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Criminalité & chasse

Quand le permis de chasse et le pistolet deviennent un danger mortel

Une affaire de Waldsassen et les angles morts de notre débat sur la sécurité.

Rédaction Wild beim Wild — 11 décembre 2025

Au matin d'un jour de décembre à Waldsassen, dans l'arrondissement du Haut-Palatinat de Tirschenreuth, un coup de feu est tiré dans la tête au sein d'un immeuble résidentiel.

Un homme de 64 ans s'effondre dans son appartement et décède. Peu après, un voisin de 67 ans se présente à la police et avoue les faits. Il est chasseur de loisir, détient un permis de chasse valide et possède l'arme du crime, un pistolet de calibre 9 millimètres, de manière légale. Dans son appartement, les enquêteurs découvrent d'autres armes à feu.

Le suspect et la victime résident dans le même immeuble, à des étages différents. Le parquet retient la préméditation ; l'homme est placé en détention provisoire pour soupçon de meurtre. Selon les médias régionaux, le tireur présumé est connu à Waldsassen depuis des années comme un personnage difficile, qui se retrouvait régulièrement en conflit avec son entourage. Il est l'un des quelque 900 détenteurs de permis de chasse dans l'arrondissement de Tirschenreuth.

Cette affaire est bien plus qu'un tragique acte de violence entre voisins. Elle révèle les risques sociaux qui émergent lorsqu'une partie de la population bénéficie d'un accès privilégié aux armes à feu et que la chasse de loisir sert de légitimation.

Possession d'armes sans mécanismes de contrôle efficaces

Ce qui apparaît à première vue comme un tragique acte de violence entre deux hommes soulève, à y regarder de plus près, des questions fondamentales sur la réglementation des armes en Allemagne. Le communiqué officiel de la police mentionne brièvement que le septuagénaire possédait légalement une arme à feu, disposant à ce titre d'une carte de détention d'armes en tant que chasseur.

Cette information n'est pas anodine. Elle montre qu'un homme possédant légalement des armes a pu commettre un acte mortel, résultant d'un conflit personnel qui a dégénéré. Pour de nombreux citoyens qui respectent scrupuleusement les lois en vigueur, cela est difficile à accepter : si même un détenteur légal d'armes est capable de tirer une balle dans la tête de quelqu'un, dans quelle mesure les autres personnes, qui ne font pas partie de ce groupe privilégié, sont-elles en sécurité ?

À la suite du crime, plusieurs armes à feu ont été saisies lors de la perquisition du domicile. Des experts de l'Office régional de police judiciaire soutiennent actuellement l'enquête afin d'établir le déroulement exact des faits.

Idéologie cynégétique et responsabilité sociale

Le fait que le suspect soit titulaire d'un permis de chasse confère à cette affaire une dimension supplémentaire : en Allemagne, la chasse est encore souvent romantisée comme une «tradition» ou une «contribution à la protection de la nature». Mais où est la réflexion critique face au constat que c'est précisément quelqu'un ayant accès à plusieurs armes et à des munitions qui s'est retrouvé dans une situation ayant coûté la vie à un être humain ?

Une société qui autorise certains individus à porter des armes à feu, en justifiant cela par des arguments tels que «la gestion et l'entretien de la faune», doit se demander si elle ne crée pas ainsi les conditions propices à ces escalades mêmes qu'elle cherche pourtant à prévenir.

Une paralysie juridique et politique

Les crises psychologiques, les conflits interpersonnels et les accès de violence surviennent — mais pourquoi un homme en «crise existentielle» a-t-il pu accéder à plusieurs armes sans que cela soit empêché ? Quel rôle jouent l'isolement social et l'insuffisance des systèmes de soutien, notamment dans les régions rurales comme le Haut-Palatinat ?

Il convient de s'interroger sur le fait qu'un permis de chasse soit considéré en soi comme suffisant pour détenir plusieurs armes létales. Pourquoi n'existe-t-il pas de mécanismes de contrôle efficaces allant au-delà de la simple détention d'un permis de chasse ? Car comme le montre cette affaire, un seul pistolet peut suffire à ôter la vie à un être humain.

Des études suisses sur les homicides par arme à feu dans le milieu domestique montrent que les auteurs sont presque exclusivement des hommes, majoritairement des Suisses de plus de 60 ans. Une étude de l'Université de Saint-Gall conclut que dans 61 % de ces actes, les auteurs se suicident ensuite.

