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Chasse

Des lobbyistes en guise de juges : doubles rôles dans le monde de la chasse

Comment le canton d'Argovie tente d'être un État de droit, tandis que le lobby se faufile en tenue de camouflage dans les bureaux officiels.

Rédaction Wild beim Wild — 18 novembre 2025

Se promener parfois dans le village est une chose merveilleusement apaisante. Les oiseaux gazouillent, les arbres bruissent, et quelque part quelqu'un s'exerce au cor de chasse. Non pas parce qu'il en est capable, mais parce que la tradition, comme chacun sait, n'a pas besoin de gammes.

Dans une démocratie, le droit devrait être impartial. Mais que se passe-t-il lorsque des personnes qui exercent activement un rôle de lobbying en tant que directeurs au sein du système de chasse assument simultanément des fonctions de puissance publique, par exemple en tant que juges de paix dans le canton d'Argovie ? Le cas de l'association JagdSchweiz et de son représentant illustre comment ces doubles rôles peuvent devenir une menace sérieuse pour la crédibilité de la justice et de la conciliation.

Lorsqu'une personne est à la fois directrice d'une association d'intérêts (en l'occurrence l'association militante JagdSchweiz) et assume une fonction publique à caractère quasi judiciaire, des conflits d'intérêts perçus ou potentiels peuvent en principe surgir.

Il ne s'agit pas nécessairement d'un conflit réel, mais du fait que des personnes pourraient se demander si les intérêts professionnels et la résolution neutre des litiges restent pleinement séparés.

Un directeur d'association représente des intérêts clairement définis. Un juge de paix, en revanche, doit être impartial. La fonction de juge de paix repose fortement sur la confiance des parties. Tout lien externe fort peut être remis en question, même si la personne travaille objectivement de manière irréprochable. Si des affaires venaient à présenter des aspects indirectement liés à la chasse ou à la faune sauvage, la question de l'impartialité pourrait se poser. Dans les fonctions à caractère quasi judiciaire, il est généralement attendu que les conflits d'intérêts soient évités ou déclarés.

Cela signifie simplement que les rôles remplissent naturellement des attentes différentes, raison pour laquelle des observateurs pourraient trouver la combinaison remarquable.

Lorsque la politique cynégétique est débattue en Suisse, deux mondes s'affrontent souvent : un public de plus en plus sensibilisé, qui pose des questions écologiques et éthiques, et des associations d'intérêts qui luttent pour la préservation de structures traditionnelles. Le public suit dès lors avec une attention particulière les cas où des représentants de telles associations exercent simultanément des fonctions publiques, notamment celles à caractère de conciliation ou de confiance.

Actuellement, une question générale s'impose davantage sous les projecteurs : dans quelle mesure est-il compatible qu'un fonctionnaire d'une association d'intérêts exerce en même temps une charge quasi judiciaire ? Et plus encore : où se situe la frontière entre un double rôle légitime et un conflit d'intérêts illégal ou inadmissible ?

Dans une démocratie de milice comme la Suisse, il est courant que des citoyens assument simultanément plusieurs rôles. De nombreuses autorités communales, commissions et instances de conciliation fonctionnent précisément pour cette raison.

Un double rôle est généralement considéré comme légitime lorsque les conditions suivantes sont remplies :

  • Déclaration de l'activité professionnelle ou associative
  • Absence de chevauchement thématique direct entre la charge et l'association
  • Retrait volontaire (récusation) dans les cas où un conflit d'intérêts pourrait exister
  • Absence de subordination aux instructions d'une association dans l'exercice de la charge
  • Bases légales claires excluant toute incompatibilité

Tant que ces conditions sont réunies, un système politique de milice peut fonctionner de manière pluraliste.

