Le gouvernement uranais contre les zones sans loup
Le gouvernement du canton d'Uri rejette la demande de l'UDC concernant des «zones sans loup». Le loup doit conserver sa place dans le canton d'Uri aux côtés de l'économie alpestre et du tourisme. En savoir plus sur le loup en Suisse.
Dans le canton d'Uri, le loup doit pouvoir trouver sa place aux côtés de l'économie alpestre et du tourisme.
C'est ce que confirme le gouvernement cantonal dans sa réponse à une interpellation urgente de l'UDC, qui réclame des «zones sans loup».
Uri ne constitue pas un cas particulier malgré son estivage ovin, écrit le gouvernement dans sa réponse publiée mercredi. La demande d'une zone sans loup à Uri ne peut pas être justifiée sur le fond.
En Suisse, une trentaine de loups vivraient actuellement. Compte tenu de leur répartition sur l'ensemble du territoire suisse et des grandes distances qu'un animal peut parcourir chaque jour, une zone sans loup ne serait pas non plus réalisable en pratique, écrit le gouvernement cantonal.
Le gouvernement cantonal part du principe que les 15’000 moutons qui passent chaque année l'été sur les alpages uranais peuvent être protégés du loup. Une protection des troupeaux serait possible pour 95 % des moutons estivés. Les 5 % restants pourraient être hébergés sur des alpages protégeables, ceux-ci n'étant pas exploités à pleine capacité. Jusqu'à présent, toutes les attaques sur des moutons constatées dans le canton d'Uri auraient eu lieu dans des troupeaux non protégés.
En 2015, selon les indications du gouvernement, un tiers des moutons uranais paissaient sur des alpages protégés, situés principalement dans la vallée d'Urseren. L'objectif est de mettre en œuvre la protection des troupeaux sur le plus grand nombre d'alpages possible. Ce n'est que sur 17 petits alpages qu'une protection des troupeaux est topographiquement impossible ou trop contraignante.
Pas d'alignement sur la position valaisanne
L'interpellation de l'UDC «Économie alpestre et tourisme ou loup ?!!» a été motivée par l'initiative cantonale valaisanne «Le loup, ça suffit !». Les interpellants souhaitent que le gouvernement uranais s'engage également en faveur d'un assouplissement de la protection du loup et que le prédateur puisse à nouveau être chassé.
L'initiative cantonale du canton du Valais va trop loin, écrit le Conseil d'État d'Uri. La libération du loup pour la chasse n'est pas la bonne solution.
Le Conseil d'État renvoie à la révision de l'ordonnance sur la chasse effectuée par le Conseil fédéral. Selon celle-ci, il n'est plus seulement possible d'abattre des loups causant de grands dommages, mais aussi des loups problématiques à proximité des zones habitées. De plus, il est désormais possible de cibler des animaux dans le but de réguler les meutes de loups.
Le gouvernement cantonal estime que ces mesures ont amélioré les conditions de cohabitation entre l'être humain et le loup. Le Conseil d'État voit néanmoins des possibilités d'amélioration pour lesquelles il entend s'engager, notamment en ce qui concerne l'indemnisation des mesures de protection des troupeaux, des surcoûts en cas de dommages et des pertes de revenus. Il conviendrait en outre d'examiner de nouvelles mesures alternatives de protection des troupeaux.
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