Abattage de loups stoppé : le tribunal protège la meute
Les cantons des Grisons et du Valais ont ordonné l'abattage préventif de certaines populations de loups. Suite à un recours déposé par trois organisations de protection de la nature, les loups concernés ne peuvent pas être régulés jusqu'au jugement du Tribunal administratif fédéral.
L'Office fédéral de l'environnement (OFEV) a approuvé fin novembre les demandes des cantons des Grisons et du Valais visant à abattre préventivement certaines populations de loups.
Par les décisions correspondantes, les départements cantonaux compétents ont autorisé l'abattage par la garde de la faune cantonale.
Contre les deux décisions de l'OFEV, les organisations de protection de la nature Pro Natura, WWF Suisse et Protection Suisse des Oiseaux ont déposé un recours auprès du Tribunal administratif fédéral (TAF) les 7 et 11 décembre 2023 respectivement. Conformément à l'article 55 de la loi sur la procédure administrative (PA), de tels recours ont automatiquement un effet suspensif. L'OFEV et les cantons concernés ont demandé que l'effet suspensif soit retiré aux recours.
L'abattage de loups est irréversible
Pour de telles demandes, le tribunal examine à chaque fois les chances de succès d'un recours. Il analyse ensuite si des raisons suffisantes justifient le retrait de l'effet suspensif. Enfin, il procède à une pesée des intérêts et examine la proportionnalité.
En l'espèce, le TAF constate dans ses ordonnances provisionnelles qu'aucun pronostic décisionnel clair ne ressort des positions des parties. Le retrait de l'effet suspensif requiert un préjudice grave. Dans le canton des Grisons, selon les pièces disponibles, les meutes de loups en question ne seraient pas spécialisées dans les animaux de rente lorsque des mesures de protection des troupeaux sont en place. Dans le canton du Valais, un renforcement des mesures de protection des troupeaux permettrait vraisemblablement de réduire de 55 % le nombre élevé redouté d'attaques sur des animaux de rente, même sans l'abattage des loups .
En contrepartie, le tribunal souligne que l'abattage créerait une situation irréversible.
Dans une pesée des intérêts et en tenant compte de la proportionnalité, le TAF estime, après un examen sommaire, que les intérêts au maintien de l'effet suspensif l'emportent. Il rejette donc les demandes de l'OFEV et des cantons concernés.
Rösti a balayé les réserves
Il est par ailleurs établi que le ministre de l'environnement Rösti a passé outre les réserves de la Chancellerie fédérale et de l'Office fédéral de la justice (OFJ) concernant la chasse spéciale aux loups. C'est ce que rapportent les journaux de CH Media vendredi. Ils s'appuient sur des documents issus de l'administration fédérale.
Les documents montrent que Rösti faisait preuve de retenue à l'origine dans sa gestion du dossier loup. Les nouvelles règles ne devaient initialement pas entrer en vigueur avant septembre 2024. Les raisons pour lesquelles on a soudainement appuyé sur l'accélérateur restent floues. Le département de Rösti ne s'exprime pas sur les recherches journalistiques, invoquant notamment le fait que Rösti se trouve actuellement en vacances.
L'administration fédérale a résisté
Les documents révèlent également la vive résistance que diverses divisions de la Confédération ont opposée aux projets de Rösti. Ainsi, un rapport spécial de juin montre que l'OFEV de Rösti insistait, en référence à la Convention de Berne, un accord international sur la protection des animaux et des plantes, sur un seuil minimal de 20 meutes de loups. Rösti a finalement fixé le minimum à seulement 12 meutes, bien que l'Office fédéral de la justice ait également émis des doutes quant à la légalité de cette décision.
Le secrétariat général de Rösti a pris le contrôle à partir du mois d'août et a accéléré le processus, malgré les protestations de divers groupes d'intérêts. Rösti a lui-même renoncé à une procédure de consultation ordinaire, bien que la Chancellerie fédérale l'ait jugée nécessaire.
Cette précipitation se retourne maintenant contre lui.
Dossier : Le loup en Suisse : faits, politique et limites de la chasse
Action participative : Demandez à votre commune, en raison de la politique catastrophique du conseiller fédéral Albert Rösti (UDC), une remise des impôts fédéraux et cantonaux suite à l'abattage de loups récemment autorisé en Suisse. Vous pouvez télécharger la lettre type ici : https://wildbeimwild.com/ein-appell-fuer-eine-veraenderung-in-der-schweiz/

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