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Environnement & Protection de la nature

Les populations d'espèces d'oiseaux s'effondrent de manière catastrophique

Le porte-parole de la Station ornithologique cite l'agriculture intensive comme principale cause de cette évolution, qui s'est désormais étendue aux régions de montagne et met en péril les populations d'oiseaux nicheurs qui s'y trouvent.

Rédaction Wild beim Wild — 31 janvier 2019

Selon une étude, les populations d'oiseaux nicheurs dans les zones agricoles ont diminué de plus de moitié en Europe au cours des dernières décennies.

Depuis 1980, les populations d'oiseaux des terres cultivées dans l'UE ont chuté d'environ 56 pour cent. Parmi les espèces touchées figurent par exemple l'alouette des champs, l'étourneau ou le vanneau huppé. C'est ce que révèlent les données collectées par l'European Bird Census Council, un regroupement d'experts européens en ornithologie dont le siège se trouve à Nijmegen, aux Pays-Bas.

La Suisse ne fait malheureusement pas exception à cette inquiétante évolution, comme l'indique Livio Rey de la Station ornithologique de Sempach. Depuis les années 1990, les populations de 29 espèces typiques des oiseaux des terres cultivées ont plus que diminué de moitié dans notre pays.Les populations d'espèces autrefois abondantes ont connu un effondrement catastrophique au cours des 25 dernières années, selon Rey : les tariers des prés ont reculé de 60 pour cent, les alouettes des champs de 50 pour cent, les pies-grièches écorcheurs de 40 pour cent.

Moins de nourriture et de sites de nidification  

Les pesticides et la surfertilisation entraînent la disparition des insectes, qui constituent la principale source de nourriture de nombreuses espèces d'oiseaux.

«La fertilisation intensive fait pousser l'herbe plus dense, les oiseaux ne parviennent plus du tout à atteindre le sol pour chercher leur nourriture ou construire leur nid», selon Rey. De plus, l'accélération de la croissance de l'herbe entraîne des fauches plus précoces et plus fréquentes. «Les espèces qui nichent au sol ne disposent plus de suffisamment de temps pour élever leurs petits avant que le nid ne soit à nouveau détruit par la prochaine fauche.»

Les objectifs environnementaux non atteints  

Rey cite également comme autre raison le fait que les surfaces de promotion de la biodiversité représentent une part trop faible des terres cultivées et sont de qualité insuffisante. C'est la conclusion à laquelle est récemment parvenue une étude de l'Université et de la Haute école spécialisée de Berne. «Pour les oiseaux nicheurs, il est important de disposer de surfaces de promotion variées, où tout n'est pas taillé à la même hauteur et où des arbres, des haies et d'autres petites structures offrent des sites de nidification et de l'espace pour la recherche de nourriture», selon le porte-parole de la Station ornithologique.

Le Conseil fédéral avait d'ailleurs relevé dans un rapport de 2016 qu'aucun des objectifs environnementaux pour l'agriculture décidés dans les années 1990 n'avait été pleinement atteint. Ainsi, environ deux tiers des 65’000 hectares d'habitats de haute qualité pour les oiseaux nicheurs du Plateau, initialement fixés comme objectif, font toujours défaut, comme le montre l'atlas des oiseaux nicheurs 2013–2016 de la Station ornithologique de Sempach.

Cette évolution négative doit être corrigée de toute urgence dans l'orientation future de la politique agricole, afin que nous puissions dresser un tableau plus positif pour les oiseaux nicheurs dans les terres cultivées.


Livio Rey de la Station ornithologique de Sempach
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