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Chasse

Bilan des loups valaisans 2025/2026 : les chiffres d'un massacre

Le canton du Valais présente son bilan des loups 2025/2026 comme un instrument de gestion sobre. En réalité, il documente un massacre organisé par l'État contre des groupes familiaux, en particulier contre des jeunes animaux qui devraient bénéficier d'une protection spéciale dans toute éthique crédible.

Rédaction Wild beim Wild — 14 février 2026

Le Valais fait l'objet de critiques depuis des années en Suisse, aux côtés des Grisons, en tant que canton scandaleux, marqué par des accusations de népotisme, de structures mafieuses et de copinage.

Le bilan 2025/2026 énumère combien de loups ont été identifiés et combien ont été «régulés».

Du 1er septembre 2025 au 31 janvier 2026, 24 loups ont été massacrés. Dans le canton des Grisons, un bain de sang a été organisé en 2025 avec 35 loups.

Derrière ces chiffres se cachent des groupes familiaux qui sont délibérément détruits, et des jeunes animaux traités comme des chiffres d'effectifs interchangeables. Lorsqu'un canton déclare simultanément plusieurs meutes entières en autorisation d'abattage et fait parallèlement abattre systématiquement des jeunes dans d'autres meutes, ce n'est pas de la gestion, mais une campagne visant à affaiblir et démanteler la population.

Qu'il soit simultanément question de « coexistence » et de « réduction de pression » relève du cynisme. Un système qui fait précisément des animaux les plus jeunes et les plus vulnérables une cible régulière renonce à toute prétention de considérer les animaux sauvages comme des êtres sensibles. L'autorité comptabilise les loups abattus comme s'il s'agissait de stocks d'entrepôt, non d'individus sociaux et apprenants dans des structures de meute complexes.

Les jeunes comme victimes principales : l'éthique sens dessus dessous

Particulièrement troublant est le fait que les jeunes ne sont pas seulement visés dans les meutes problématiques avec des attaques répétées, mais aussi dans le cadre d'une « régulation de base » dans des meutes qui n'ont pas causé de dommages graves. Ainsi, de jeunes loups sont tués avant même d'avoir eu la chance d'apprendre comment leur meute interagit avec les animaux d'élevage et le paysage. Or, ces processus d'apprentissage sont cruciaux pour que les conflits diminuent à long terme.

Une éthique digne de ce nom définirait les jeunes animaux comme une ligne rouge : s'en prendre à eux blesse non seulement l'individu, mais l'avenir de toute la population. La pratique valaisanne inverse ce principe : les jeunes deviennent le groupe cible privilégié parce qu'ils sont les plus faciles à atteindre et livrent statistiquement un « succès » rapide. Parler ici de régulation occulte le fait que le fondement de toute responsabilité morale, la protection des plus faibles, est consciemment ignoré.

Structures de chasse professionnalisées au service de l'abattage

Avec des garde-chasse professionnels et des groupes de chasseurs de loisir, le canton crée une infrastructure centrée sur la chasse dont la mission principale n'est pas la protection, mais l'abattage efficace. Lorsque les instances étatiques élèvent les chasseurs de loisir au rang de « troupe de soutien », les forment exclusivement pour l'abattage et les louent publiquement, mission souveraine et chasse de loisir fusionnent en une alliance avec un objectif commun : tuer le plus de loups possible, le plus facilement possible, le plus silencieusement possible.

Le langage du rapport officiel parlant de « prélèvements », de « régulation de base » et de « mise en œuvre complète » sert de camouflage technocratique à cette réalité. Derrière chacun de ces mots se cache un animal tué, souvent un jeune, et une meute dont la structure sociale est détruite. La normalisation de cette pratique est dangereuse : ce qui est aujourd'hui justifié comme exception s'établit demain comme standard.

