Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Chasse

La France s'attaque aux accidents de chasse

Le gouvernement français s'attaque aux accidents de chasse. De nouvelles mesures doivent améliorer la sécurité de la population pendant la saison de chasse.

Rédaction Wild beim Wild — 29 octobre 2022

D'ici fin 2022, il pourrait introduire plusieurs règles, dont une restriction sur l'alcool.

Selon un sondage Ipsos du mois dernier, plus de huit Français sur dix se sont prononcés en faveur de l'interdiction de la chasse deux jours par semaine, dont le dimanche, et pendant toutes les vacances scolaires. L'image de la chasse est globalement négative.

Les Français ont plus de sentiments négatifs que positifs envers la chasse. Près d'un Français sur deux (48 %) se prononce désormais contre la chasse, 23 % y sont même totalement opposés. Seulement un quart (26 %) se prononce en sa faveur, tandis que le dernier quart (26 %) est indifférent à ce sujet.

De même, 65 % estiment que la chasse est une pratique cruelle (31 % sont tout à fait d'accord) et 57 % qu'elle appartient à une autre époque (27 % sont tout à fait d'accord). En revanche, les impacts environnementaux de la chasse ne sont pas vraiment perçus, seuls 38 % la considèrent comme une pratique nuisible à l'environnement.

La mesure la plus populaire est l'instauration d'un examen médical annuel avec contrôle de la vue pour le permis de chasse.

Le gouvernement français a annoncé le 25.10.2022 une «feuille de route pour améliorer et garantir la sécurité à la chasse», dans laquelle sont notamment envisagées l'introduction d'une infraction liée à l'alcool ou, dans certaines régions, des demi-journées sans chasse.

La secrétaire d'État chargée de l'Écologie, Bérangère Couillard, a déclaré lors d'un déplacement dans le département de la Marne :

Sur la base des propositions du Sénat et de l'expertise de l'Office français de la biodiversité, je mènerai dans les prochaines semaines une consultation avec les fédérations de chasse, les associations d'usagers de la nature et les élus locaux ou nationaux, afin d'améliorer les pratiques de chasse et d'améliorer la sécurité des pratiquants et des randonneurs. Mon objectif est clair : je veux une sécurité maximale pour tous. Les résidents et les chasseurs. Et cela nécessite une meilleure application des règles, davantage d'informations pour les riverains et une meilleure répartition de l'espace. Ces mesures doivent être opérationnelles et adaptées à la diversité de nos territoires, et ne doivent pénaliser ni les chasseurs ni les non-chasseurs.

Bérangère Couillard

Une phase de concertation avec les différents acteurs, notamment les fédérations de chasse, serait engagée, dans le but d'adopter des mesures concrètes (par arrêtés ou décrets) «d'ici la fin de l'année, au plus tard début de l'année prochaine», a-t-elle déclaré. «Mon objectif est clair : je souhaite tendre vers zéro accident dans les années à venir, et cela ne peut passer que par une meilleure application des règles, davantage d'informations pour les riverains et une meilleure répartition de l'espace.«

Qui est responsable des contrôles ?

Selon les chiffres de l'Office français de la biodiversité, le nombre d'accidents de chasse a eu tendance à diminuer au cours des 20 dernières années. Pour la saison 2021-2022, l'OFB a toutefois recensé 90 accidents de chasse (blessures liées à l'utilisation d'une arme de chasse), contre 80 lors de la saison précédente. Parmi eux, huit accidents mortels, dont deux victimes qui n'étaient pas des chasseurs de loisir.

Parmi les principales pistes figure la création d'un délit d'ivresse, aligné sur les mêmes exigences que pour les conducteurs automobiles. L'état d'ivresse constitue toutefois déjà une circonstance aggravante dans les poursuites judiciaires consécutives à un accident de chasse. «Je ne suis pas là pour sanctionner les pratiquants«, a néanmoins souligné Bérangère Couillard.

«La création d'un délit d'ivresse à la chasse serait un bon début, mais qui doit effectuer les contrôles et à quelle sanction cela doit-il donner lieu ? Nous ne devrions pas nous fier à des annonces«, a déclaré Muriel Arnal, présidente de l'organisation de protection animale One Voice.

Aucun tir dans un rayon de 30 degrés ?

Une autre possibilité est l'introduction d'une demi-journée sans chasse. Le gouvernement préfère une introduction au niveau local, dans les forêts proches des villes ou très fréquentées, mais la secrétaire d'État «ne ferme pas la porte à une orientation nationale» et déclare que la chasse le dimanche «n'est pas un sujet tabou. Tout est sur la table«.

Une commission sénatoriale, mise en place en novembre 2021 – après la mort d'un homme de 25 ans, tué par un tir de chasse devant sa maison dans le département du Lot – avait rejeté en septembre l'idée d'introduire un jour sans chasse au niveau national.

One Voice rappelle que selon un sondage Ipsos du mois dernier, plus de huit Français sur dix soutiennent l'interdiction de la chasse deux jours par semaine, dont le dimanche, ainsi que pendant toutes les vacances scolaires. Des mesures sont également à l'étude pour mieux informer les promeneurs sur les activités de chasse en cours, éventuellement via une application mobile, ou pour interdire les tirs dans un rayon de 30 degrés à gauche et à droite des chasseurs amateurs, afin d'éviter qu'un compagnon de chasse ne soit touché.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous regroupons des vérifications de faits, des analyses et des reportages de fond.

Soutenez notre travail

Votre don contribue à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don