Prévenir les dégâts causés par les sangliers grâce à une méthode acoustique
Une méthode acoustique doit permettre de prévenir les dégâts causés par les sangliers dans l'agriculture. Le système éloigne les animaux sans violence et sans pression de chasse.
Des chercheurs de la ZHAW ont développé une méthode acoustique pour tenir les sangliers à l'écart des champs et ainsi éviter les dégâts. Le dispositif appelé épouvantail à sangliers a été testé et comparé à des méthodes de prévention conventionnelles. Associées à ces résultats, ces connaissances permettent désormais une gestion durable des sangliers.
L'épouvantail à sangliers développé à la ZHAW utilise des cris d'alarme et d'avertissement de sangliers pour les éloigner des champs. Des sons supplémentaires, que les animaux associent au danger, augmentent la variabilité. Les méthodes existantes étant souvent peu efficaces, fastidieuses et coûteuses, les chercheurs de la ZHAW ont également évalué deux méthodes de prévention classiques : les clôtures électriques et les moyens cynégétiques. L'efficacité de ces trois méthodes a été évaluée non seulement à travers l'augmentation mesurée des dégâts, mais aussi en fonction du comportement spatial des sangliers. À cet effet, plus d'une centaine de sangliers ont été capturés et marqués dans les zones de test de Fanel, du lac de retenue de Klingnau et du Haut-Fricktal. Parmi eux, 36 sangliers ont été équipés de colliers émetteurs GPS-GSM et leur comportement spatial a été documenté. Les dégâts sur les champs ont en outre été relevés à l'aide de prises de vue aériennes par drone. Pour en savoir plus, consultez le dossier Pourquoi la chasse de loisir échoue comme méthode de contrôle des populations.
Des dégâts se chiffrant en millions
En raison d'un taux de reproduction exceptionnellement élevé et d'une nourriture abondante, la population de sangliers en Suisse est en croissance depuis des décennies et continuera d'augmenter à l'avenir. Avec l'accroissement de la population, les dégâts augmentent également. «Nous savons encore trop peu de choses sur les sangliers, mais ils sont intelligents, adaptables et évitent la pression de chasse», déclare Stefan Suter du groupe de recherche en gestion de la faune sauvage de la ZHAW. La situation est compliquée par le fait que la chasse au sanglier est impossible ou difficile dans de nombreuses zones — notamment dans les réserves pour oiseaux d'eau et migrateurs, les zones de protection de la nature et les réserves de chasse, ainsi que dans les villes. Depuis 2013, Suter recherche donc de nouvelles méthodes ou des méthodes améliorées pour éloigner les animaux des champs de maïs, de pommes de terre, de colza et d'autres cultures. L'épouvantail à sangliers est censé y contribuer. Il se compose de deux haut-parleurs alimentés par batteries qui diffusent aléatoirement des combinaisons sonores à des intervalles de durée variable, via un boîtier de commande. Un capteur de lumière intégré allume l'appareil au coucher du soleil et l'éteint au lever du jour.
Aucune méthode n'offre une protection absolue
La comparaison montre qu'aucune des méthodes de prévention étudiées n'offre une protection absolue contre les dégâts causés par les sangliers. Sur les champs où des méthodes de prévention sont appliquées, les dommages sont toutefois significativement moins importants que sur les champs non protégés. «Avec l'épouvantail acoustique à sangliers, il existe désormais une méthode de prévention supplémentaire, flexible et intelligente», explique le chercheur de la ZHAW. Celle-ci convient particulièrement aux phases critiques qui suivent immédiatement les semailles, ainsi que pendant la maturation laiteuse du maïs et du blé. Une pression de chasse accrue renforce l'efficacité des mesures de prévention.
Les moyens cynégétiques seuls ne suffisent pas
Selon Stefan Suter, les défis liés à la gestion du sanglier ne peuvent pas être relevés par les seuls moyens cynégétiques. À l'avenir, une approche globale sera essentielle pour une gestion réussie du sanglier. En effet, les méthodes de prévention permettent de rendre plus difficile l'accès à des sources alimentaires riches en énergie, limitant ainsi la croissance des populations de sangliers. «Avec les indemnités versées par le canton aux agriculteurs pour les dégâts causés par les sangliers, on élève pour ainsi dire des sangliers. Si les dégâts sont de toute façon remboursés, la motivation de fournir un effort supplémentaire pour la prévention fait défaut», déclare Suter. La chasse de loisir ne changerait guère cet état de fait. Dans les zones soumises à une forte pression des sangliers, il conviendrait en outre de se tourner vers des cultures alternatives comme le sorgho du Soudan ou la silphie vivace, qui sont boudées par les sangliers. «Des agriculteurs innovants ont déjà commencé à les cultiver. Ceux qui prennent un risque et souhaitent essayer de nouvelles choses devraient également recevoir un soutien en retour», est convaincu Suter. Vous trouverez d'autres articles sur ce sujet dans la catégorie Environnement & Protection de la nature.
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