrement ses troupeaux de moutons, de chèvres et de bovins», a indiqué Pichler. L'Autriche accuse toutefois un retard de plusieurs années par rapport à des pays comme la Suisse, la France ou la Slovénie.
L'abattage de loups entraîne encore plus de dommages sur le bétail
Selon une étude de l'Université du Wisconsin menée aux États-Unis et en Europe, l'abattage de loups est une mesure peu efficace pour prévenir les attaques. Dans plus de 70 % des cas examinés, les abattages n'ont apporté aucune amélioration ou ont même conduit à davantage de dommages sur les animaux de rente. En revanche, les mesures de protection des troupeaux ont permis de protéger efficacement contre les attaques dans 80 % des cas.
Les exploitations agricoles se berceraient d'un faux sentiment de sécurité après les abattages et ne prendraient pas d'autres mesures de protection, a expliqué l'auteur de l'étude Adrian Treves. «Les loups qui arrivent ensuite trouvent une table dressée avec des troupeaux non protégés.» L'abattage de loups perturbe en outre la structure sociale des meutes. L'élimination d'un animal parental pourrait par exemple amener les loups à modifier leur comportement de chasse et, faute d'expérience, à se rabattre sur des proies plus faciles à capturer, comme des moutons non protégés.
L'aide des chiens
Le WWF réclame donc, pour la protection des troupeaux davantage de soutien financier et pratique de la part des politiques. Outre les clôtures électriques, les parcs de nuit et le recours à des bergers et bergères, les chiens de protection ont été particulièrement au cœur des débats lors de cette conférence de trois jours à Salzburg. «Les chiens de protection des troupeaux sont l'un des meilleurs outils pour protéger les moutons. Mais beaucoup de savoir-faire a été perdu, car les prédateurs avaient disparu depuis longtemps dans de nombreuses régions», a notamment déclaré le chercheur français spécialiste du loup Jean-Marc Landry.
Étant donné que le dressage des animaux dure un à deux ans, il faut commencer le plus tôt possible, a également exigé Pichler, expert loup du WWF. De plus, le cadre juridique devrait être modifié. «Selon la loi sur la protection des animaux, les chiens ont besoin d'une niche ou d'un abri, or les chiens de protection des troupeaux vivent et dorment avec le troupeau.»
Outre les chiens, les lamas pourraient d'ailleurs être de plus en plus utilisés à l'avenir pour protéger les troupeaux de moutons. Ils se distinguent par une aversion naturelle envers les canidés et les petits carnivores. Aux États-Unis et en Australie, ils protègent par exemple les troupeaux de moutons contre les coyotes, les dingos ou les chiens errants. Les lamas peuvent tisser un lien social avec un troupeau et défendent ensuite les moutons contre les agresseurs en mordant, en ruant, en crachant et en les repoussant. Les expériences avec les loups restent cependant encore rares pour l'instant. Des observations en Suisse laissent toutefois entendre que certains lamas peuvent protéger efficacement les troupeaux, notamment contre les loups solitaires.
Communauté d'intérêts Wild beim Wild
L'IG Wild beim Wild est une communauté d'intérêts à but non lucratif qui s'engage pour l'amélioration durable et non violente de la relation entre l'être humain et l'animal, l'IG s'étant également spécialisée dans les aspects juridiques de la protection de la faune sauvage. L'une de nos principales préoccupations est d'introduire dans le paysage culturel une gestion moderne et sérieuse de la faune sauvage sur le modèle du canton de Genève — sans chasseurs amateurs, mais avec des gardes-faune intègres qui méritent ce titre et agissent selon un code d'honneur. Le monopole de la violence doit être entre les mains de l'État. L'IG soutient les méthodes scientifiques d'immunocontraception pour les animaux sauvages.
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