La situation devient problématique, et parfois illégale, lorsque :

  • Une association pourrait tirer un bénéfice direct du rôle de titulaire d'une charge
  • Des décisions officielles pourraient influencer de manière inadmissible des représentants d'intérêts
  • Une proximité thématique existe, qui compromet l'indépendance perçue ou réelle
  • Les règles de récusation ne sont pas respectées ou ne sont pas clairement définies
  • La charge exerce une autorité de type judiciaire, pour laquelle une neutralité totale est une condition fondamentale

Les fonctions judiciaires et quasi judiciaires, telles que les charges de juge de paix, doivent satisfaire à des exigences particulièrement élevées. Le Tribunal fédéral a établi dans plusieurs arrêts que la simple apparence de prévention suffit à remettre en question l'indépendance.

Et c'est précisément ici que David Clavadetscher, le nouveau juge de paix à Zofingen, a lamentablement échoué à plusieurs reprises, et pas seulement dans le passé : «Les contemporains gênants doivent être réduits au silence" et disparaître de la scène". Son travail quotidien chez Sandona GmbH consiste à représenter les intérêts particuliers de certaines associations. Celui qui, par le passé, a soutenu ou cautionné des campagnes coordonnées visant à « réduire au silence » des citoyens ne peut prétendre à la neutralité. La volonté documentée de faire « disparaître » un critique par des moyens juridiques est difficilement compatible avec l'indépendance judiciaire. L'apparence suffit. La formulation selon laquelle plusieurs plaintes pénales devraient servir à faire « disparaître quelqu'un de la scène » rend la finalité de ces plaintes douteuse.
Cela contredit le principe de l'État de droit, qui est central pour les personnes exerçant des fonctions judiciaires.

Celui qui défend des intérêts est libre de s'acharner, d'agiter, d'exiger et de clamer haut et fort, mais pas de concilier des conflits en même temps.

Pourquoi une sensibilité particulière s'impose dans le domaine de la chasse

La chasse de loisir est l'un des domaines les plus chargés politiquement et émotionnellement en Suisse. Les décisions relatives à la faune sauvage touchent à la biodiversité, à l'écologie, à la protection des animaux et à l'utilisation des terres — des domaines où des groupes d'intérêts puissants sont actifs.

C'est pourquoi il est particulièrement scruté lorsque :

  • Des organisations de lobbying co-élaborent le droit public
  • Des représentants de telles organisations assument simultanément des fonctions de puissance publique
  • Les positions des associations sont étroitement liées aux processus politiques ou juridiques
  • Sciences naturelles vs. tradition cynégétique
  • Protection des animaux vs. « régulation des populations »
  • Écologie vs. folklore
  • Communication stratégique vs. « Nous avons raison parce que nous l'avons toujours fait ainsi »

La simple apparence qu'une fonction pourrait être partiale suffit à saper la confiance dans les structures étatiques. Pour un système fondé sur la proximité citoyenne et le principe de milice, cela est particulièrement délicat.

Les doubles rôles ne sont pas problématiques en soi dans le système suisse. Mais lorsqu'un mandat exige neutralité, capacité de conciliation ou distance judiciaire, la règle doit être : représentation d'intérêts et exercice de la justice ne peuvent se mêler.

Pour prévenir les abus, la partialité ou même la simple apparence d'une influence indue, il faut :

  • Des règles légales d'incompatibilité plus strictes
  • Des dispositions claires sur la récusation
  • Une transparence proactive
  • Des autorités officielles qui examinent systématiquement les doubles rôles

La confiance de la population est limitée, en particulier dans les domaines où des associations puissantes sont actives. Une conception juridique moderne exige donc que les offices de conciliation restent libres de tout enchevêtrement susceptible de faire naître des doutes quant à leur indépendance.

Pourquoi la fonction de juge de paix dans le canton d'Argovie mérite un examen approfondi

Dans le canton d'Argovie, une valeur fondamentale du droit public est actuellement mise en cause : l'indépendance des fonctions souveraines en lien avec des activités associatives, notamment dans un environnement critique à l'égard de la chasse. Lorsque des représentants de premier plan d'associations de défense d'intérêts — par exemple dans le milieu de la chasse — ont assumé ou assument simultanément une fonction de juge de paix dans le canton d'Argovie, la question se pose : où s'arrête la légitimité de la fonction de milice et où commence l'incompatibilité d'intérêts ?

