Amélioration du bien-être animal dans la politique agricole de l'UE
La ressource négligée qui pourrait considérablement améliorer la protection des animaux d'élevage dans l'UE.
Un nouveau rapport révèle que la politique agricole commune (PAC), bien qu'elle constitue la principale mesure de politique agricole de l'UE, est peu exploitée lorsqu'il s'agit de promouvoir le bien-être des animaux d'élevage en Europe.
Si certaines modifications étaient apportées à la manière dont cette législation est abordée, d'innombrables êtres sensibles pourraient en bénéficier.
Alors que la Commission européenne souhaite réviser l'ensemble de sa législation en matière de bien-être animal, elle doit se pencher sur un instrument important jusqu'ici peu utilisé : la politique agricole commune (PAC).
Cette politique peut sembler aride, mais elle recèle en réalité un énorme potentiel pour améliorer sensiblement le bien-être des animaux d'élevage. Elle influe sur la gestion de toutes les exploitations agricoles de l'UE et fixe des normes et des critères importants que les agriculteurs doivent respecter. Si le bien-être animal était davantage pris en compte dans la PAC, cela pourrait véritablement transformer la protection des animaux.
Depuis son introduction en 1962, la PAC a été mise en œuvre par périodes fixes, avec la possibilité d'être adaptée et améliorée à intervalles réguliers. En tant que premier poste de dépenses de l'UE, elle offre aux agriculteurs plusieurs possibilités d'obtenir un soutien financier, notamment par le biais de divers programmes et dispositifs ainsi que des plans stratégiques PAC (PSP) de chaque État membre. En tant que bénéficiaires des fonds de la PAC, tous les États membres de l'UE sont tenus d'élaborer leur propre PSP pour chaque nouvelle période, en détaillant la manière dont ils utiliseront les fonds perçus.
Dans le rapport intitulé « Improving animal welfare through the Common Agricultural Policy" (amélioration du bien-être animal par la politique agricole commune) ont permis d'identifier au total 136 réglementations de soutien pertinentes en matière de bien-être animal. Le rapport met également en évidence de nombreuses possibilités d'amélioration du bien-être animal dans le cadre de la PAC, qui ne sont actuellement pas exploitées de manière aussi efficace.
Problèmes actuels liés à la représentation du bien-être animal dans les plans nationaux
Dans la PAC actuelle, plus de 35 milliards d'euros sont prévus pour des programmes de soutien liés au bien-être et à la santé animale. C'est certes un chiffre considérable, mais une part importante des fonds est consacrée à des mesures dont les effets réels sur le bien-être animal sont limités ou peu clairs. En outre, une grande partie des fonds est investie dans l'augmentation de la productivité et la lutte contre les maladies, ce qui signifie que d'autres mesures importantes en matière de bien-être animal, telles que la mise à disposition d'espaces de sortie pour les animaux, les mesures de lutte contre la douleur et la suppression de l'attache permanente, sont largement négligées.
Par ailleurs, il existe un déséquilibre dans les espèces animales prises en compte dans ces plans nationaux. Les vaches sont de loin les animaux d'élevage les plus ciblés, suivies des porcs et des moutons, tandis que les volailles d'élevage et les lapins sont beaucoup moins pris en considération. Si l'on tient compte du fait que les poulets élevés pour la production de viande sont de loin les animaux les plus élevés dans l'UE, il s'agit là d'une lacune manifeste.
Enfin, il existe un écart entre les changements réclamés par les scientifiques et les citoyens et les mesures effectivement soutenues dans le cadre de la PAC. Ainsi, par exemple, seule une poignée de réglementations portent directement sur la suppression des cages pour les poules pondeuses et les truies, bien que de nombreux citoyens se soient prononcés en faveur de cette transition à l'échelle européenne dans le cadre de l'initiative citoyenne européenne « End The Cage Age ».
Comment mieux intégrer le bien-être animal dans la PAC ?
Si le bien-être animal est techniquement représenté dans plusieurs plans nationaux, l'ambition des mesures mises en œuvre varie considérablement d'un État membre à l'autre.
Peu de plans nationaux traitent des investissements structurels nécessaires au développement à long terme de systèmes d'élevage respectueux des animaux. Si l'on considère la PAC dans son ensemble, il manque également des objectifs de bien-être animal à l'échelle de l'UE que les États membres seraient tenus de respecter. Il n'est donc pas surprenant que les différentes approches en matière de bien-être animal dans le cadre de cette politique agricole soient fragmentées.
Heureusement, plusieurs options s'offrent aux décideurs politiques pour avancer – en orientant plus efficacement la PAC vers les besoins des animaux d'élevage et en aidant les États membres à placer le bien-être animal au cœur de leurs PSN de manière plus ambitieuse. Parmi les recommandations du rapport figurent :
- Les changements structurels devraient être soutenus par des fonds de la PAC au niveau de l'UE, et les investissements à long terme présentant un niveau élevé de bien-être animal devraient être privilégiés par rapport aux mesures à court terme ;
- Des objectifs et des cibles en matière de bien-être animal à l'échelle de l'UE devraient être définis, assortis d'objectifs temporels (par exemple, l'abolition des cages), afin de garantir clarté et cohérence dans le traitement des questions de bien-être animal entre les États membres ;
- Les États membres devraient traiter les questions de bien-être animal négligées (par exemple, l'élevage en attache) dans le cadre de leurs plans stratégiques.
- Les États membres devraient s'appuyer sur des lignes directrices scientifiques lors de l'introduction de mesures de bien-être animal, en suivant les recommandations de l'Autorité européenne de sécurité des aliments, afin de garantir des améliorations mesurables du bien-être animal.
Tous les plans introduits dans le cadre de la PAC devraient également faire l'objet d'une application effective après leur mise en œuvre.
Cette évaluation qualitative, la première du genre, fournit des recommandations importantes pour la prochaine PAC. Avec la modernisation prévue des réglementations européennes en matière de bien-être animal, la PAC a le potentiel de soutenir les agriculteurs qui adoptent précocement les nouvelles réglementations avant leur entrée en vigueur. Pour ce faire, la PAC doit être orientée vers un bien-être animal modernisé et veiller à ce que les mesures conformes aux recommandations scientifiques, telles que l'élimination progressive des cages, soient intégrées dans les plans stratégiques des États membres. – Camilla Björkbom, Conseillère politique en matière de politique alimentaire, Eurogroup for Animals
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