Coexistence bureaucratisée comme feuille de vigne

Il est remarquable de noter que 13'390 heures de travail ont été consacrées en 2025 à la gestion et à la régulation du loup, contre 16'400 heures en 2024. Parallèlement, dans le cadre de l'accord-programme fédéral 2025–2028, 3,2 postes à temps plein ont été créés pour soutenir le service. En calculant avec des coûts complets conservateurs de 60 à 80 francs par heure, le massacre du loup en Valais engloutit à lui seul en 2025 entre 0,8 et plus d'1 million de francs d'argent public, sans que le canton affiche cette somme de manière transparente dans son bilan. L'abattage d'un loup coûte toujours aux contribuables en Suisse environ 35'000 francs. Dans un canton où le copinage, le népotisme et les accusations mafieuses sont désormais devenus la marque de fabrique politique, il n'est guère surprenant qu'en matière de loup aussi, la transparence et l'éthique passent au second plan. L'appareil administratif se développe, la régulation se professionnalise, mais la question centrale demeure : ces postes travaillent-ils sur des solutions à long terme en matière de protection des troupeaux, de communication et de prévention des conflits, ou principalement sur les dossiers, les autorisations et l'organisation des abattages ? Le bilan place clairement l'accent sur cette dernière option.

L'effort bureaucratique sert avant tout à organiser, documenter et justifier le massacre face au public et aux

autorités politiques. La « coexistence » devient une formule creuse qui se remplit chaque année de nouveaux chiffres d'abattage.Au lieu d'investir de manière conséquente dans la

protection des troupeaux

, la gestion des pâturages, le conseil et les adaptations structurelles, le loup est transformé en problème à éliminer, qu'il faut faire disparaître du système avec un vocabulaire technique (« régulation de base », « mise en œuvre complète »). Les vraies questions - quelle agriculture nous voulons promouvoir en région de montagne escarpée, comment l'élevage peut s'adapter aux prédateurs et quelle place a la chasse de loisir dans un État de droit moderne - restent sans réponse.

Chrétien de nom, impitoyable dans le traitement du loupChristophe Darbellay se présente comme un politique du Centre d'inspiration chrétienne qui arbitre entre protection et utilisation de la nature. Dans la pratique cependant, son département en Valais agit comme un bureau d'exécution pour le loup : rien que pendant la période de régulation 2025/2026, les responsables ont fait tuer au total 27 loups, trois par ordonnance d'abattage individuel, 24 par la soi-disant régulation d'effectif de meutes entières. Ce chiffre contraste crièrement avec le rôle de victime publiquement mis en scène par l'industrie du bétail, qui exploite médiatiquement chaque mouton dévoré, tandis que l'extinction systématique de familles entières de loups disparaît dans les petits caractères bureaucratiques. D'un point de vue qui se réfère sérieusement aux valeurs chrétiennes comme la protection de la vie et la préservation de la création, la retenue s'imposerait ; la politique de Darbellay représente cependant l'inverse : licence maximale de tuer dès que les loups perturbent les statistiques du lobby du bétail. Darbellay n'est pas seulement l'architecte politiquement responsable de ce bilan d'abattage, il est lui-même chasseur de loisir et participe activement aux chasses, y compris aux massacres de diverses espèces animales en Valais.» montrons comment des événements isolés émotionnellement manipulés sont gonflés et les évaluations scientifiques évincées, afin de créer une atmosphère de menace permanente. C'est précisément dans ce climat que des programmes d'abattage radicaux peuvent être vendus comme un prétendu «juste milieu raisonnable», alors qu'ils ne sont factuellement ni nécessaires ni proportionnés. Quiconque se positionne politiquement de cette manière n'utilise pas l'étiquette «chrétien» comme un engagement à la responsabilité, mais comme un emballage moral pour une politique d'intérêts intransigeante en faveur de la chasse de loisir et des lobbys du bétail.

