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Chasse

Plus de 500 blaireaux abattus : un chasseur de loisir mis en cause

Un chasseur de loisir de Traunstein a été dénoncé pour l'abattage de plus de 500 blaireaux. Ces massacres soulèvent de sérieuses questions en matière de protection animale.

Rédaction Wild beim Wild · 16 août 2022

Tueries sans sens : suite à la plainte pénale déposée par PETA contre des titulaires du droit de chasse du district de Traunstein pour l'abattage de plus de 500 blaireaux entre 2019 et 2021, le parquet de Traunstein a refusé fin juillet d'ouvrir une enquête.

Pour justifier sa décision, l'autorité de poursuite pénale a indiqué qu'aucun élément concret propre à l'affaire ne démontrait le caractère illicite des abattages. La semaine dernière, l'organisation de défense des droits des animaux a déposé un recours auprès du parquet général de Munich contre ce refus d'enquêter, et a demandé l'ouverture d'une procédure d'instruction. Face aux plus de 500 blaireaux tués, le parquet est, selon PETA, tenu d'examiner si — comme le prétendent les chasseurs — il existait bien à chaque fois un « motif raisonnable » au sens de la loi sur la protection des animaux. Les blaireaux ne sont pas réputés pour causer des dommages notables ni pour représenter une menace pour la protection des espèces ou pour l'être humain. Or, un « motif raisonnable » est, conformément à l'article 1 de la loi sur la protection des animaux, une condition indispensable à la mise à mort d'un animal.

Nous considérons comme un argument fallacieux la justification avancée par des chasseurs du district dans les médias locaux, selon laquelle les blaireaux auraient causé d'importants dégâts par leurs terriers. Ce n'est un secret pour personne : en Allemagne, les blaireaux sont généralement tués par plaisir de chasser et par « tradition ». C'est pourquoi le parquet a, selon nous, la responsabilité de vérifier, pour chaque animal abattu, s'il existait réellement un « motif raisonnable ». Un terrier de blaireau dans la nature ne saurait en aucun cas servir de justification, d'autant que leurs habitations de longue date ne sont généralement pas établies dans des champs régulièrement labourés, mais de préférence en forêt.

Peter Höffken, chargé de mission chez PETA

Les blaireaux ne peuvent pas être abattus sans «motif raisonnable»

Selon la section régionale de Rhénanie-du-Nord-Westphalie du NABU, les blaireaux sont tués «exclusivement par tradition». Une récente publication dans la prestigieuse revue juridique spécialisée «Natur und Recht» examine la chasse aux blaireaux sous l'angle juridique. Bien que les blaireaux figurent dans la liste des espèces chassables au titre de la loi sur la chasse, cela ne suffit pas, selon l'auteur, à justifier à lui seul leur mise à mort. Un «motif raisonnable» au sens de la loi sur la protection des animaux doit également être présent, comme la consommation prévue de l'animal ou son euthanasie à la suite d'une grave blessure. Or, ces conditions font régulièrement défaut dans la chasse aux blaireaux. 

Les blaireaux appartiennent à la famille des mustélidés et vivent principalement cachés dans les forêts, étant des animaux nocturnes. Ils y creusent dans le sol des terriers très ramifiés, parfois occupés par de nombreuses familles pendant des décennies. Leur alimentation se compose principalement de vers, d'insectes et parfois de souris. La Fédération allemande de chasse indique que le nombre de blaireaux tués lors de la saison de chasse 2020/2021 — le tableau annuel — s'élevait à 86 745 animaux au niveau national. Les animaux sont souvent capturés dans des pièges, et parfois déterrés de leurs terriers avant d'être abattus.

Plus sur le thème de la chasse de loisir : Dans le dossier Braconnage et criminalité liée à la chasse en Suisse nous documentons les cas, les questions juridiques et les schémas récurrents. Ce que dit la recherche à ce sujet est présenté dans La chasse sous l’angle des faits : l’état de la recherche.

La position de l'IG Wild beim Wild : L'IG Wild beim Wild rejette la chasse de loisir. Notre modèle est le canton de Genève, qui se passe de la chasse de loisir depuis 1974 : sans périodes de chasse, sans chiens de chasse, sans battues, sans miradors, sans la maltraitance animale et la criminalité qui font partie, ailleurs, de la saison de chasse. Ce qui fonctionne là-bas depuis plus de cinquante ans réfute tout prise de position de ChasseSuisse. Une association qui fonde sa politique sur des affirmations qu'elle réfute elle-même dans ses propres documents n'est pas un organisme spécialisé, mais une fabrique de désinformation.

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