PETA porte plainte contre la pêche compétitive à Kemmern
Une royauté sans honneur : selon un article de presse, l'association de pêche sportive de Kemmern a organisé le 8 septembre son traditionnel « Königsfischen » (concours de pêche royal).
Les participants devaient attraper les poissons les plus lourds possible en Bavière.
Les pêcheurs ayant capturé les poissons les plus lourds recevaient le titre de «Königsfischer» et étaient «honorés» d'une chaîne royale.
Les concours de pêche constituent une violation de la loi sur la protection des animaux. PETA a donc déposé la semaine dernière une plainte auprès du parquet de Bamberg contre le bureau de l'association, les organisateurs ainsi que tous les participants majeurs. L'organisation demande aux politiques cantonaux et fédéraux d'interdire explicitement par la loi, en amont, le Königsfischen et tous les concours de pêche compétitive.
« Un concours ne constitue pas un ‘motif raisonnable’ pour tuer des vertébrés et représente donc une violation de la loi sur la protection des animaux », déclare le Dr Tanja Breining, biologiste marine et chargée de mission pour les animaux aquatiques chez PETA. « Personne n'organiserait un concours de tir sur des chats, alors pourquoi organiser un concours de pêche ? Les poissons ressentent également la peur et la douleur. Nous demandons à la justice de sanctionner de manière plus systématique la mise à mort illégale de vertébrés à des fins de divertissement. »
Plusieurs parquets confirment la violation de la loi sur la protection des animaux
PETA a déjà obtenu des sanctions à plusieurs reprises grâce à des plaintes pénales déposées contre des participants à des compétitions de pêche sportive, des tournois de gestion cynégétique et autres événements de pêche compétitive tels que le Königsfischen. Dans un cas concernant le club de pêche sportive de Hockenheim en 2020, le parquet de Mannheim a certes classé l'affaire en raison de la faible culpabilité, mais a toutefois relevé qu'il s'agissait d'une violation de la loi sur la protection des animaux : « Punissable en vertu de l'article 17, n° 1 de la loi sur la protection des animaux. […] Compte tenu de l'âge des prévenus et de leur passé sans antécédents judiciaires, on peut supposer que le simple fait d'avoir ouvert une procédure d'enquête suffira à les dissuader de commettre de nouvelles infractions » (réf. : 622 Js 21593/20).
PETA renvoie également aux ordonnances des parquets de Ratisbonne du 21 mars 2018 (réf. 103 Js 4867/18) et de Würzburg du 13 juillet 2015 (réf. : 612 Js 12165/14), de Münster du 19 mars 2014 (réf. : 540 Js 1433/13) ainsi que de cinq autres parquets. Il y est expressément constaté que la pêche compétitive constitue un acte punissable — et ce, même lorsque le poisson est ensuite consommé. L'utilisation des poissons lors de compétitions de pêche ne saurait être considérée comme un « motif raisonnable » au sens de la loi sur la protection des animaux. PETA voit la particulière répréhensibilité du comportement de ces pêcheurs dans le fait qu'ils savent que de telles compétitions de pêche peuvent être punissables et illicites.
Les poissons ressentent la douleur et ont besoin de notre protection
Les poissons sont des vertébrés curieux et sensibles, dotés de personnalités individuelles. Ils ont une vie sociale complexe et communiquent au moyen de sons variés, par le langage corporel et les odeurs. Ils nouent des amitiés, apprennent, transmettent leurs connaissances et protègent leur progéniture.
Des études scientifiques internationales confirment que les poissons ressentent la douleur. L'Institut Friedrich-Loeffler, institut fédéral de recherche sur la santé animale, parvient lui aussi, dans son avis destiné au gouvernement fédéral, à la conclusion que « les poissons sont capables de percevoir la douleur et devraient en conséquence être traités et protégés en tant qu'êtres sensibles ».
Une étude de l'Université de Bonn montre que les poissons peuvent additionner et soustraire. L'auteure de l'étude, la professeure Dr. Vera Schlüssel, conclut de ses expériences que les êtres humains ont tendance à sous-estimer les autres espèces animales – en particulier celles qui ne font pas partie des mammifères. Selon elle, la souffrance des poissons est notamment ignorée car ils ne sont pas « mignons » et ne possèdent ni fourrure ni plumes.
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