Concours complet : «Le summum de la cruauté envers les animaux»
L'équitation est controversée depuis des années, et l'accusation de cruauté envers les animaux à l'égard des athlètes semble omniprésente.
Que le bonheur de la terre repose sur le dos des chevaux, ou qu'un être humain n'y ait rien à faire, les avis sont partagés.
Lors d'un obstacle d'eau dans une épreuve de cross en concours complet, le hongre de 14 ans «Jet Set», monté par le Fribourgeois Robin Godel, alors âgé de seulement 22 ans, s'est blessé lors des Jeux olympiques de Tokyo, dimanche.
Le hongre Jet Set du cavalier suisse de concours complet Robin Godel a dû être euthanasié dans la clinique vétérinaire de Tokyo après avoir subi une grave lésion ligamentaire inopérable dans le parcours de cross. La mort du cheval étant survenue à l'issue d'une compétition, la carcasse de Jet Set a immédiatement fait l'objet d'une autopsie, conformément au règlement de la fédération mondiale FEI. Il sera ensuite incinéré.
La mort de «Jet Set» n'était ni un accident, ni un cas isolé. En concours complet, des chevaux sont régulièrement conduits à la mort, et les cavalières et cavaliers sont eux aussi souvent blessés. Mais contrairement aux humains, les chevaux n'ont pas le choix. Une discipline dans laquelle certains participants sont contraints par la force à s'élancer sur un parcours mettant leur vie en danger déshonore l'esprit olympique. Nous demandons au Comité International Olympique de retirer immédiatement le concours complet de la liste des sports — ainsi que les autres disciplines équestres, le saut d'obstacles et le dressage.
Peter Höffken, chargé de mission chez PETA
Jana Hoger, experte en chevaux s'exprime avant la finale du concours complet aux Jeux olympiques 2021 sur les dangers que le sport équestre professionnel représente pour les chevaux :
Le corps d'un cheval n'est pas fait pour porter des humains ou d'autres lourdes charges. Monter à cheval signifie qu'un être humain décide de s'asseoir sur le dos d'un cheval ou d'un poney. Une mauvaise position en selle, un poids excessif ou des mouvements non naturels peuvent provoquer chez les animaux des maladies du dos, comme le syndrome des "Kissing Spines".
PETA est généralement critique envers l'équitation, car les besoins des animaux sont la plupart du temps ignorés. Si l'on monte à cheval, les mouvements naturels du cheval devraient être respectés et il faudrait renoncer entièrement aux "aides" telles que les mors sévères, les fouets et les cravaches.Qui aime son cheval devrait chercher à construire un lien étroit avec l'animal non pas par l'équitation, mais par de nombreuses autres possibilités : le travail à pied, les promenades ou des exercices ludiques.
Admettriez-vous cependant que l'équitation peut avoir des effets positifs sur la relation entre l'humain et l'animal ?
Oui, si le contact se fait d'égal à égal. Les chevaux sont des animaux sensibles et très intelligents. Ils se lient d'amitié "avec leur humain" de façon étroite, et sont également d'excellents maîtres pour nous en matière de langage corporel. Les enfants en particulier peuvent ainsi construire une relation saine entre l'humain et l'animal : en allant chercher les animaux au pré, en les brossant et en prenant soin d'eux. Mais là non plus, il n'est pas nécessaire de monter le cheval.
Voyez-vous une différence entre l'équitation en général et le sport de compétition, comme aux Jeux olympiques en particulier ?
De notre point de vue, il n'y a pas de différence. Aussi bien dans ce qu'on appelle "l'équitation de loisir" que dans le sport de compétition, les animaux peuvent subir de grandes souffrances. Le sport de compétition professionnel, comme aux Jeux olympiques, réduit ces animaux sensibles à de simples équipements sportifs tenus de performer. Mais dans le sport de loisir aussi, les choses peuvent parfois être cruelles. Les animaux sont souvent exploités pour le divertissement humain sans égard pour leur musculature, leur âge ou leurs maladies. On justifie cela en disant que l'on veut nouer une amitié avec le cheval. Mais bien sûr, les méthodes d'entraînement dans le sport de compétition sont encore plus dures et les conditions de détention des chevaux y sont encore plus réduites.
Contrairement aux humains, les chevaux ne peuvent pas choisir. Une discipline dans laquelle des êtres vivants sont contraints par la force à franchir un parcours périlleux déshonore l'esprit olympique. Nous demandons au Comité International Olympique de retirer immédiatement les disciplines équestres de la liste des sports !
Soutenez notre travail
Votre don nous aide à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.
Faire un don →