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Chasse

Zurich : le Conseil d'État rejette l'initiative «Gardes de la faune plutôt que chasseurs»

Le Conseil d'État ne voit aucun avantage à interdire la chasse milicienne éprouvée et à confier la surveillance de la faune à des gardes rémunérés par l'État. Il invoque le bon fonctionnement de la chasse dans les districts de chasse actuels et le haut niveau de compétence des chasseurs. Sans eux, il craint des coûts élevés ainsi que des dommages aux cultures agricoles et aux forêts. Il demande au Conseil cantonal de

Rédaction Wild beim Wild — 16 novembre 2017

Le Conseil d'État ne voit aucun avantage à interdire la chasse milicienne éprouvée et à confier la surveillance de la faune à des gardes rémunérés par l'État.

Il invoque le bon fonctionnement de la chasse dans les districts de chasse actuels et le haut niveau de compétence des chasseurs. Sans eux, il craint des coûts élevés ainsi que des dommages aux cultures agricoles et aux forêts. Il demande au Conseil cantonal de rejeter l'initiative populaire «Gardes de la faune plutôt que chasseurs» sans contre-projet.

La chasse milicienne traditionnelle, pratiquée par des chasseuses et chasseurs bien formés pour réguler les populations de gibier, fait ses preuves depuis des décennies dans le canton de Zurich. Une initiative populaire cantonale souhaite toutefois interdire la chasse et confier la surveillance des populations de gibier à des gardes rémunérés par l'État. Elle entend laisser l'évolution des populations de gibier largement livrée à elle-même dans notre paysage cultivé, fortement exploité par l'agriculture, la sylviculture et les personnes en quête de loisirs. Le Conseil d'État rejette cette proposition. Il invoque le manque d'efficacité d'une surveillance purement étatique de la faune, les importants dommages à craindre pour l'agriculture et la sylviculture, ainsi que les coûts élevés — entre 20 et 30 millions de francs par an selon le mode de calcul. Il demande au Conseil cantonal de rejeter l'initiative populaire «Gardes de la faune plutôt que chasseurs» sans contre-projet.

Les populations animales ne se régulent d'elles-mêmes qu'à l'état sauvage

Le Conseil d'État souligne que la chasse est là pour concilier les besoins biologiques des animaux sauvages et les exigences de l'être humain dans notre paysage culturel intensément exploité. La régulation cynégétique des populations de gibier et l'intervention auprès des animaux sauvages malades ou blessés sont absolument nécessaires dans un paysage façonné par l'homme et scientifiquement reconnues. Ce n'est que dans une nature vierge de toute influence humaine que les populations d'animaux sauvages peuvent se réguler d'elles-mêmes. Si les populations de chevreuils, de cerfs et de sangliers n'étaient plus régulées dans le canton de Zurich, elles augmenteraient de manière incontrôlée et dépasseraient rapidement et largement la capacité d'accueil des habitats disponibles. Cela nécessiterait une clôture massive des cultures agricoles et des jeunes forêts, ce qui serait extrêmement coûteux et morcèlerait encore davantage des habitats fauniques déjà très fragmentés. Comme cela n'est guère réalisable, des dégâts considérables par abroutissement et consommation dans les champs et les forêts, mais aussi des dommages dans les zones résidentielles, seraient inévitables. La densité accrue du gibier conduirait en outre, comme cela est démontré, à davantage d'accidents impliquant des animaux sauvages sur les routes et à la propagation d'épizooties.

Les locataires connaissent leur territoire

La chasse de milice actuelle, organisée en grande partie selon les limites communales dans des territoires de chasse bien définis, constitue en revanche un système bien rodé. Les autorités et les associations, l'agriculture et la sylviculture, la protection de la nature et la chasse collaborent étroitement. Les chasseurs disposent des connaissances locales précises, de l'ancrage territorial et de la forte présence sur le terrain que les quelques gardes-faune cantonaux ne pourraient pas avoir — les initiants parlent de 40, tandis que le Conseil d'État estime qu'il en faudrait au minimum 80 à 90. À cela s'opposent les plus de 850 chasseresses et chasseurs qui sont aujourd'hui responsables d'un territoire par bail de chasse. Ils consacrent, sur leur temps libre et sans rémunération, en moyenne quelque 400 heures par année chacun à la chasse, à l'entretien de leurs territoires, à la prévention des dégâts causés par le gibier et à l'intervention lors d'accidents impliquant des animaux sauvages — à toute heure du jour et de la nuit, soit au total environ 400’000 heures par année.

Les chasseurs bénéficient d'une excellente formation

Seul peut devenir membre actif d'une société de chasse responsable d'un territoire par bail celui qui a suivi une formation cynégétique de plusieurs années. Il faut d'abord réussir un examen théorique et un examen de tir. L'examen théorique exige, outre la maîtrise des techniques de chasse, des connaissances approfondies en biologie de la faune sauvage, en protection des espèces, des habitats et des animaux, en écologie ainsi que dans les bases légales de la chasse ; l'examen de tir porte sur le maniement sûr des armes de chasse et la précision de tir. S'ensuivent au moins deux ans de pratique cynégétique dans un territoire de formation. L'examen de chasseur proprement dit soumet ensuite une dernière fois à une évaluation complète les connaissances théoriques et pratiques. La précision de tir est en outre contrôlée chaque année. Les chasseurs sont donc parfaitement préparés à leur exigeante mission au service de la collectivité.

Ne pas mettre en jeu ce qui a fait ses preuves

Les sociétés de chasse sont tenues de réguler les populations de gibier dans leur territoire conformément aux directives du canton. Elles versent un fermage annuel et doivent prendre en charge une part des dommages causés par le gibier devant être indemnisés. Elles fournissent donc un très grand nombre de travaux bénévoles. Ainsi, la chasse de milice actuelle représente, notamment pour des raisons financières, une bonne solution pour le canton et la population. Le Conseil d'État ne souhaite pas mettre en jeu ce système bien équilibré et éprouvé, mais entend continuer à y adhérer avec conviction.

En savoir plus sur la chasse de loisir : Dans notre dossier sur la chasse nous regroupons des vérifications des faits, des analyses et des reportages de fond.

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