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Criminalité & Chasse

Encore des chasseurs amateurs suisses épinglés comme délinquants

Le scandale de braconnage dans le Toggenburg révèle les facettes sombres du milieu de la chasse.

Rédaction Wild beim Wild — 17 novembre 2025

Les enquêtes récemment clôturées de la Police cantonale de Saint-Gall contre quatre présumés braconniers montrent une fois de plus à quel point l'image que se donne la « chasse responsable » est en réalité fragile.

Ce qui avait commencé comme une infraction de chasse régionale se révèle désormais être une affaire criminelle d'envergure, impliquant des abattages illégaux, des techniques prohibées et des violations massives de la loi sur la protection des animaux.

Il s'agit d'un cas supplémentaire dans une longue série d'incidents qui démontrent que la chasse de loisir en Suisse n'est pas le patrimoine naturel et traditionnel qu'elle aime à se présenter comme tel. Mais bien un système qui attire régulièrement des individus considérant les animaux comme du gibier à abattre sans vergogne, préférant vivre des aventures nocturnes à coups de fusil plutôt que de respecter les règles en vigueur.

Abattages illégaux, techniques prohibées et cynisme absolu

Les quatre Suisses mis en cause auraient, entre 2020 et début 2021, tué systématiquement des animaux sauvages dans le Toggenburg en dehors des périodes de chasse réglementaires. Parmi les victimes figuraient des cerfs, des chevreuils et des renards — précisément les animaux que les chasseurs amateurs prétendent officiellement « protéger ».

Les méthodes employées par ces hommes semblent tout droit sorties d'un manuel du braconnage organisé :

  • Utilisation de lunettes de visée nocturne interdites
  • Chasse avec des accessoires d'armes non autorisés
  • Tirs dans un territoire de chasse qui ne leur appartenait pas
  • Au moins 28 animaux sauvages tués illégalement
  • Un participant sans permis de chasse valide

Tout cela n'est pas seulement illégal, mais contredit directement les prétendus principes de l'éthique cynégétique. Ces infractions ne constituent pourtant plus des cas isolés — elles sont l'expression d'une pratique de chasse qui ressemble souvent davantage à un loisir criminel armé qu'à une gestion responsable des animaux sauvages.

Maltraitance animale incluse — le système ferme les yeux

Les accusations de cruauté envers les animaux sont particulièrement graves. Le recours à la vision nocturne et aux tirs dans l'obscurité augmente massivement le risque d'animaux grièvement blessés prenant la fuite. De telles méthodes de chasse engendrent souffrance, torture et souvent des agonies de plusieurs heures — un prix qui semble accessoire pour certains chasseurs de loisir, du moment que l'adrénaline est au rendez-vous.

Il n'est donc guère surprenant que les hommes mis en cause aient ensuite partagé entre eux la viande du cerf abattu. Des animaux sauvages morts dans des circonstances douteuses sont devenus un butin privé. Un système qui se contrôle lui-même invite aux abus et les génère inlassablement.

Un problème structurel — pas seulement des «cas isolés»

Le lobby de la chasse tente régulièrement de présenter de tels événements comme de rares exceptions. Mais la réalité est tout autre :

  • Des chasseurs de loisir sont régulièrement condamnés pour des tirs illégaux
  • Des armes interdites, des pièges et des auxiliaires techniques réapparaissent sans cesse
  • D'importantes lacunes dans la connaissance des animaux et de la nature se manifestent à répétition
  • Des personnes meurent encore et encore à cause de chasseurs de loisir

L'affaire actuelle du Toggenburg n'est que la partie émergée de l'iceberg. Elle démontre que la chasse de loisir n'est pas une garantie de protection de la nature, mais un domaine où l'énergie criminelle et la liberté traditionnelle forment un mélange explosif.

Le ministère public de Saint-Gall examine désormais les mesures pénales à l'encontre des quatre hommes. C'est nécessaire, mais insuffisant. L'affaire montre clairement à quel point l'autocontrôle au sein de cette scène cynégétique militante est défaillant. Là où l'usage des armes, la souffrance animale et les intérêts personnels se rejoignent, il ne faut pas moins, mais davantage de surveillance étatique, de contrôles plus stricts et des sanctions plus sévères.

Selon l'IG Wild beim Wild, des expertises médico-psychologiques annuelles sont nécessaires pour les chasseurs de loisir sur le modèle des Pays-Bas, ainsi qu'une limite d'âge supérieure. La tranche d'âge la plus représentée chez les chasseurs amateurs est celle des 65 ans et plus, celle des personnes présentant des faiblesses liées à l'âge, à la cognition, à la vue, à la concentration et aux réflexes, ainsi que des lacunes en matière de formation et d'entraînement. À partir de 45 ans, le nombre d'accidents touchant êtres humains et animaux augmente de façon dramatique. Les signalements alarmants d'accidents de chasse et d'infractions pénales mortelles commises avec des armes de chasseurs le montrent : il est grand temps d'abolir la chasse de loisir ! Les armes à feu létales n'ont pas leur place entre les mains de chasseurs amateurs séniles, qui peuvent les utiliser de manière totalement incontrôlée ! Les chasseurs amateurs incarnent tout ce qui va de travers dans le monde.

Les chasseurs amateurs pratiquent le spécisme. Le spécisme est comparable au racisme et au sexisme, et cela ne constitue ni une culture ni une tradition.

En particulier dans le cas de la chasse de loisir, il est fondamental d'examiner les choses de très près. Nulle part ailleurs la manipulation par le mensonge et les infox n'est aussi répandue. La violence et le mensonge sont les deux faces d'une même pièce.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier consacré à la chasse, nous regroupons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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