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Droits des animaux

Le Conseil des États enterre l'initiative valaisanne sur le loup

Selon le Parlement, les loups devraient bénéficier d'une protection moins stricte qu'aujourd'hui en Suisse. Le Conseil des États a toutefois enterré une initiative cantonale valaisanne réclamant la chasse aux loups. Il souhaite réglementer les abattages de loups dans la loi sur la chasse. L'initiative cantonale intitulée « Loup. Ça suffit ! » (Wild beim Wild en avait informé) demandait que la Suisse dénonce la Convention de Berne

Rédaction Wild beim Wild — 27 septembre 2017

Selon le Parlement, les loups devraient bénéficier d'une protection moins stricte qu'aujourd'hui en Suisse. Le Conseil des États a toutefois enterré une initiative cantonale valaisanne réclamant la chasse aux loups. Il souhaite réglementer les abattages de loups dans la loi sur la chasse .

L'initiative cantonale intitulée « Loup. Ça suffit ! » (Wild beim Wild en avait informé) demandait que la Suisse dénonce la Convention de Berne, le traité de droit international sur la protection des espèces, et la renégocie. L'objectif devait être d'exclure la protection du loup. Les loups devraient pouvoir être chassés.

L'initiative écartée

Le Conseil national avait accepté l'initiative en septembre 2016. C'est pourquoi le Conseil des États devait à nouveau se pencher sur la question mercredi. La majorité de sa commission de l'environnement (CEATE) recommandait un second non et renvoyait au projet du Conseil fédéral de révision de la loi sur la chasse, lequel reprendrait les préoccupations de la commission.

Une minorité, en revanche, souhaitait donner suite à l'initiative cantonale, mais n'a pas obtenu gain de cause. Le conseil a rejeté l'initiative par 23 voix contre 10 et 7 abstentions. À la suite de ce rejet, l'initiative cantonale est écartée. La Confédération a présenté son projet de loi sur la chasse en août. Selon ce projet, la protection des loups et d'autres espèces animales protégées devrait être assouplie. Les animaux devraient pouvoir être abattus s'ils causent des dommages ou mettent des personnes en danger malgré les mesures de prévention.

« Protégé » au lieu de « strictement protégé »

Les compétences seraient également redéfinies. Aujourd'hui, la Confédération doit autoriser tout abattage. À l'avenir, le Conseil fédéral désignerait les espèces animales protégées dont le stock peut être régulé, et les cantons décideraient des abattages. La majorité de la CEATE se félicite que le Conseil fédéral ait l'intention de demander à nouveau au Conseil de l'Europe en 2018 de déclasser le loup dans la Convention de Berne, de "strictement protégé" à "protégé". Cela permettrait de traiter les loups de la même manière que les lynx ou les bouquetins.

Mise en garde contre les idéologies

Une demande suisse identique avait toutefois été rejetée par le Comité permanent de la Convention de Berne en 2006. La Suisse n'obtiendrait pas non plus la majorité des deux tiers requise lors d'une nouvelle tentative, a averti Beat Rieder (PDC/VS) au nom de la minorité qui souhaitait soutenir l'initiative cantonale. Werner Hösli (UDC/GL) a également soutenu l'initiative. Dans le cas extrême, la Suisse pourrait aussi, sans la Convention de Berne, entretenir un rapport approprié avec les plantes et les animaux sauvages, a-t-il déclaré.

Il a mis en garde contre les idéologies : certains moutons doivent périr misérablement après des attaques de loups, avec des morsures ou les entrailles arrachées. La Convention de Berne autorise certes des réserves, mais uniquement si elles ont été formulées dès le départ, a précisé Jean-René Fournier (PDC/VS). Les pays ne peuvent pas insérer de telles réserves après coup, même si la situation a évolué. L'initiative cantonale est nécessaire pour élaborer une législation indépendante de la Convention de Berne, a renchéri Isidor Baumann (PDC/UR). Robert Cramer (Verts/GE), en revanche, a qualifié d'irresponsable le fait d'approuver une initiative exigeant la dénonciation de l'accord international.

«Très radical»

Didier Berberat (PS/NE) a lui aussi estimé que l'initiative allait trop loin. Il souhaitait mener le débat sur la protection du loup lors de l'examen de la loi sur la chasse, a-t-il déclaré. Si les membres de la commission de Berne rejetaient la nouvelle demande d'assouplissement de la protection du loup, on pourrait toujours revenir sur une dénonciation.

L'initiative cantonale «très radicale» serait un arrêt de mort pour le loup, a averti Daniel Jositsch (PS/ZH). Bien moins de moutons mourraient d'attaques de loups que d'autres risques, comme les chutes. 76 % de la population suisse veut le loup. Les Valaisans ne sont pas seuls à lancer des appels à l'aide face aux dégâts causés par les loups. Au printemps, le gouvernement grison a réclamé des mesures urgentes à la Confédération. Les loups causant de nombreux dégâts ou présentant un comportement suspect devraient pouvoir être abattus. La chasse de loisir comme contrôle des populations est toutefois scientifiquement contestée.

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