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Faune

120 chiens euthanasiés : maltraitance animale à Ramiswil

En Suisse, plusieurs centaines de cas de violations graves de la loi sur la protection des animaux sont enregistrés chaque année, mais les évacuations massives comme celle de l'exploitation de Ramiswil restent rares.

Rédaction Wild beim Wild — 9 novembre 2025

Selon les rapports annuels de l'Office fédéral de la sécurité alimentaire et des affaires vétérinaires (OSAV), la négligence envers les animaux, l'alimentation insuffisante, l'absence de soins vétérinaires et un hébergement inadéquat figurent parmi les motifs les plus fréquents d'intervention des autorités.

Dans la plupart des cas, des animaux isolés sont saisis ou les conditions de détention sont renforcées. Les interventions impliquant des dizaines, voire plus d'une centaine d'animaux, ne surviennent en revanche que quelques fois par an.

Dans la petite commune soleuroise de Ramiswil, une exploitation agricole a été évacuée après la constatation de violations graves du bien-être animal. Le service vétérinaire du canton de Soleure a trouvé sur l'exploitation plusieurs dizaines de chevaux ainsi qu'environ 120 chiens dans un état de santé si dégradé que les animaux ont dû être euthanasiés. Qu'une exploitation puisse atteindre une situation aussi grave en matière de détention et de santé animales avant qu'une intervention n'ait lieu témoigne de lacunes systémiques.

Un cas comparable, ayant perduré longtemps, est celui de Hefenhofen dans le canton de Thurgovie, où de nombreux animaux ont été détenus pendant des années dans des conditions misérables avant qu'une évacuation ne soit effectuée. L'affaire de Ramiswil présente des parallèles et devrait être l'occasion de réexaminer la manière dont les exigences en matière de bien-être animal sont contrôlées dans l'élevage agricole.

Les statistiques révèlent un schéma clair : une proportion supérieure à la moyenne des évacuations concerne des exploitations ou des particuliers qui accumulent des animaux sur une longue période et en perdent le contrôle. Cette dynamique dite de l'«Animal Hoarding» est connue en Suisse et est de plus en plus reconnue comme un problème. Les offices vétérinaires rapportent que de telles situations se développent souvent sur des mois ou des années et ne deviennent critiques que lorsque des signalements de la population ou des contrôles répétés en révèlent l'ampleur.

L'affaire de Ramiswil s'inscrit ainsi dans une série d'incidents rares mais graves, dont font également partie des exemples plus anciens comme l'affaire Hefenhofen. Ils ont en commun un effort de contrôle considérable, un nombre élevé d'animaux et la nécessité de mesures drastiques. Alors que le nombre total de contrôles en Suisse dépasse les 40’000 par an, seule une fraction aboutit à des saisies et une poignée seulement à de grandes opérations d'évacuation.

Les organisations de protection des animaux réclament depuis des années que les signalements soient traités plus rapidement et que les exploitations à risque soient contrôlées plus étroitement. Les services spécialisés, quant à eux, font valoir que les bases légales existent, mais que la prévention se heurte au manque de ressources humaines, au manque de coopération des détenteurs d'animaux et à la difficulté d'obtenir suffisamment tôt des preuves juridiquement solides. L'intervention à Ramiswil illustre ces défis structurels : ce n'est que lorsque l'état des animaux est devenu insupportable qu'il a été possible d'intervenir.

Les clarifications actuellement en cours doivent déterminer si des mesures auraient pu être prises plus tôt et comment prévenir à l'avenir des cas d'une ampleur comparable. Une chose est certaine : les autorités, les milieux politiques et les organisations spécialisées doivent à nouveau débattre des moyens de renforcer les contrôles préventifs et d'identifier plus rapidement les cas à risque, avant que la souffrance animale n'atteigne une ampleur qui ne peut plus être résolue que par une grande évacuation et de nombreuses euthanasies.

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