Approches innovantes pour la population de pigeons dans les villes suisses
Le gouvernement de Bâle lance en 2026 un essai visant à réduire la population de pigeons dans la ville. À cet effet, trois pigeonniers seront réactivés.
Dans le cadre d'un projet pilote de trois ans, trois pigeonniers existants — situés près de l'école primaire Thierstein, au gymnase Leonhard et à l'école Wettstein à Bâle — doivent être remis en service.
C'est ce qu'a communiqué le gouvernement bâlois. L'objectif du projet pilote est de minimiser la problématique liée aux pigeons urbains .
Selon le communiqué, les coûts du projet pilote de trois ans s'élèvent à 520’000 francs. Le lancement du projet pilote doit être possible à partir de 2026.
Pas de création généralisée de pigeonniers
Le gouvernement ne veut rien savoir de la création généralisée de pigeonniers réclamée par une initiative. Ceux-ci coûteraient jusqu'à 2 millions de francs par an, sans que leur effet sur l'état de santé des pigeons et la taille de la population soit connu, a-t-il précisé. La date de vote sur l'initiative est fixée en mai 2026.
L'initiative «Nouveau concept pour les pigeons urbains», déposée en avril 2024, réclame la réduction de moitié de la population de pigeons urbains, à environ 3000 à 4000 pigeons. Cela doit se faire notamment par l'ouverture d'au moins un pigeonnier par quartier, dans lequel les animaux seraient nourris.
Zurich
Dans la ville de Zurich, une interdiction de nourrir les pigeons est en vigueur depuis janvier 2023. Mais elle a produit l'effet inverse. «Depuis l'entrée en vigueur de l'interdiction de nourrissage, on nourrit considérablement plus qu'auparavant», indique la réponse à une interpellation. Les vols de pigeons auraient de ce fait grossi. Quiconque ne respecte pas l'interdiction s'expose à des amendes de 200 francs. Celles-ci ne semblent toutefois pas dissuader. Des nourrisseurs organisés continuent de répandre de la nourriture malgré l'interdiction, les amendes étant partagées entre eux, rapporte SRF.
Dans le pire des cas, les pigeons zurichois risquent l'abattage. Au cours des cinq dernières années, environ 1’300 pigeons ont été abattus en moyenne chaque année – dans des «endroits critiques», notamment lorsque certains lieux sont trop sales. «La ville de Zurich vise un petit effectif de pigeons sain, car de grands vols peuvent entraîner des problèmes. Ce faisant, la ville se conforme aux dispositions légales en vigueur.» Parallèlement, un monitoring est en cours – les conclusions pourraient permettre de discuter de nouvelles mesures.
Les abattages ne permettent toutefois pas d'obtenir des réductions durables des effectifs. Bâle a tué 100’014 pigeons urbains par abattage et piégeage entre 1961 et 1985, sans que la population n'ait diminué de manière durable. Les opérations d'élimination telles que les abattages ou le piégeage étaient autrefois utilisées à l'échelle européenne comme méthode de régulation de la population de pigeons urbains. Il est cependant scientifiquement prouvé qu'elles n'entraînent pas de réduction significative des effectifs à long terme. Les ressources libérées, telles que les capacités alimentaires et les sites de nidification, sont rapidement compensées par l'immigration ou par une natalité accrue des animaux restants. De plus, l'abattage de pigeons en milieu urbain implique un effort logistique considérable et nécessite un équipement spécialisé. Pour des raisons de sécurité et en raison de préoccupations liées à la protection des animaux, cette méthode est aujourd'hui largement inacceptable pour la population urbaine.
Berne
Dans la ville de Berne, les pigeons sont pris en charge dans huit pigeonniers, où une nourriture adaptée à l'espèce, des sites de nidification et des soins médicaux sont assurés. Afin d'éviter une surpopulation, les pigeons mâles sont stérilisés par une petite intervention. La ville a confié la responsabilité du contrôle des pigeons au parc animalier.
Les coûts s'élèvent actuellement à plus de 200’000 francs par an. L'accent est toutefois mis sur la vieille ville, qui fait partie du patrimoine mondial de l'UNESCO. Si d'autres quartiers devaient être inclus, le coût serait proportionnellement plus élevé. Le parc animalier est satisfait du modèle. Il repose sur des connaissances scientifiques, est éthiquement défendable et conforme à la protection des animaux.
Lucerne
Avec le projet "Stadttauben Luzern", la ville œuvre depuis 2001 à ce que Lucerne abrite moins de pigeons, mais des pigeons plus sains. Avec succès : aujourd'hui, environ 2’500 pigeons vivent à Lucerne, alors qu'en 2001, la ville en comptait quelque 7’000.
Saint-Gall
La gestion des pigeons laisse des questions en suspens dans la ville de Saint-Gall. C'est ce que montrent les discussions publiques des derniers mois. La parlementaire municipale verte Cornelia Federer a désormais déposé une interpellation dans laquelle elle exige des réponses sur la gestion des pigeons. Elle souhaite notamment savoir si le Conseil municipal serait prêt à mettre en place des pigeonniers afin de maintenir la population de ces volatiles sous contrôle et de pouvoir détecter et combattre les problèmes de santé des animaux. Jusqu'à présent, le gouvernement municipal rejette cette demande qui revient régulièrement depuis des années.
Soleure
Les quelque 400 pigeons des rues de Soleure sont hébergés dans des pigeonniers situés au Baseltor, dans le grenier de l'église des Jésuites, dans l'ancienne prison de la Vorstadt et dans la tour Buri. Beaucoup de gens craignaient que les pigeons manquent de nourriture, car plus personne ne les nourrit dans les rues. Rares sont ceux qui comprennent qu'il est interdit de nourrir les pigeons. En effet, si l'on ne dispose pas de la nourriture adéquate, cela peut rendre l'oiseau malade. De plus, la nourriture ne manque pas dans une ville pour ces animaux. Il existe différentes possibilités pour contrôler une population. Toutefois, selon l'expérience de Soleure, seule la réduction des sources de nourriture produit des effets durables.
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