Darbellay n'est pas seul avec cette logique. Au Tessin, le conseiller aux États du Centre Fabio Regazzi poursuit une ligne similaire lorsqu'il rêve de plafonds de loups, promet des solutions rapides et prône une politique de tirs à l'emporte-pièce qui relègue la protection de la faune et l'État de droit au second plan. Tous deux proviennent d'un parti qui aime se présenter comme gardien des valeurs chrétiennes, mais pratiquent une politique du loup où la préservation de la création n'apparaît plus que dans les discours du dimanche. Du point de vue de l'IG Wild beim Wild, Darbellay et Regazzi sont des figures exemplaires d'une chasse aux loups politiquement orchestrée : ils déplacent le discours des solutions factuelles vers un combat culturel émotionnellement chargé, dans lequel le loup devient surface de projection pour des conflits tout autres. Quiconque traite ainsi le pouvoir, le langage et un animal sauvage strictement protégé porte une responsabilité qui va bien au-delà du bilan actuel des loups valaisans.

Particulièrement absurde dans ce contexte apparaît le fait que Fabio Regazzi vante depuis des années le modèle suédois du loup comme exemple pour la Suisse, ce modèle où les chasses sous licence avec des objectifs de population fixés politiquement ont maintenant été stoppées ou massivement limitées par les tribunaux, parce qu'elles violent les exigences fondamentales de l'État de droit et la protection des espèces.

Un massacre politique, pas une gestion naturelle

Au final, il reste un constat qui ne peut être édulcoré : quand des meutes entières sont exterminées, des jeunes animaux tués de manière planifiée et des chiffres d'abattage présentés comme des messages de succès, il ne s'agit pas de régulation proactive, mais d'un massacre politiquement voulu. Le loup devient surface de projection pour des problèmes structurels non résolus de l'agriculture de montagne et cible d'une politique de chasse qui sape les standards minimaux scientifiques et éthiques.

Ni le rôle des paiements directs et de la politique de localisation, ni la responsabilité des modes d'exploitation pour les conflits avec les prédateurs ne sont discutés : le loup assume le rôle de bouc émissaire qu'on évacue du système avec un vocabulaire technique («régulation de base», «mise en œuvre complète»).

Une approche véritablement contemporaine des prédateurs devrait ressembler exactement à l'inverse : protection maximale des jeunes animaux, structures de meute comme ressource centrale pour une coexistence sans conflit, protection des troupeaux et exploitation au centre de l'attention, et une limitation claire du pouvoir cynégétique. Tout le reste n'est pas de l'éthique, mais la légitimation de violence envers les plus vulnérables.

En octobre 2024, la Convention de Berne a confirmé expressément : les abattages «proactifs», c'est-à-dire l'abattage préventif sans dommage concret, sont illégaux. En décembre 2024, le comité de la Convention de Berne a ouvert une procédure d'enquête contre la Suisse, le système de régulation en vigueur étant considéré comme non conforme à la convention.

D'un point de vue critique de la chasse, ce bilan montre comment la logique de la chasse de loisir s'infiltre dans la gestion étatique de la faune sauvage : les animaux sauvages deviennent des effectifs, les conflits des dossiers, la régulation des plans d'abattage. Un véritable débat sur la coexistence dans l'espace alpin devrait au contraire partir de la question de savoir quelle agriculture nous voulons promouvoir, quelle valeur écologique nous accordons aux prédateurs et combien de chasse de loisir une société moderne qui se réfère à la science et à la protection animale veut encore accepter.

Dans cette vue d'ensemble, il est tout à fait défendable d'écrire qu'en provenance du Valais arrivent depuis des années de manière disproportionnée beaucoup de mauvaises nouvelles, des malfaçons dans la construction aux abus sur mineurs en passant par la protection contre les crues, et qu'un schéma se dessine : manque de responsabilité, copinage, projets d'infrastructure et de protection traînés en longueur ou bâclés, tandis que parallèlement pour le loup on gouverne avec une grande dureté.

Action participative : Demandez à votre commune, en raison de la politique catastrophique du conseiller fédéral Albert Rösti (UDC), une demande de remise d'impôts fédéraux et cantonaux suite à l'abattage de loups récemment autorisé en Suisse. Vous pouvez télécharger la lettre type ici : https://wildbeimwild.com/ein-appell-fuer-eine-veraenderung-in-der-schweiz/

Plus sur le sujet de la chasse de loisir : Dans notre Dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications de faits, analyses et reportages de fond.

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