Les animaux d'aquarium ne doivent pas être relâchés
Quiconque relâche dans la nature des animaux et des plantes non indigènes provenant d'un aquarium ou d'un bassin de jardin peut causer de graves dommages à la biodiversité et aux infrastructures.
L'Office de l'environnement informe, conjointement avec les cantons suisses, des raisons pour lesquelles il est interdit de relâcher des animaux et des plantes non indigènes provenant d'aquariums et de bassins de jardin, de ce à quoi il faut faire attention lors de l'achat et des solutions disponibles lorsqu'on ne peut plus ou ne souhaite plus garder des animaux et des plantes.
Il arrive régulièrement que des animaux ou des plantes provenant d'aquariums et de bassins de jardin soient déversés dans des ruisseaux, des rivières ou des étangs. La majorité des organismes vivant en aquarium ou en bassin de jardin ne peut cependant pas survivre dans nos eaux. Cette faible proportion qui parvient à s'établir peut, en tant qu'espèce invasive, causer de graves dommages. Des poissons rouges ou des tortues à tempes rouges relâchés vident par exemple des étangs entiers et menacent ainsi de rares espèces d'amphibiens et d'insectes. Des écrevisses de grande taille originaires d'Amérique du Nord transmettent la peste des écrevisses, une maladie mortelle pour les écrevisses indigènes. Les plantes d'aquarium, comme le myriophylle du Brésil, peuvent également être problématiques, car elles croissent très rapidement et forment des peuplements denses en forme de tapis. Il est donc interdit de relâcher des animaux et des plantes non indigènes dans les eaux en pleine nature.
Recommandations à l'intention des personnes possédant des aquariums, des animaux de compagnie et des bassins de jardin
L'Office de l'environnement et les cantons suisses informent sur leurs sites internet et d'autres canaux au sujet de ce problème et formulent des recommandations à l'intention des personnes qui ne peuvent plus ou ne souhaitent plus conserver leurs aquariums ou bassins de jardin. Le principe fondamental est le suivant : avant toute acquisition, il convient de réfléchir à la disponibilité à long terme du temps nécessaire à l'entretien et aux soins, ainsi qu'à la manière de gérer les absences prolongées, notamment pendant les vacances d'été.
Recommandations si l'on ne peut plus garder des animaux ou des plantes :
- Chercher un nouveau foyer auprès de proches ou sur une plateforme de vente sérieuse, ou contacter un centre de recueil.
- Si aucune autre solution ne peut être trouvée : s'adresser à un cabinet vétérinaire.
- Éliminer les plantes aquatiques avec les ordures ménagères ou dans une installation de compostage professionnelle.
- Éliminer l'eau des aquariums dans les eaux usées (pas dans les bouches d'égout).
On désigne par néobiota les espèces végétales (néophytes), animales (néozoaires) et fongiques (néomycètes) qui, après l'an 1492 (1500), apparaissent et se reproduisent à l'état sauvage en dehors de leur aire de répartition d'origine (c'est-à-dire des espèces végétales, animales ou fongiques non indigènes) du fait de l'activité humaine. Nombre de ces espèces entrent en concurrence avec des espèces indigènes et constituent ainsi une menace pour la biodiversité, mettent en danger notre santé, endommagent les infrastructures et les ouvrages ou entraînent des pertes de rendement dans la production agricole.
À la recherche de l'apron dans le Doubs
L'apron est un poisson vivant dans le Doubs et menacé d'extinction. Sa population a fortement diminué au cours des 20 dernières années. L'OFEV et le canton du Jura, en collaboration avec des organisations de protection, tenteront cet été de capturer les derniers aprons encore présents dans le Doubs. À cet effet, des prospections visuelles seront effectuées aux endroits où l'espèce a été récemment observée dans le Doubs, et des traces génétiques seront recherchées dans l'eau. Les résultats de ces investigations serviront de base à l'élaboration d'une nouvelle stratégie de conservation de l'apron.
L'apron vit exclusivement dans le bassin du Rhône, et en Suisse uniquement dans le Doubs. Au cours des 20 dernières années, la population dans le Doubs a cependant nettement diminué. Afin de préserver l'espèce, de nouveaux travaux de recherche sont désormais lancés. En juillet et août, des investigations visuelles (de jour et de nuit) seront menées en trois endroits du Doubs où l'apron a été récemment observé. Si des aprons sont repérés, ils seront capturés et transférés dans des aquariums à Aquatis (Lausanne). Ces investigations seront complétées par des analyses d'eau, dans le cadre desquelles l'espèce sera recherchée à une vingtaine de stations le long du Doubs à l'aide d'ADN environnemental. Cette méthode permet de détecter des traces génétiques dans l'eau.
Les résultats des études servent à définir la nouvelle stratégie de conservation de l'espèce dans le Doubs et notamment à préciser les objectifs d'une éventuelle campagne de réintroduction de l'apron. Le suivi s'inscrit dans le plan d'action national pour le Doubs de 2016, lancé par la Confédération ainsi que les cantons du Jura et de Neuchâtel.
Le Roi du Doubs, une espèce protégée
L'apron du Rhône (Zingel asper) est un petit poisson menacé d'extinction, strictement protégé à l'échelle européenne par la Convention de Berne. Il compte parmi les vertébrés les plus menacés d'Europe. En Suisse, l'espèce n'est présente que dans la boucle du Doubs (secteur jurassien du Doubs), qui abrite la population européenne la plus septentrionale. Les résultats du programme de suivi de l'apron dans le Doubs (2000 à 2020) montrent que l'espèce s'est raréfiée. En 2020, aucun apron n'a été observé dans le cadre du suivi. En 2021, un seul individu a été découvert. En savoir plus sur le sujet Protection des espèces.
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