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Éducation

Des biologistes équipent de balises de jeunes aigles royaux

On reconnaît les jeunes aigles royaux à leurs rectrices blanches avec une bande terminale noire et aux taches blanches dans les ailes.

Rédaction Wild beim Wild — 20 juillet 2021

Le comportement des jeunes aigles royaux est encore peu étudié.

Une équipe dirigée par la Station ornithologique de Sempach souhaite y remédier : elle déchiffre la vie mystérieuse des «rois des airs» à l'aide d'émetteurs de localisation.

Cette froide et humide journée de début d'été dans les montagnes de Davos doit être un «grand jour», comme le souligne le biologiste David Jenny de la Station ornithologique de Sempach : lui et son équipe ont aujourd'hui la possibilité d'équiper deux aigles royaux, âgés d'à peine cinquante jours, d'enregistreurs de données. Pourtant, aucune nervosité ne transparaît dans le groupe, chargé de cordes d'alpinisme, d'instruments de mesure et de caméras.

Car la pose de balises sur de jeunes aigles royaux est une routine pour eux : les chercheurs ont déjà équipé 33 oiseaux en Grisons de capteurs grâce auxquels ils documentent la vie des juvéniles. Cette opération n'en reste pas moins particulière, car ces deux aigles royaux sont frère et sœur, et les nichées doubles sont rares chez ces oiseaux.

Une documentation minutieuse

Après environ une heure de marche à pied, le guide de montagne et garde-faune auprès de l'Office des chasses et de la pêche des Grisons, Romano Salis, se rappelle en rappel depuis un étroit promontoire jusqu'à une paroi rocheuse abrupte. C'est là que se trouve l'aire avec les aigles royaux. Il les dépose dans un sac gris que l'équipe de balisage remonte à l'aide d'une corde.

David Jenny et la doctorante Julia Hatzl y déposent ensuite le premier juvénile sur une serviette en tissu éponge. Ils commencent par le peser, mesurent son bec, ses serres et la longueur de ses ailes, puis l'examinent à la recherche de parasites. «C'est probablement un mâle», dit Jenny. Pour en être tout à fait certains, ils prélèvent trois petites plumes pectorales sur l'aigle royal, qui seront ensuite analysées en laboratoire par analyse génétique.

Des luttes de pouvoir pour les territoires

L'aigle royal se sent très bien en Suisse. Aujourd'hui, un couple d'aigles vit dans presque chaque habitat approprié de l'arc alpin suisse. Le grand nombre d'aigles royaux attise cependant les conflits entre animaux sauvages pour la conquête de nouveaux territoires.

Couples nicheurs

Les jeunes aigles royaux jouent ici un rôle clé : à partir de leur quatrième ou sixième année, ils cherchent un partenaire et tentent d'occuper leur propre territoire. Mais jusqu'à présent, il existe une lacune dans les connaissances sur le comportement des jeunes individus dans ce processus.

Un petit sac à dos avec enregistreur de données

Après avoir posé un chaperon sur le jeune aigle royal, Jenny et Hatzl commencent à installer sur l'oiseau l'émetteur alimenté par énergie solaire. Ce qui semble simple requiert beaucoup de doigté : l'émetteur est fixé à une sorte de petit sac à dos dont les bretelles passent par-dessus les pattes. Celui-ci ne doit être ni trop serré ni trop lâche.

Ce projet a été initié en 2016 par l'Institut Max Planck de biologie du comportement à Radolfzell et vise à combler la lacune de connaissances sur les déplacements des jeunes aigles royaux jusqu'à leur maturité sexuelle. La collaboration avec la Station ornithologique, initialement limitée au canton des Grisons, a été progressivement étendue à d'autres partenaires. Jusqu'en 2020, des équipes du Tyrol du Sud, de Lombardie, de Bavière, d'Autriche et de Slovénie ont rejoint le projet, permettant ainsi d'étudier les mouvements des jeunes aigles royaux sur une grande partie de l'arc alpin.

Contrairement à l'Europe du Nord et au bassin méditerranéen, les aigles royaux sont peu présents en plaine en Europe centrale et vivent principalement dans les régions alpines. Ce territoire montagneux, densément peuplé d'aigles royaux, rend l'étude approfondie des déplacements et du comportement des jeunes aigles à la fois difficile et passionnante. La population alpine de l'aigle royal se porte aujourd'hui très bien, ce qui est réjouissant ; elle est pratiquement saturée et soumise de ce fait à une régulation naturelle fortement liée à la concurrence, dans laquelle les jeunes aigles errants jouent un rôle clé. Ils sont la principale raison pour laquelle le succès reproducteur des couples territoriaux est actuellement fortement réduit. Mais les jeunes aigles doivent eux aussi lutter contre leurs congénères : plus de la moitié des aigles royaux retrouvés morts aux Grisons sont victimes de conflits territoriaux. Dans ces conditions, il est important de mieux comprendre les stratégies de survie des jeunes aigles et d'appréhender ainsi l'évolution globale de la population d'aigles royaux. Mais quels facteurs déterminent les schémas de déplacement des jeunes aigles ? Et quel rôle jouent la distribution des ressources alimentaires et la présence des aigles en couple avec territoire ?

Suivre les routes des aigles royaux via une application

Aux alentours de midi, Jenny repose soigneusement le second aigle royal, désormais équipé d'un émetteur, dans le sac et ramène les deux frères et sœurs jusqu'au bord de la corniche rocheuse. Les jeunes oiseaux retrouvent prudemment leur foyer familier.

La destination de ces deux-là et de leurs congénères équipés d'émetteurs peut être suivie non seulement par les chercheurs, mais aussi grâce à une application développée par l'Institut Max-Planck, intitulée «Animal Tracker». Mais seulement après que les jeunes oiseaux auront quitté le territoire de leurs parents. Car les sites de nidification des aigles royaux doivent rester secrets.

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