Le Conseil fédéral facilite à nouveau les tirs de loups
Le Conseil fédéral facilite à nouveau les tirs de loups en Suisse. Les organisations de protection des animaux critiquent vivement l'assouplissement de l'ordonnance sur la chasse.
La croissance des populations de loups représente un défi majeur, notamment pour les régions de montagne, car elles ne connaissent pas bien le loup, selon l'expert animalier Andreas Moser.
Une révision partielle de l'ordonnance sur la chasse vise à faciliter davantage l'abattage des loups. La révision tient compte des préoccupations de différentes associations qui avaient élaboré conjointement des propositions de solutions. Elle doit permettre de désamorcer la situation dans les régions concernées jusqu'à l'entrée en vigueur d'une loi sur la chasse révisée.
La population de loups croît – la politique répond par des abattages
Actuellement, au moins 180 loups et 20 meutes vivent en Suisse, et la population de loups continue de croître. Face aux défis posés à l'économie alpestre, le Conseil fédéral souhaite faciliter davantage les tirs de loups, en plus des dispositions adaptées en 2021.
Le Parlement délibère actuellement sur un nouveau projet de modification de la loi fédérale sur la chasse (LChP). Celui-ci doit permettre une régulation proactive des populations de loups. La population suisse avait rejeté en septembre 2020 la proposition de révision de la loi sur la chasse élaborée par le Conseil fédéral et le Parlement. Le fait que la chasse de loisir échoue en tant que contrôle des populations, est systématiquement ignoré.
Les attaques de loups ne représentent qu'une fraction des pertes de moutons
Par rapport à 2010, les attaques de loups sur les moutons ne sont pas plus nombreuses aujourd'hui, mais moins. Le bilan des dommages est parlant, comme le montre une enquête de l'association d'élevage ovin et des organisations de protection de la nature. Ainsi, en 2012, en Suisse, sur environ 200’000 moutons estivés, environ 2 %, soit environ 4’200, sont morts de maladie ou d'accident dans les alpages. Les attaques de loups ne représentent au maximum que 10 à 20 % de ces pertes. Et cela uniquement parce que la protection des troupeaux fait défaut en de nombreux endroits ou est mise en œuvre de manière insuffisante.
Là où il n'y a pas de loups, les chamois se réfugient davantage dans les forêts et brouttent les jeunes pousses. Lorsqu'ils paissent dans les mêmes pâturages que les moutons, ils sont contaminés par des maladies ovines. S'ils n'ont pas à fuir vers les rochers pour échapper aux loups, ils perdent leur capacité à grimper. Il en va de même pour les bouquetins. Mais les cerfs aussi restent en mouvement à cause des loups. Cela évite que tous les jeunes sapins blancs et sorbiers ne soient broutés. La manière dont la loi suisse sur la chasse traite l'utilité écologique des prédateurs reste controversée.
Grandes lignes de la révision partielle de l'ordonnance sur la chasse
Tirs facilités de loups solitaires causant des dommages : Désormais, le tir de loups solitaires (animaux n'appartenant pas à une meute) devrait être explicitement possible, y compris à l'intérieur des territoires de meutes. Les expériences des dernières années ont montré que des individus isolés peuvent également rôder dans les territoires de meutes et causer des dommages.
Dans les zones où des loups circulent et où des dommages ont déjà été constatés par le passé, le seuil de dommages déterminant pour le tir de loups solitaires devrait être abaissé de 10 à 8 animaux de rente tués. De plus, des loups solitaires devraient désormais pouvoir être abattus en cas de menace significative pour des personnes.
Tir immédiat d'un loup en cas de menace significative pour des personnes : La révision devrait désormais créer la possibilité d'un tir sans délai lorsqu'un loup d'une meute menace soudainement et de manière imprévisible l'intégrité physique et la vie de personnes. Un tel tir devrait être possible sans l'accord de l'Office fédéral de l'environnement OFEV.
Régulation de meutes sans reproduction : Les cantons peuvent déjà aujourd'hui, avec l'accord de la Confédération, réguler les meutes de loups lorsque ceux-ci causent de grands dommages ou constituent une menace considérable pour les êtres humains. Cela ne s'applique toutefois pas aux meutes au sein desquelles aucun jeune n'est né au cours de l'année concernée. La révision partielle de l'ordonnance sur la chasse prévoit désormais que, lors de tirs de régulation, un jeune de l'année précédente pourra également être abattu. La condition préalable est ici aussi l'existence d'un grand dommage ou d'une menace considérable pour les êtres humains, ainsi qu'un effectif de loups régionalement assuré.
Prise en compte des bovins ou chevaux blessés dans l'évaluation des dommages : Désormais, non seulement les bovins, chevaux et camélidés du Nouveau Monde (p. ex. lamas ou alpagas) tués par des loups, mais aussi ceux grièvement blessés pourront être comptabilisés comme un grand dommage. Cette nouvelle disposition s'appliquera aussi bien aux interventions de régulation dans les meutes qu'aux mesures prises contre des loups isolés.
Dossier : Le loup en Suisse : faits, politique et les limites de la chasse
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