Exigences de l'IG Wild beim Wild pour plus de clarté et de qualité

  1. Définition claire des incompatibilités
    Le canton devrait examiner si les normes existantes sont suffisantes. Par exemple : une personne impliquée professionnellement dans la direction d'associations de chasse devrait le cas échéant être exclue des fonctions dans lesquelles le droit est rendu ou une médiation est assurée.
  2. Obligation de déclaration et de récusation
    Toute personne exerçant une activité associative et une fonction souveraine devrait faire une déclaration publique précisant dans quels cas elle se récuse. Il devrait également être documenté que la récusation a effectivement eu lieu dans de tels cas de conflit.
  3. Mise en place d'une instance de surveillance indépendante
    Pas seulement auprès des grandes juridictions, mais aussi auprès des fonctions de milice telles que les postes de juge de paix, une instance devrait contrôler le respect des règles d'incompatibilité et de récusation.
  4. Sensibilisation du public
    Les citoyens devraient savoir qui est leur juge de paix et quelles activités accessoires il ou elle exerce. Cela nécessite de la transparence.

Dans le canton d'Argovie, la règle est la suivante : la fonction de juge de paix n'est pas un simple mandat honorifique de pure forme — elle exerce des fonctions souveraines. Et c'est précisément pour cette raison qu'il ne faut pas perdre de vue que lorsque la même personne agit simultanément dans une fonction de lobbying, cela n'est peut-être pas interdit, mais cela soulève des questions de poids : en matière d'indépendance, de confiance et de légitimité démocratique.

À une époque où les voix critiques envers la chasse se font massivement entendre, il serait fatal que précisément dans les soi-disant petits «postes de milice», les normes de neutralité et de récusation soient moins strictes que dans les grandes juridictions. Le moment est venu d'établir des règles claires et une divulgation transparente.

Contexte critique envers la chasse – l'association et ses méthodes

La couverture critique de la communauté d'intérêts IG Wild beim Wild a déjà clairement montré comment agit l'association JagdSchweiz :

  • L'association a été condamnée dans une affaire judiciaire à Bellinzone en raison de ses agissements contre la IG Wild beim Wild, ou du moins sa réputation et sa légitimité en ont été sérieusement entamées.
  • La critique vise une culture d'intimidation, de propagande, de violence, de maltraitance animale et d'imposition d'intérêts au détriment des animaux sauvages et de l'environnement.
  • Lorsque des représentants de telles associations exercent simultanément des fonctions publiques, par exemple en tant que juge de paix, la fonction de milice devient rapidement une position de pouvoir avec une influence directe sur des conflits pouvant également concerner des thématiques critiques envers la chasse.

C'est une image qui interpelle : alors que les associations de chasseurs s'emploient depuis des années de toutes leurs forces à assurer une influence politique, à façonner la politique en matière de faune sauvage et à manipuler les débats publics, certains de leurs hauts représentants se retrouvent simultanément dans des fonctions qui exigent pourtant neutralité, équilibre et distance quasi judiciaire. Dans le canton de Thurgovie, un cas similaire s'est produit récemment.

Dans le canton d'Argovie, cela concerne en particulier la fonction de juge de paix, un poste qui jouit d'une grande confiance dans la démocratie de milice. Ou plutôt : qui devrait en jouir.

Car que se passe-t-il lorsqu'un groupe de représentation d'intérêts, régulièrement dans le viseur des débats critiques envers la chasse, fournit simultanément des personnes censées concilier des conflits juridiques ? Il en résulte le sentiment d'un système dans lequel les gardiens du droit et les défenseurs d'intérêts particuliers se trouvent bien trop proches les uns des autres.

Une association dans la tourmente et une démocratie mise à l'épreuve

La chasse de loisir est l'un des domaines les plus chargés émotionnellement et politiquement en Suisse. Les associations qui y sont actives se trouvent souvent dans le feu croisé des critiques et des contre-critiques, y compris l'association militante JagdSchweiz. La Protection Suisse des Animaux (PSA) a rompu tout contact avec ces auteurs de violence.

