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Animaux sauvages

Le bison d'Europe : un retour dans le Thal soleurois est prévu

Le bison d'Europe, disparu de Suisse depuis environ 1000 ans, pourrait retrouver un foyer dans le Parc naturel du Thal. Les mâles peuvent peser jusqu'à une tonne. En savoir plus sur les animaux sauvages en Suisse.

Rédaction Wild beim Wild — 18 juillet 2017

Le bison d'Europe, homologue européen du bison américain, pourrait retrouver un foyer dans le Parc naturel du Thal. Ces bovidés primitifs sont considérés comme éteints en Suisse depuis environ 1’000 ans. Les femelles pèsent environ 500 à 600 kilogrammes, et les mâles jusqu'à une tonne.

Le bison d'Europe est le plus grand et le plus lourd mammifère terrestre d'Europe, qui a peuplé les forêts du nord-ouest de la Suisse jusqu'à la fin du Moyen Âge.

Dès l'année prochaine, 15 à 20 bisons d'Europe devraient être installés dans la zone de la Sollmatt à Welschenrohr.

Une dizaine de bovins sauvages seraient hébergés dans un enclos d'observation de 20 hectares situé à proximité d'une ferme biologique. Les autres animaux disposeraient d'un enclos de 100 hectares sur le versant nord du Jura. Si tout se passe comme prévu, l'agriculteur bio Benjamin Brunner s'occupera des bisons dans le Thal pendant une phase de test préliminaire de dix ans.

Sur ce terrain boisé, les animaux seront préparés à leur réintroduction dans la nature. Une clôture électrique devrait être retirée après environ un à deux ans. On espère que les animaux auront alors développé un certain sentiment d'attachement à ce lieu. Il faudra toutefois d'abord recueillir des données sur le comportement des animaux. C'est pourquoi le projet sera accompagné par des chercheurs et les données feront l'objet d'une évaluation continue.

La Confédération et le canton doivent donner leur accord

Pour la réalisation du projet «Wisent im Thal», il ne s'agit pas seulement d'obtenir l'adhésion de la population, des forestiers, des chasseurs de loisir et des milieux politiques, mais aussi d'obtenir les autorisations nécessaires auprès du canton et de la Confédération, comme l'explique Reinhard Schnidrig de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV). L'OFEV sait qu'un projet est en préparation dans le Thal, mais n'a pas encore pu en prendre connaissance, précise le responsable de la section Faune sauvage et biodiversité forestière.

Il est toutefois établi que le bison est une espèce animale éteinte en Suisse. Pour son installation dans de grands enclos comprenant des zones forestières, une autorisation forestière du canton d'implantation est nécessaire. Pour la mise en liberté, une autorisation selon la loi fédérale sur la chasse est également requise.

D'office, diverses conditions-cadres doivent être vérifiées, notamment la disponibilité d'un habitat suffisamment grand. Le projet, d'un coût de 4,4 millions de francs, doit être financé par une fondation ainsi que par les recettes annuelles de l'enclos d'observation, s'élevant à 1,8 million de francs.

Benjamin Brunner joue un rôle important dans ce cadre. Il est membre du groupe de projet Wisent Thal, auquel appartiennent également le conseiller national Stefan Müller-Altermatt (Herbetswil), Christina Stauffer et Darius Weber. En tant que premier ranger du bison en Suisse, cet agriculteur biologique serait responsable non seulement de la communication externe et du suivi des animaux, mais aussi du recensement des éventuels dommages causés en forêt. Ceux-ci devront être indemnisés aussi complètement que possible.

La Fédération soleuroise des paysans s'inquiète

Le projet Bison suscite également des craintes : certains agriculteurs redoutent que les animaux puissent endommager les terres cultivées.

La Fédération des paysans est d'avis qu'il n'y a pas de place, dans le nord-ouest de la Suisse densément peuplé, pour l'installation d'animaux sauvages absents de la région depuis des siècles. Un tel projet, dans lequel au moins 100 hectares doivent être clôturés au moins au début, contredit également toutes les réglementations légales que l'agriculture, mais aussi d'autres personnes du canton de Soleure, sont tenues de respecter impérativement.

Il ne saurait être acceptable que de si grandes surfaces soient clôturées pour l'installation d'un animal sauvage, et que l'accès garanti par la loi aux forêts et aux champs soit rendu difficile, voire impossible, pour la population. Une clôture d'une telle envergure n'est par ailleurs pas admissible au regard de la législation en vigueur en matière d'aménagement du territoire.

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