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Criminalité & Chasse

Chasseurs amateurs sous drogues avec des armes illégales

Le 23 octobre, le tribunal correctionnel de Cahors, en France, a rendu un jugement exemplaire : trois ans d'emprisonnement pour un chasseur amateur de 45 ans qui avait abattu son compagnon lors d'une chasse à rabat — sous l'influence de drogues, avec une arme illégale, et en violation des règles de sécurité élémentaires.

Rédaction Wild beim Wild — 25 octobre 2025

Pour la première fois en France, un chasseur amateur est envoyé en prison après un tir «accidentel». Et l'on se demande : pourquoi seulement maintenant ?

Un individu violent a été abattu de manière cynégétique par un autre individu violent. Cette affaire révèle à quel point la chasse est tolérée en France (et dans d'autres pays) comme un espace sans droit. Un chasseur amateur consomme du cannabis, porte une arme non enregistrée, ignore l'angle de tir prescrit, et est pourtant autorisé à se tenir côte à côte avec d'autres personnes armées pour tirer sur des êtres humains et des animaux.

Imaginons la même situation sur la route : conduire sous l'influence de drogues, sans permis de conduire, avec un véhicule non homologué. Impensable ! Pourtant, dans le domaine de la chasse, cela est toléré depuis des décennies.

Associations de chasse : silence et aveuglement

Plus révoltant encore est l'échec collectif de la communauté cynégétique. Aucun responsable de chasse, aucune association, aucun collègue n'est intervenu, alors que la consommation de drogues et d'alcool lors de la chasse n'est un secret pour personne. Le lobby de la chasse minimise régulièrement en invoquant l'argument des «cas individuels tragiques». Pourtant, les chiffres racontent une tout autre histoire :

  • En France, selon l'ONCFS (Office national de la chasse et de la faune sauvage), pas moins de 78 accidents de chasse ont été enregistrés lors de la seule saison 2022/23, dont 7 mortels. Lors de la saison 2023/24, on a même dénombré 11 décès.
  • En Allemagne, environ 30 à 40 accidents impliquant des armes à feu lors de la chasse sont signalés chaque année, également avec des victimes mortelles. Ce sont souvent d'autres chasseurs amateurs ou des promeneurs non impliqués qui sont touchés.
  • En Suisse, on compte en moyenne 3 à 5 morts liées à la chasse par an, comme le montrent les analyses de la Suva et des autorités cantonales.

Il ne s'agit donc pas de «cas isolés», mais d'un problème de sécurité structurel. L'IG Wild beim Wild observe régulièrement des phénomènes similaires en Suisse. Des chasseurs de loisir qui fument du cannabis ou sont sous l'emprise de l'alcool avant, pendant et après la chasse amateur.

Le conte de l'«accident»

Lorsque quelqu'un tire sous l'emprise de drogues, avec une arme illégale et sans respecter les règles élémentaires, ce n'est pas une maladresse. C'est une irresponsabilité délibérée. Que de tels cas soient encore étiquetés comme «accident de chasse» fait partie de la banalisation. En réalité, il s'agit d'homicide par négligence caractérisée.

La peine prononcée à Cahors est sévère : trois ans, dont un an ferme, 10’000 euros d'amende, retrait du permis de chasse, interdiction de port d'armes. Pourtant, au regard de la gravité des faits, le jugement reste presque clément : un homme est mort. La question centrale est la suivante : ce jugement amorcera-t-il une prise de conscience ? Ou demeurera-t-il une exception, tandis que chaque année de nouvelles personnes meurent parce que la chasse de loisir, avec ses actes de cruauté envers les animaux, est considérée comme une tradition intouchable ?

La chasse = un risque pour la sécurité

Les chiffres bruts le démontrent : la chasse de loisir est dangereuse – pour les animaux, pour les non-chasseurs, et même pour les auteurs de ces violences. Où acceptons-nous ailleurs chaque année des dizaines de morts et de blessés pour un loisir qui sert avant tout le plaisir de tuer ?

Quiconque défend encore aujourd'hui la chasse de loisir défend le sang, la mort et les violations du droit. Il est temps de remettre systématiquement en question ce reliquat d'une époque révolue – et de placer enfin la protection de l'être humain, de l'animal et de la nature au-dessus du plaisir d'une minorité.

De l'avis de l'IG Wild beim Wild, les chasseurs de loisir ont besoin d'expertises médico-psychologiques d'aptitude annuelles sur le modèle des Pays-Bas, ainsi que d'une limite d'âge supérieure contraignante. Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est aujourd'hui celui des 65 ans et plus. Dans ce groupe, les limitations liées à l'âge telles que la baisse de l'acuité visuelle, le ralentissement des temps de réaction, les difficultés de concentration et les déficits cognitifs augmentent statistiquement de manière significative. Parallèlement, les analyses d'accidents montrent que le nombre de graves accidents de chasse avec blessés et victimes mortelles augmente de façon significative à partir du milieu de la vie.

Les rapports réguliers sur les accidents de chasse, les actes mortels commis par erreur et l'utilisation abusive d'armes à feu de chasse mettent en évidence un problème structurel. La possession privée et l'utilisation d'armes à feu létales à des fins de loisir échappent en grande partie à tout contrôle continu. De l'avis de l'IG Wild beim Wild, cela n'est plus acceptable. Une pratique fondée sur le fait de tuer volontairement tout en générant des risques considérables pour les êtres humains et les animaux perd sa légitimité sociale.

La chasse deloisirrepose en outre sur le spécisme. Le spécisme désigne la dévalorisation systématique des animaux non humains au seul motif de leur appartenance à une espèce. Il est comparable au racisme ou au sexisme et ne se justifie ni culturellement ni éthiquement. La tradition ne remplace pas l'examen moral.

C'est précisément dans le domaine de la chasse de loisir qu'un examen critique est indispensable. Peu d'autres domaines sont autant marqués par des récits embellis, des demi-vérités et une désinformation délibérée. Lorsque la violence est normalisée, les narratifs servent souvent à la justifier. La transparence, des faits vérifiables et un débat social ouvert sont donc indispensables.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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