La chasse au blaireau parce qu'il renverse des pierres tombales ?
La chasse de loisir au blaireau sous prétexte qu'il renverse des pierres tombales est absurde et inutile. Les solutions non létales sont plus efficaces et plus humaines.
Le Wildtierschutz Deutschland suppose que la plupart des gens n'ont jamais observé de blaireau dans la nature.
Le plus souvent, on trouve ces robustes mustélidés morts au bord de la route. Outre la chasse (environ 65 000 animaux abattus par an en Allemagne), la circulation automobile (environ 25 000 victimes d'accidents) est le principal ennemi de cette espèce nocturne relativement rare.
En Europe centrale, son alimentation se compose essentiellement (avec de légères variations régionales) de vers de terre. Les autres composantes principales de son régime sont de petits vertébrés, notamment des souris, de la charogne, des insectes, des escargots, ainsi que des cerises, des prunes, des pommes ou des mûres. Les céréales sont rarement consommées, même pendant leur période de maturité.
Le blaireau a déjà connu dans notre région une situation démographique très critique. En effet, à la fin des années 1960, les associations de chasseurs et les responsables politiques croyaient à tort pouvoir éradiquer la rage en gazant les terriers de renards et de blaireaux, ce qui a conduit à l'élimination d'environ 80 % de la population de blaireaux. Ce n'est qu'à partir du milieu des années 1990 que le nombre de «Grimbarts» a pu se redresser.
Pour le ministère de l'Environnement de Mayence, les tableaux de chasse annuels dépassant chaque année 5’000 blaireaux en Rhénanie-Palatinat constituent donc le résultat de «règles et pratiques équilibrées dans la gestion de cette espèce sauvage«. La Rhénanie-Palatinat autorise même la chasse à ces omnivores nocturnes au-delà de la période de chasse prévue par la loi fédérale sur la chasse — d'août à octobre — jusqu'à fin décembre. Les chasseurs sont également autorisés à chasser ces animaux avec des chiens dans leurs terriers, à les capturer dans des pièges et à détruire à la pelle et à l'excavatrice les refuges utilisés depuis des décennies.
Le seul fait que le blaireau ne soit actuellement pas considéré comme une espèce menacée ne constitue aucune raison valable au sens de la loi sur la protection des animaux pour justifier la chasse. C'est sans doute pourquoi le ministère proche des chasseurs construit des arguments qui ne peuvent être maintenus pour justifier une chasse à grande échelle :
Grimbart se ferait remarquer en renversant des pierres tombales et en dévastant les plantations funéraires. De plus, les responsables du service compétent lui attribuent «de fréquents signalements de dommages dans le domaine agricole». Il s'agirait principalement de dommages négligeables, donc acceptables, et qui plus est sur des champs de maïs. Ce n'est pas non plus une raison de traquer le blaireau, qui par ailleurs n'est généralement pas valorisé par les chasseurs. Car la propriété oblige : la protection des animaux revêt aujourd'hui une importance si primordiale dans notre société qu'il est dans l'intérêt général qu'un propriétaire foncier accepte des pertes négligeables sur ses biens en faveur de la protection des animaux et de la nature.
Il n'existe donc ni raisons juridiques, ni raisons écologiques, économiques ou épidémiologiques qui justifient de manière compréhensible une chasse généralisée du blaireau. À Mayence – comme vraisemblablement dans la plupart des ministères des autres Länder – il n'existe même pas de données fiables pour évaluer les mesures de chasse contre les blaireaux, qui pourraient ne serait-ce qu'approcher une raison valable pour cette chasse.
Ces animaux imposants vivent dans une structure sociale stable, ce qui limite durablement leur reproduction. Les jeunes blaireaux (qui peuvent être chassés toute l'année sans période de protection dans de nombreux Länder) restent dans de nombreux cas 12 mois ou plus au sein du groupe familial. Dès lors, le fait de tuer des animaux adultes est plus que problématique sous l'angle de la protection parentale et, partant, du droit à la protection des animaux.
Pétition : La chasse pour le plaisir est dépassée – abolissons-la !
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