En d'autres termes : ce sont souvent des hommes âgés ayant un accès légal à des armes qui exercent une violence mortelle lors d'une crise personnelle, avant de se donner la mort. Le profil d'âge du suspect de Waldsassen correspond exactement à ce schéma.

Les chercheurs en criminologie soulignent depuis des années que la simple disponibilité des armes constitue un facteur de risque déterminant pour la violence mortelle. Dans une conférence spécialisée sur la violence au sein des couples, il est résumé en référence à l'OMS : un accès facile aux armes augmente la probabilité de violence mortelle.

Pas des cas isolés, mais un schéma récurrent

Les actes de violence mortelle commis avec des armes légales ne sont pas rares. Ils traversent les statistiques, mais sont rarement discutés dans le contexte de la chasse. Que ce soit précisément un chasseur de loisir qui soit devenu tireur dans un conflit civil n'est pas un hasard, mais un signal d'alarme : l'acceptation sociale de la possession d'armes dans le cadre de la chasse de loisir n'est pas suffisamment remise en question de manière critique.

L'affaire de Waldsassen s'inscrit dans une série d'actes dans lesquels des détenteurs légaux d'armes deviennent des auteurs de violence. Le tireur présumé était, selon les éléments connus à ce jour, sans antécédents judiciaires, mais était réputé conflictuel dans le village.

Ce type de constellation est bien connu dans la prévention de la violence : des hommes âgés, solidement ancrés dans des modèles de rôles traditionnels, jouissant d'un statut reconnu de chasseur ou de tireur, et présentant un comportement conflictuel non traité. La combinaison avec la disponibilité facile d'un pistolet crée une situation à haut risque qui est statistiquement rare, mais définitive pour les personnes concernées.

Les arguments habituels de la chasse et du lobby des armes ne suffisent pas :

  • Le renvoi aux armes illégales ne résout pas le problème du fait que, dans les régions rurales, ce sont avant tout la chasse légale et les sociétés de tir qui assurent la présence des armes.
  • L'argument selon lequel la proportion d'infractions commises avec des armes enregistrées est faible nie le fait qu'il s'agit d'actes particulièrement graves, à savoir des homicides.
  • L'affirmation selon laquelle les détenteurs légaux d'armes sont pratiquement inoffensifs occulte les données empiriques issues du domaine domestique.

Le débat doit aller au-delà de la romantisation de la chasse de loisir en tant que tradition. Il faut au contraire un débat ouvert sur les risques, les responsabilités et les limites de la possession d'armes dans notre société.

De l'avis de l'IG Wild beim Wild, les chasseurs de loisir ont besoin de chasseurs évaluations médico-psychologiques annuelles d'aptitude sur le modèle des Pays-Bas, ainsi qu'une limite d'âge supérieure contraignante. Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est aujourd'hui celui des 65 ans et plus. Dans ce groupe, les limitations liées à l'âge telles que la baisse de l'acuité visuelle, le ralentissement des temps de réaction, les troubles de la concentration et les déficits cognitifs augmentent statistiquement de manière significative. Parallèlement, les analyses d'accidents montrent que le nombre d'accidents de chasse graves avec blessés et victimes mortelles augmente significativement à partir du mitan de la vie.

Les signalements réguliers d'accidents de chasse, d'actes fatals commis par erreur et d'abus d'armes de chasse mettent en évidence un problème structurel. La possession privée et l'utilisation d'armes à feu létales à des fins de loisir échappent largement à tout contrôle continu. De l'avis de l'IG Wild beim Wild, cela n'est plus acceptable. Une pratique fondée sur la mise à mort volontaire et générant simultanément des risques considérables pour les êtres humains et les animaux perd sa légitimité sociale.

La chasse de loisir repose en outre sur le spécisme. Le spécisme désigne la dévalorisation systématique des animaux non humains au seul motif de leur appartenance à une espèce. Il est comparable au racisme ou au sexisme et ne peut se justifier ni culturellement ni éthiquement. La tradition ne remplace pas l'examen moral.

Dans le domaine de la chasse de loisir en particulier, un examen critique est indispensable. Rares sont les domaines aussi marqués par des récits embellissants, des demi-vérités et une désinformation délibérée. Lorsque la violence est normalisée, les récits servent souvent à la justifier. La transparence, des faits vérifiables et un débat social ouvert sont donc indispensables.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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