PETA examine le statut d'utilité publique de la Fédération allemande de chasse
PETA dépose une demande d'examen du statut d'utilité publique de la Fédération allemande de chasse. L'organisation ne reconnaît aucun but d'intérêt général dans la chasse de loisir.
La Fédération allemande de chasse (DJV) commercialise les fourrures d'animaux sauvages tués en Allemagne et a créé sa propre entreprise à cet effet. PETA considère que l'utilisation de fonds associatifs bénéficiant d'avantages fiscaux pour soutenir une SARL opérant selon des principes commerciaux privés et donc génératrice de bénéfices constitue une activité préjudiciable au statut d'utilité publique d'une association au sens du code fiscal. C'est pourquoi l'organisation de défense des droits des animaux a déposé auprès du bureau des impôts compétent pour le DJV, Berlin Mitte/Tiergarten, une demande d'examen des conditions requises pour le statut d'utilité publique de l'association.
„Le droit fiscal est sans ambiguïté quant au fait qu'une personne morale bénéficiant d'avantages fiscaux, comme une association reconnue d'utilité publique, finance une personne morale de droit privé assujettie à l'impôt, comme la Fellwechsel GmbH : il s'agit là d'une activité fiscalement préjudiciable, dans la mesure où la Fellwechsel GmbH n'est pas elle-même une SARL d'utilité publique», déclare le Dr Christian Arleth, avocat chez PETA. «Un tel soutien doit entraîner la perte du statut d'utilité publique de la Fédération allemande de chasse.»
En 2016, le DJV a fondé la Fellwechsel GmbH conjointement avec la fédération de chasse du Land de Bade-Wurtemberg. Cette société transforme et commercialise les peaux d'animaux sauvages tués et cherche à se présenter comme une alternative sérieuse aux élevages de fourrure d'Europe de l'Est pratiquant des élevages intensifs. Pour promouvoir ses produits, la Fellwechsel GmbH laisse entendre aux consommateurs qu'ils contribuent à la protection de la nature.
Pour collecter des fourrures de toute l'Allemagne, le DJV a contribué, avec des fonds associatifs bénéficiant d'avantages fiscaux, à mettre en place une infrastructure nationale pour le compte de la société Fellwechsel GmbH. Celle-ci se compose principalement de congélateurs installés dans des points de collecte, où les chasseurs sont censés déposer les animaux sauvages abattus. À Rastatt, dans le Bade-Wurtemberg, le DJV a loué un terrain — avec des conteneurs pour les restes animaux, des bureaux et des chambres froides destinés aux fourrures acheminées depuis les points de collecte de toute l'Allemagne, ainsi qu'une station de dépouillement, c'est-à-dire une installation pour le tannage des peaux. Selon Erhard Jauch, directeur général de la fédération de chasse du Bade-Wurtemberg, les coûts d'investissement du DJV pour cela se sont élevés à 250 000 euros, auxquels s'ajoutent les frais de fonctionnement et les charges de personnel.
La communauté des chasseurs s'est donné pour mission de rendre de nouveau acceptable le port de vraie fourrure. En réalité, ce projet génère de fausses incitations, notamment en stimulant la demande pour la fourrure particulièrement prisée du renard.
Or, la chasse au renard est une pratique dont le caractère écologiquement inutile est avéré, les populations se régulant d'elles-mêmes en fonction de la disponibilité alimentaire, des conditions météorologiques et de facteurs sociaux.
La chasse, en revanche, détruit les structures d'âge et les structures sociales des populations animales, ce qui entraîne une reproduction accrue chez les survivants. De plus, la chasse est globalement contre-productive, car les renards, par exemple, jouent un rôle essentiel dans l'écosystème en s'attaquant notamment aux campagnols des champs, considérés comme nuisibles par les agriculteurs.
PETA s'oppose par principe à la chasse. Sous couvert d'un attachement à la nature, les chasseurs causent des souffrances inimaginables : ils tuent chaque année, à l'échelle nationale, entre quatre et cinq millions d'animaux sauvages, ainsi qu'un nombre incalculable de chats et de chiens — principalement à titre de loisir. Ce faisant, ils infligent fréquemment des douleurs considérables à ces êtres sensibles. De nombreux animaux sont blessés par des tirs manqués ou littéralement écrasés dans des pièges. Par ailleurs, non seulement des centaines de milliers d'animaux subissent des souffrances massives, mais plusieurs dizaines de personnes sont également tuées ou blessées chaque année par des chasseurs amateurs. Aux plus de 380 000 chasseurs amateurs en Allemagne ne s'opposent qu'environ 1 200 chasseurs professionnels, principalement des agents forestiers.
La devise de PETA est la suivante : les animaux ne sont pas là pour que nous expérimentions sur eux, les mangions, les portions, nous divertissions avec eux ou les exploitions de quelque manière que ce soit.
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