La fédération de pêche réclame d'urgence une meilleure protection pour les poissons suisses
La Fédération Suisse de Pêche (FSP) tire la sonnette d'alarme face à une situation de plus en plus précaire des stocks de poissons indigènes.
De récentes études et données attestent que de nombreux cours d'eau suisses atteignent leurs limites écologiques. La fédération réclame des mesures de protection et de gestion uniformes au niveau fédéral et renforcées.
Que disent les chiffres ?
- Environ 72,6 % des tronçons de cours d'eau examinés — principalement des rivières et de petits cours d'eau — se trouvent dans un mauvais état écologique selon le dernier monitoring. Dans ces tronçons, les stocks de poissons sont souvent réduits et la diversité des espèces est fréquemment très limitée.
- Les poissons dans de nombreux cours d'eau ne sont plus présents dans le mélange naturel d'espèces : environ la moitié des cours d'eau examinés présente encore les espèces de poissons d'origine ; dans l'autre moitié, ces espèces qui y sont pourtant naturellement indigènes font défaut.
- Les espèces particulièrement touchées sont les poissons d'eau froide tels que les truites ou les ombres. Ces derniers réagissent de manière sensible à la hausse des températures de l'eau et au manque d'oxygène. Exemples : lors de l'été caniculaire de 2018, une mortalité massive d'ombres s'est produite dans le Rhin près de Schaffhouse, lorsque la température de l'eau a dépassé 27 °C.
- Biodiversité : la faune piscicole indigène se compose de 86 espèces de poissons ainsi que de lamproies ; s'y ajoutent environ 4 espèces de poissons non strictement indigènes.
- Menace : environ un cinquième des espèces de poissons indigènes d'origine a complètement disparu. Parmi celles qui subsistent encore, environ trois quarts sont considérées comme potentiellement menacées ou en danger d'extinction.
Causes du déclin
- Changement climatique & hausse des températures
- La multiplication des étés caniculaires entraîne un réchauffement des cours d'eau, ce qui affecte négativement la teneur en oxygène et les habitats. De nombreux poissons ne peuvent plus se trouver dans de bonnes conditions dans de tels milieux, et encore moins se reproduire avec succès.
- Les truites et les ombres, qui nécessitent une eau fraîche, sont particulièrement fortement repoussés.
- Endiguement et fragmentation des cours d'eau
- Les installations hydroélectriques, les tronçons de rivières rectifiés et l'absence de continuité pour la migration des poissons mettent les populations sous pression. Les habitats sont souvent fragmentés, ce qui complique le brassage génétique et la dispersion des espèces.
- Qualité de l'eau & pollutions
- Les apports nutritifs agricoles (p. ex. engrais), les résidus d'eaux usées et les charges chimiques ont des effets négatifs ; les proliférations d'algues par temps chaud aggravent les problèmes d'oxygénation.
- Étiage & prélèvements d'eau
- En période de sécheresse, le niveau des cours d'eau baisse ; les petits cours d'eau sont particulièrement touchés. Les débits résiduels ne sont pas suffisants partout pour maintenir poissons et petits organismes.
Mesures existantes
- Des bases légales existent au niveau fédéral : législation sur la pêche, loi sur la protection des eaux ainsi que des ordonnances spécifiques régissant à la fois la protection et l'exploitation.
- Des projets tels que le concept de réintroduction du saumon atlantique en Suisse (2021–2025) visent à ramener les espèces migratrices dans les systèmes fluviaux.
- La renaturation de tronçons de rivières montre des effets positifs sur les taux de capture de poissons : dans quatre cantons, l'évolution était meilleure dans les tronçons renaturés que dans les zones sans de telles mesures.
Où une action urgente est-elle nécessaire ?
La fédération de pêche exige :
- Des mesures légales plus strictes et leur mise en œuvre cohérente, notamment en ce qui concerne les périodes de protection, la taille minimale et la réglementation des repeuplements piscicoles.
- Le développement des programmes de renaturation, le démantèlement des ouvrages de correction et la promotion de la continuité des cours d'eau.
- La protection des zones refuges pour les espèces piscicoles, notamment dans les altitudes ou profondeurs plus fraîches, ainsi que la garantie des débits résiduels même en périodes de faibles précipitations.
- L'amélioration de la qualité de l'eau, p. ex. par la réduction des apports en nutriments provenant de l'agriculture et des eaux usées ; un contrôle plus strict des polluants.
- Des stratégies d'adaptation climatique pour les écosystèmes aquatiques, afin de faire face à la hausse des températures.
Les faits sont sans équivoque : une grande partie des cours d'eau suisses est écologiquement très dégradée. De nombreuses espèces de poissons sont considérées comme menacées, et sans renforcement des mesures de protection, des pertes irréversibles sont à craindre. Il incombe désormais à la Confédération, aux cantons et aux communes, en collaboration avec les acteurs de la pêche et les organisations de protection de la nature, d'agir rapidement et efficacement pour que les cours d'eau restent vivants — et que les poissons ne deviennent pas un simple souvenir.
La Fédération suisse de pêche (FSP) exige également une réduction drastique des apports de substances dites PFAS afin de protéger la santé des poissons et des cours d'eau. Les PFAS sont des substances synthétiques extrêmement persistantes qui s'accumulent dans l'environnement et dans les organismes.
Des études menées en Suisse et en Europe montrent que les PFAS sont détectables dans les rivières, les lacs et les eaux souterraines. Ils proviennent d'applications industrielles, de revêtements, de mousses extincteurs et de biens de consommation. Selon l'Office fédéral de l'environnement (OFEV), les PFAS constituent un problème croissant pour les organismes aquatiques en raison de leur persistance et de leur bioaccumulation.
Ces substances chimiques sont pratiquement non dégradables et s'introduisent dans les chaînes alimentaires. Les poissons sont particulièrement touchés, car ils absorbent et stockent les PFAS présents dans l'eau. Chez des espèces sensibles comme les truites, les ombres ou les corégones, les PFAS peuvent notamment affaiblir le système immunitaire et nuire à la reproduction.
La Suisse examine actuellement des valeurs limites plus strictes et des interdictions portant sur certains PFAS. Au niveau de l'UE, une procédure visant à restreindre largement l'ensemble des PFAS est en cours. Les spécialistes exigent que la Suisse soutienne ce processus et renforce ses propres réglementations nationales.
Outre des valeurs limites plus strictes, la FSP réclame une meilleure surveillance des eaux usées industrielles, l'assainissement des sites contaminés et des investissements dans les technologies d'élimination des PFAS dans les stations d'épuration. Parallèlement, la recherche sur les effets des PFAS sur les poissons et autres organismes aquatiques doit être intensifiée.
Si nous voulons préserver nos rivières et nos lacs pour les générations futures, les PFAS doivent être stoppés à la source. Des poissons en bonne santé ont besoin d'une eau propre — sans substances éternelles.
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