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Chasse

Le Conseil fédéral veut assouplir la protection du loup et de l'ours

En 2016, le Conseil fédéral souhaitait assouplir la protection du loup, de l'ours et d'autres espèces animales protégées. Ce qui a commencé par une procédure de consultation a mené, du non populaire de 2020 jusqu'à la régulation préventive des meutes dès 2025. Tout le parcours.

Rédaction Wild beim Wild — 24 août 2016

Il propose que la population animale puisse être décimée, pour autant que les animaux sauvages causent d'importants dégâts, mettent en danger les personnes ou menacent la biodiversité.

Des problèmes existent depuis que les prédateurs reconquièrent leur habitat en Suisse. Ce sont surtout les éleveurs en région de montagne qui rencontrent des difficultés avec le loup, car des animaux sont régulièrement tués. Les ours posent occasionnellement des problèmes, parce qu'ils perdent leur crainte et s'approchent des zones habitées. Une révision de la loi sur la chasse doit désamorcer ces conflits. Le Conseil fédéral a ouvert mercredi la procédure de consultation à ce sujet.

Désormais, les autorités ne pourraient plus seulement autoriser le tir d'individus isolés d'espèces protégées, mais permettre la décimation de populations entières. La condition serait que les animaux menacent des habitats ou la biodiversité, mettent en danger des personnes ou causent d'importants dégâts qui ne peuvent être évités avec des moyens raisonnables.

Les compétences seraient également redistribuées. Aujourd'hui, l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) doit autoriser un tir. À l'avenir, le Conseil fédéral désignerait les espèces animales dont la population peut être régulée. La décision de savoir si les animaux protégés peuvent effectivement être abattus reviendrait alors aux cantons. Un dommage concret n'aurait plus à être prouvé. La population ne doit toutefois pas être mise en danger par les tirs.

Le loup est expressément mentionné dans le projet de loi, bien qu'il fasse partie des espèces animales strictement protégées selon la Convention de Berne. Des exceptions sont toutefois possibles dans l'intérêt de la sécurité publique ou pour prévenir des dommages graves. Le Conseil fédéral a déjà obtenu en 2013 l'assurance qu'une régulation de la population serait, dans certaines circonstances, compatible avec la convention.

La révision de la loi sur la chasse vise également à adapter les périodes de protection. Toutes les espèces indigènes devraient bénéficier d'une période de protection, tandis que les espèces non indigènes comme le daim, le cerf sika et le mouflon pourraient être chassées toute l'année. Selon le projet, les périodes de protection du sanglier et du cormoran seraient raccourcies. La perdrix grise et le grèbe huppé seraient nouvellement protégés, tandis que le corbeau freux pourrait désormais être chassé.

Enfin, le Conseil fédéral propose une certaine uniformisation en matière d'autorisation de chasse. Celle-ci continue d'être délivrée par les cantons et permet l'exercice de la chasse dans un canton. La condition préalable est la réussite de l'examen de chasse. Les domaines d'examen, la protection des espèces et des habitats, la protection animale ainsi que le maniement des armes et la précision de tir devraient désormais être uniformisés sur le plan du contenu et reconnus mutuellement par les cantons.

La révision a été déclenchée par diverses interventions parlementaires. Parmi celles-ci figurent la motion Engler, qui exige une régulation de la population, ou la motion Fournier, qui vise une adaptation de la Convention de Berne.

La suite des événements : dix ans de conflit autour de la loi sur la chasse

La consultation ouverte en 2016 s'est transformée en une décennie de confrontation politique. Le 23 août 2017, le Conseil fédéral a adopté le message relatif à la révision partielle de la loi sur la chasse. Le Parlement a par la suite assoupli la protection du loup davantage que ce que le Conseil fédéral avait initialement proposé. Les associations de protection de l'environnement et des animaux ont lancé un référendum, qui a abouti avec environ 58’000 signatures.

Le 27 septembre 2020, l'électorat suisse a rejeté dans les urnes la loi révisée sur la chasse. Les règles existantes en matière de gestion du loup sont ainsi restées en vigueur dans un premier temps. Le conflit n'était toutefois pas terminé pour autant : s'appuyant sur la motion Engler, le Parlement a engagé une nouvelle révision, qui cette fois n'a pas fait l'objet d'un référendum.

Depuis le 1er février 2025, la régulation préventive de meutes entières de loups est possible, avant même qu'un dommage ne soit survenu. C'est précisément cette extension d'animaux isolés à des populations entières, que le Conseil fédéral avait proposée pour la première fois en 2016, qui est ainsi devenue le droit en vigueur. Au cours de l'année de monitoring 2025/26, environ 43 meutes et quelque 350 loups ont été recensés en Suisse; parallèlement, un total de 89 loups, souvent des jeunes, ont été abattus entre février 2025 et janvier 2026.

La pression sur le statut de protection persiste. Le 24 juin 2026, le Conseil fédéral a ouvert une nouvelle procédure de consultation, selon laquelle les loups à problèmes pourraient à l'avenir être abattus toute l'année et même dans les districts francs fédéraux, y compris pendant la période de reproduction de février à mai. La consultation se déroule jusqu'au 16 octobre 2026. Ce qui a commencé en 2016 comme une «désamorce des conflits» s'est transformé en un abaissement progressif de la protection des prédateurs. Comment le retour du loup se répercute sur la nature, l'article le montre «Sans loup, pas de forêt: ce que les prédateurs signifient pour la Suisse». À quel point nombre des accusations d'attaques invoquées sont douteuses, c'est ce qu'éclaire «Loup ou chien? Pourquoi de nombreuses ‹attaques de loups› ne sont jamais prouvées».

Plus sur le thème de la chasse de loisir: Dans notre Dossier sur la chasse nous regroupons vérifications de faits, analyses et reportages de fond.

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