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Formation

Étude : les marmottes des Alpes se ressemblent beaucoup génétiquement

Une équipe de chercheurs a déchiffré le patrimoine génétique de la marmotte des Alpes. Il s'avère que ces rongeurs présentent la diversité génétique la plus faible de tous les mammifères sauvages séquencés à ce jour.

Rédaction Wild beim Wild — 27 mai 2019

Le fait que le patrimoine génétique des différents individus se ressemble autant a surpris les scientifiques, «car l'appauvrissement génétique se rencontre surtout chez des espèces très menacées, comme le gorille de montagne», a expliqué le biologiste Markus Ralser, directeur de l'Institut de biochimie de la Charité à Berlin. Pourtant, les marmottes des Alpes ne sont pas considérées comme menacées : des centaines de milliers d'entre elles vivent au-dessus de la limite des arbres en montagne.

À la recherche d'une explication à cette faible diversité génétique, les chercheurs ont reconstitué le passé génétique des animaux en analysant le génome ainsi que des fossiles. Ils en rendent compte dans la revue spécialisée «Current Biology».

Des adaptations répétées   

Leur conclusion : la marmotte des Alpes a perdu sa diversité génétique parce qu'elle a dû s'adapter à plusieurs reprises aux changements climatiques de la dernière grande période glaciaire. D'une part lors de la colonisation de la steppe glaciaire il y a environ 110’000 ans, d'autre part lors de la disparition de cet habitat vers la fin de la période glaciaire il y a environ 10’000 à 15’000 ans. Depuis lors, les animaux vivent dans la steppe d'altitude des Hautes-Alpes, où les températures sont similaires à celles de la steppe glaciaire.    

Lors de l'analyse, les scientifiques ont trouvé des indices suggérant que l'adaptation aux températures plus froides de la steppe glaciaire a entraîné un ralentissement du temps de génération des marmottes et une diminution de leur taux de mutation. Le génome de ces rongeurs présente une vitesse d'évolution exceptionnellement lente, ce qui explique que les animaux n'ont plus pu développer de nouvelle diversité génétique significative après la fin de la période glaciaire.

Une vulnérabilité accrue    

C'est pourquoi il est pour Ralser «étonnant que la marmotte des Alpes, malgré son appauvrissement génétique, ait réussi à subsister pendant des milliers d'années.» Car une faible diversité génétique signifie une plus grande vulnérabilité aux maladies, par exemple, et une moindre capacité d'adaptation aux changements environnementaux tels que l'évolution du climat.

Le fait que les changements climatiques puissent avoir des effets aussi durables sur la diversité génétique d'une espèce n'était pas encore connu avec une telle clarté. Étant donné que la faible diversité génétique représente un risque d'extinction, les chercheurs jugent important d'étudier de plus près d'autres espèces animales ayant survécu à la période glaciaire. Car celles-ci pourraient se trouver dans une situation similaire d'appauvrissement génétique. «À l'heure actuelle, on évalue généralement le niveau de menace pesant sur une espèce principalement en fonction du nombre d'animaux capables de se reproduire. Nous devrions reconsidérer le fait de retenir ce seul critère», a expliqué Ralser.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse, nous rassemblons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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