L'aigle criard en approche
Attention, aigle en approche ! Il y a au moins une chose sur laquelle on peut compter : chaque année en mars, les aigles criards traversent le continent africain du sud au nord pour rejoindre leurs zones de reproduction en Europe début avril. La plupart d'entre eux volent même encore plus loin, principalement vers les pays baltes, où la majorité des aigles criards nichent. Ces rapaces fidèles à leur territoire suivent dans
Attention, aigle en approche ! Il y a au moins une chose sur laquelle on peut compter : chaque année en mars, les aigles criards traversent le continent africain du sud au nord pour rejoindre leurs zones de reproduction en Europe début avril. La plupart d'entre eux volent même encore plus loin, principalement vers les pays baltes, où la majorité des aigles criards nichent. Ces rapaces fidèles à leur territoire suivront dans les prochaines semaines le même itinéraire migratoire : du sud de l'Afrique vers le nord en longeant le Rift est-africain, par le canal de Suez vers l'Asie, puis le long du littoral israélien et enfin en Europe par le Bosphore en Turquie. Ceux qui souhaitent suivre en temps réel le périple de 10’000 km du plus petit aigle d'Allemagne peuvent le faire sur le site internet www.schreiadler.org .
Un petit aigle avec un vaste territoire de nidification
L'aire de reproduction de l'aigle criard est assez restreinte. En Suisse, l'aigle criard est plus rare que l'aigle pomarin. La raison tient à son itinéraire migratoire. L'aigle criard, la plus petite espèce d'aigle européenne, n'est que légèrement plus grand que la buse variable. La distinction avec l'aigle pomarin est difficile, même pour les ornithologues expérimentés. Les aigles criards sont très vocaux au nid, ce qui leur a valu leur nom allemand.
Noces et rénovation du domicile
À peine arrivé dans son territoire de nidification ancestral, la liste des tâches de l'aigle criard. C'est une entreprise exigeante. «L'aigle criard ne construit son aire que dans des forêts très denses. Si son environnement a beaucoup changé depuis son départ en septembre, il n'hésite pas longtemps et disparaît», explique le Dr Andreas Kinser de la Deutsche Wildtier Stiftung. En raison de l'agriculture et de la sylviculture intensives ainsi que des éoliennes installées à proximité des aires, des zones de nidification jusque-là adaptées sont malheureusement régulièrement détruites. «Chaque année, quelques couples d'aigles criards en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale et dans le Brandebourg doivent abandonner leur zone de nidification ancestrale, parce que l'habitat s'y est fortement dégradé», précise Kinser.
Un optimisme prudent
Mais il y a aussi de bonnes nouvelles : au cours des deux dernières années, une vingtaine de nouvelles installations ont été recensées en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. Des zones de nidification abandonnées entre-temps ont été recolonisées, ou de nouveaux habitats ont été ouverts. Cela ne signifie toutefois pas que le danger est écarté : «Nous évaluons ces nouvelles installations avec prudence et devons attendre de voir si des couples nicheurs stables en émergent pour l'avenir», déclare le Dr Wolfgang Scheller, qui coordonne les comptages de l'aigle criard en Mecklembourg-Poméranie-Occidentale. «Le risque que des habitats nouvellement colonisés soient à nouveau abandonnés après peu de temps est grand», ajoute Scheller. Dans la plupart des zones de nidification, les ornithologues observent plutôt une nouvelle dégradation des conditions de vie. Pour opérer un véritable changement de tendance en faveur de l'aigle criard, il faut donc bien plus que des projets de protection isolés. «De véritables changements substantiels pour la biodiversité dans nos paysages ne seront possibles que lorsque les agriculteurs et les forestiers pourront tirer un revenu de la protection de la nature et des espèces», affirme Andreas Kinser. Les négociations actuellement en cours sur la réforme de la politique agricole de l'Union européenne offrent la meilleure occasion d'y parvenir.
Données de vol de la migration de l'aigle criard : Zone de départ : Zimbabwe, Zambie, Mozambique, Namibie, Afrique du Sud. Zone d'arrivée : Allemagne, Pologne, pays baltes, Biélorussie. Longueur de la route migratoire : env. 10’000 km. Altitude de migration : max. 2’000 m. Vitesse de migration : 40–60 km/h. Distance max. par jour : 500 km. En savoir plus sur les animaux sauvages et la biodiversité.
Soutiens notre travail
Avec ton don, tu contribues à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.
Faire un don maintenant →