10 avril 2026, 12:02

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

Chasse

Un chasseur amateur abat des oiseaux protégés

Un chasseur amateur de 73 ans du canton de Berne a été condamné pour avoir notamment abattu un aigle royal protégé.

Rédaction Wild beim Wild — 6 août 2020

La police du canton de Berne a mis la main sur un braconnier en mars 2019.

Le septuagénaire a désormais été condamné par le tribunal bernois, notamment pour avoir abattu un aigle royal.

Dans la région du Gantrisch, à côté de sa maison de vacances en lisière de forêt, l'éleveur de moutons entretient de nombreux nichoirs pour oiseaux. Les oiseaux «étrangers» — en particulier les espèces protégées — sont toutefois abattus sans hésitation par cet homme. Outre de nombreuses corneilles, une buse variable, un grand corbeau et au moins deux milans royaux, l'homme a également un aigle royal sur la conscience. Par ailleurs, il ne se montrait guère respectueux de la loi.

Ces abattages étaient tous illicites : le tribunal régional de Berne-Mittelland a condamné le braconnier mardi 4 août 2020 à une peine pécuniaire avec sursis ainsi qu'à une amende. Il doit également verser au canton de Berne une indemnité compensatoire pour les oiseaux abattus. Selon le «Berner Zeitung» , c'est l'abattage de l'aigle qui pèse le plus lourd dans la balance : pour cela, il doit rembourser 10 000 francs au canton de Berne.

L'oiseau tué était équipé d'un émetteur GPS

Mais comment a-t-on pu retrouver la trace de ce braconnier de 73 ans ? Tout a commencé par l'abattage d'un milan royal en mars 2019. L'oiseau faisait en effet partie d'un projet de monitoring de la Station ornithologique de Sempach. L'animal était donc équipé d'un émetteur GPS. Lorsque, fin mars, un collaborateur inquiet de la Station ornithologique voulut retrouver l'animal grâce aux données GPS dans la région du Gantrisch, il tomba sur un véritable cimetière d'oiseaux.

Dans le champ, il ne trouve que quelques plumes d'un milan, rien de plus. Mais dans la forêt, il découvre à un endroit des plumes d'une buse variable, d'un grand corbeau et d'au moins deux milans royaux. «Ce ne pouvait être une coïncidence», dit l'homme. Il aperçoit alors le pied d'un oiseau qui dépasse d'un tas de compost. Il tire dessus. Un aigle royal mort. «Je pensais qu'il se passait vraiment quelque chose ici, c'est du braconnage.» Il appelle le garde-faune et la police.

Une policière alertée par la suite témoigne, selon le «Berner Zeitung», d'une scène macabre. Autour du chalet de l'homme, des animaux sauvages morts et des plumes jonchaient le sol. Dans la maison de vacances du septuagénaire, la police a également découvert des armes et des silencieux. Et la carcasse du mouton dans le pré, sans pattes, sans tête, vidée et sans peau. Cet animal, déclare la policière, il l'a simplement laissé «crever».

Lorsqu'il tue un blaireau, il ne le signale pas au garde-faune. Il brûle des feuilles en forêt sans autorisation. Il conserve des médicaments vétérinaires — mais pas de la manière réglementaire. Il possède plusieurs carabines de petit calibre, dont un accessoire raccourci et interdit ; les armes traînent en partie chargées dans la maison ou la voiture.

Selon son défenseur, l'homme est un «agriculteur, autosuffisant, chasseur, boucher, homme de la nature, amateur d'oiseaux, randonneur». Il aurait dû apprendre à quel point la nature peut être brutale. Le tribunal bernois considère néanmoins les agissements de l'homme comme des infractions — et il doit désormais en répondre.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

Soutenez notre travail

Votre don contribue à protéger les animaux et à faire entendre leur voix.

Faire un don maintenant