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Chasse

Le tourisme cynégétique au Botswana vendu comme «projet de protection»

Quand la protection de la nature prend soudainement des airs de champagne.

Rédaction Wild beim Wild — 17 octobre 2025

Le Botswana est considéré par beaucoup comme le dernier paradis pour les éléphants – un pays fier de sa protection de la faune sauvage.

Pourtant, ces dernières années, les critiques se font de plus en plus entendre : des lodges safari de luxe et des réserves privées, censées servir la protection de la nature, ouvrent bien souvent leurs portes à des chasseurs de loisir fortunés.chasseurs.

Un exemple particulièrement frappant est un projet fondé par le couple d'entrepreneurs berlinois Rainer et Petra Schorr. Le Tagesspiegel a relaté leur réserve privée au Botswana sous le titre «Le rêve d'avoir sa propre réserve». Le couple y exploite un lodge luxueux présenté comme une zone de protection de la faune sauvage – avec piste d'atterrissage privée, piscines et «tourisme durable».

Entre safari, réserve naturelle et stand de tir

En théorie, cela semble séduisant : le tourisme doit apporter des revenus dans des régions reculées, créer des emplois et financer la protection de la faune sauvage. Dans la pratique, les frontières sont toutefois souvent floues.

Des organisations de protection des animaux comme PETA et plusieurs médias internationaux ont rappelé que Rainer Schorr a défrayé la chronique en 2015 après qu'un éléphant mâle d'une taille exceptionnelle a été abattu au Zimbabwe. Selon PETA, Schorr aurait été le chasseur de trophées ; il a lui-même démenti ces accusations auprès de médias britanniques et déclaré que l'on avait identifié «la mauvaise personne».

Cet épisode montre cependant à quel point les thèmes de la chasse, du luxe et de la protection de la nature sont étroitement liés en Afrique. Car le directeur du lodge, Carl Knight, exploite également avec «Take Aim Safaris» une entreprise qui organise des chasses au grand gibier dans plusieurs pays africains.

Le double discours du tourisme cynégétique «vert»

Les partisans font valoir que la chasse contrôlée fait partie d'une gestion durable : seuls les animaux sauvages vieux ou excédentairesanimaux sauvages seraient prélevés, et les droits de licence élevés bénéficieraient à la population locale et à la protection des habitats.

Mais cet argumentaire s'effrite à y regarder de plus près. Des études et des rapports d'ONG montrent que seule une fraction des revenus de la chasse parvient réellement aux communautés. La majeure partie va à des opérateurs privés, des titulaires de licences et des agences d'intermédiaires.

Et quiconque a déjà consulté les tarifs d'une chasse aux trophées le sait : il ne s'agit pas de nécessité, mais d'exclusivité. La chasse à un animal devient une question de statut — un événement de prestige pour gens fortunés, mis en scène avec une esthétique coloniale et commercialisé comme « aventure en bonne conscience ».

Eau, prospérité et contradictions

Le Botswana est régulièrement confronté à des périodes de sécheresse et à des pénuries d'eau. Pourtant, dans les savanes surgissent des installations avec piscines, climatisations et villas exclusives — pour des hôtes qui paient des milliers d'euros par nuit.

Alors que les habitants locaux n'ont souvent guère accès à l'eau potable, ces projets de luxe consomment d'énormes ressources. La disparité est flagrante : sous prétexte de protection de la nature, on crée une infrastructure qui sert avant tout au bien-être des visiteurs occidentaux.

Un système sans responsabilité

Les exploitants de tels réserves aiment parler de « surpopulation » et d'« équilibre écologique » lorsque des abattages sont autorisés. Mais qui contrôle la manière dont ces quotas sont établis ?

De nombreux pays africains disposent de mécanismes de contrôle insuffisants, et les liens entre licences de chasse, politique et argent sont étroits. À cela s'ajoute le fait que dès lors que des investisseurs occidentaux se présentent avec des agences de relations publiques professionnelles, les questions critiques sont rapidement étouffées.

Ainsi, les zones de chasse se transforment en « Conservation Estates » luxueux et en photos de trophées. Le récit : nous ne sommes pas des chasseurs — nous sommes des sauveurs.

L'éléphant dans la pièce demeure

Une aide véritable n'a pas besoin de fusil. Tant que le luxe et la chasse sont pratiqués sous couvert de protection de la nature, le terme « durable » reste une farce.

La protection de la nature n'est pas un projet de style de vie pour investisseurs ni une stratégie de relations publiques pour entrepreneurs occidentaux. C'est un engagement envers les animaux, les écosystèmes et les populations locales.

Le Botswana, le Zimbabwe et la Namibie ont démontré que l'écotourisme durable fonctionne — sans coups de feu, sans trophées, sans fausses images héroïques.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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