4 avril 2026, 13:08

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Recensement transparent des chasseurs de loisir lors de délits violents

Les armes de chasse apparaissent régulièrement dans les délits d'homicide, les lésions corporelles graves et les cas de violence domestique – mais dans les statistiques officielles, on ne recense pas systématiquement à ce jour si les auteurs sont des chasseurs de loisir. L'initiative exige que pour tous les délits violents, on relève si une personne impliquée possède un permis de chasse et si une arme de chasse a été utilisée, et que ces données soient publiées annuellement.

1. Texte de l'initiative (Motion/Postulat, à adapter au niveau cantonal)

Le Conseil d'État est chargé de prendre les mesures suivantes :

1. Pour tous les délits violents enregistrés par la police – en particulier pour la violence domestique, les menaces, les contraintes, les lésions corporelles graves, les tentatives d'homicide et homicides accomplis ainsi que pour les suicides et tentatives de suicide – il convient de recenser de manière uniforme au niveau cantonal :
a) si la personne suspectée – pour les suicides et tentatives de suicide : la personne décédée ou concernée – possède un permis de chasse valide ou un permis de chasser ou en a possédé un au cours des dix dernières années, et
b) si une arme à feu a été utilisée et, dans l'affirmative, si l'instrument du délit était une arme de chasse ou une arme à feu typique de la chasse.

2. Ces données doivent être présentées dans les statistiques criminelles cantonales ainsi que — dans la mesure où cela s'applique — dans les rapports cantonaux sur la violence domestique, la criminalité violente et les homicides par armes à feu comme catégories distinctes (p. ex. « Suspects détenant un permis de chasse », « Arme de chasse utilisée dans l'infraction »).

3. Le Conseil d'État veille à ce que les données collectées soient publiées de manière anonymisée au moins annuellement et mises à disposition du public, de la communauté scientifique ainsi que du Parlement sous une forme appropriée.

4. Le Conseil d'État examine quelles mesures préventives supplémentaires — notamment les vérifications d'aptitude relatives au droit des armes et de la chasse, les obligations de déclaration et les retraits d'armes — sont indiquées pour les personnes détenant un permis de chasse qui ont attiré l'attention de la police en relation avec des délits de violence, de la violence domestique, des menaces ou des contraintes, et en fait rapport au Parlement.

2. Justification

La Suisse fait partie des pays avec une possession privée élevée d'armes à feu ; les estimations parlent de plusieurs millions d'armes à feu dans les foyers privés. Une étude commandée par la Confédération sur les homicides par armes à feu dans le domaine domestique montre que les auteurs sont presque exclusivement des hommes, majoritairement de nationalité suisse et âgés de plus de 60 ans, et que dans une partie significative des cas, des armes légales sont utilisées.

Le Swiss Homicide Monitor et d'autres analyses montrent clairement que les homicides et la violence grave dans le domaine domestique sont commis de manière disproportionnellement fréquente avec des armes à feu disponibles en privé — principalement aux dépens des femmes et des enfants. Parmi les détenteurs d'armes légales typiques figurent, outre les militaires, surtout les tireurs sportifs et les chasseurs de loisir ; ils ont un accès disproportionnellement fréquent aux armes dans l'environnement domestique.

L'IG Wild beim Wild critique depuis des années que ni la Confédération ni les cantons ne recensent systématiquement dans combien de cas les chasseurs de loisir et les armes de chasse jouent un rôle dans la violence domestique, d'autres délits de violence, les homicides intrafamiliaux ou les suicides. Les reportages médiatiques et les chroniques de cas documentent régulièrement des actes graves familiaux et relationnels où des chasseurs de loisir tuent ou menacent leurs proches — ces cas n'apparaissent cependant dans les statistiques que comme des délits de violence anonymes, sans indication de l'activité de chasse.

Sans un recensement transparent des détenteurs de permis de chasse et des armes de chasse dans tous les délits de violence, il n'est possible ni d'évaluer scientifiquement le risque réel des chasseurs de loisir dans le domaine domestique, ni de prendre des mesures de prévention ciblées. La collecte de données exigée ne génère que de faibles coûts supplémentaires par rapport à la charge administrative existante, mais crée une base importante pour une politique de sécurité, de prévention de la violence et de chasse fondée sur des preuves dans le canton.

Cette démarche contribue à combler l'angle mort systématique concernant le rôle des chasseurs de loisir dans la délinquance violente — et protège ainsi particulièrement les femmes et les enfants, qui sont aujourd'hui souvent exposés sans qu'on s'en aperçoive au risque des armes de chasse stockées en privé et des armes à feu typiques de la chasse.

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