Dans des sources accessibles au public et des articles journalistiques, l'association a été accusée à plusieurs reprises d'adopter un style de communication conflictuel. Des voix critiques rapportent que les organisations de chasse ont parfois recours à des méthodes dures et déloyales dans les confrontations politiques et médiatiques.

  • Dramatiser
  • Vociférations diffamatoires
  • Intimidations
  • Menaces
  • Violence
  • Mensonges
  • Mise au silence
  • Suppression des critiques
  • Abus de droit
  • Hurlements médiatiques à la pleine lune
  • Et bien sûr la dose quotidienne de « Nous sommes les derniers à vraiment comprendre la nature !»

De telles accusations, quelle que soit la façon dont on les évalue, illustrent un problème fondamental : une association d'intérêts défend des intérêts. Un juge de paix est censé créer la paix. Ce sont deux rôles qui n'entrent pas simplement en collision logique, mais qui représentent des cultures, des objectifs et des valeurs fondamentalement différents.

Il ne s'agit pas ici d'opposition à la chasse, il s'agit de démocratie. De la question de savoir quelle proximité entre lobby et administration de la justice nous voulons tolérer.

Et du fait que ceux qui défendent des intérêts ne devraient pas être en même temps ceux qui tranchent les conflits. Car une démocratie qui ne prend pas au sérieux les doubles rôles ne se prend pas elle-même au sérieux.

Le fléau de la chasse fait partie des domaines politiques les plus conflictuels qui soient. Ce sont des visions du monde qui s'affrontent, pas seulement des opinions.

Et c'est précisément dans cet enchevêtrement que des représentants de tels bastions d'intérêts devraient soudainement endosser des rôles quasi judiciaires ?

Sur le plan politique, c'est à peu près aussi crédible qu'un cor de chasse jouant « Imagine » de John Lennon.

La démocratie ne fonctionne que lorsque les tâches sont clairement séparées : qui combat politiquement ne devrait pas simultanément arbitrer des conflits. Qui défend des intérêts ne devrait pas juger. Qui exerce un pouvoir guidé par des intérêts ne devrait pas prétendre être neutre.

De l'avis de l'IG Wild beim Wild, les chasseurs deloisir ont besoin d'expertises médico-psychologiques d'aptitude annuelles sur le modèle des Pays-Bas, ainsi que d'une limite d'âge maximale contraignante. Le groupe d'âge le plus important parmi les chasseurs de loisir est aujourd'hui celui des 65 ans et plus. Dans ce groupe, les limitations liées à l'âge, telles que la baisse de l'acuité visuelle, le ralentissement des temps de réaction, les déficits de concentration et les déficits cognitifs, augmentent statistiquement de manière significative. Parallèlement, les analyses d'accidents montrent que le nombre de graves accidents de chasse avec blessés et victimes augmente de manière significative à partir de l'âge mûr.

Les rapports réguliers sur les accidents de chasse, les erreurs fatales et l'utilisation abusive d'armes de chasse mettent en évidence un problème structurel. La possession privée et l'utilisation d'armes à feu létales à des fins de loisir échappent en grande partie à tout contrôle continu. De l'avis de l'IG Wild beim Wild, cela n'est plus acceptable. Une pratique fondée sur le meurtre volontaire et générant en même temps des risques considérables pour les êtres humains et les animaux perd sa légitimité sociale.

La chasse deloisir repose en outre sur le spécisme. Le spécisme désigne la dévalorisation systématique des animaux non humains en raison de leur seule appartenance à une espèce. Il est comparable au racisme ou au sexisme et ne peut être justifié ni culturellement ni éthiquement. La tradition ne remplace pas l'examen moral.

Dans le domaine de la chasse de loisir en particulier, un examen critique est indispensable. Rares sont les domaines aussi marqués par des récits embellissants, des demi-vérités et une désinformation délibérée. Là où la violence est normalisée, les discours servent souvent à la justifier. La transparence, des faits vérifiables et un débat social ouvert sont donc indispensables.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

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