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Faune

L'Autriche manipule politiquement le statut de protection du loup

Tierschutz Austria met en garde contre un scandale en matière de droit de la protection des espèces – les Länder ignorent les faits scientifiques et les directives européennes.

Rédaction Wild beim Wild — 25 juillet 2025

Des informations explosives ont été transmises à Tierschutz Austria, de quoi alerter l'opinion.

Lors d'une réunion des Länder lundi prochain, le 29 juillet 2025, plusieurs Länder – en tête desquels le Tyrol, le Vorarlberg et la Carinthie – tentent de s'accorder politiquement pour déclarer le soi-disant « état de conservation favorable » du loup en Autriche, afin de légitimer la chasse pratiquée depuis longtemps déjà.

Et ce, alors que l'état de conservation favorable est, en vertu du droit européen, clairement soumis à des critères scientifiques qui sont loin d'être remplis en Autriche.

Ce qui est ici planifié n'est pas une simple peccadille – c'est une tentative de tromperie politique aux dépens du droit de la protection des espèces, avertit Michaela Lehner, juriste et responsable du service juridique de Tierschutz Austria. Les données scientifiques sont ignorées, les services spécialisés internes contournés – et tout cela pour permettre encore davantage d'abattages en violation du droit en vigueur. L'Autriche a pourtant tué en deux ans plus de loups que l'Allemagne en vingt ans !

Quelques meutes seulement – pas d'état de conservation favorable

Le rapport de situation actuel Statusbericht 2024 de l'Österreichzentrum Bär, Wolf, Luchs – un service spécialisé mandaté par l'État – le montre clairement : dans toute l'Autriche, seules quatre meutes de loups reproductrices existent actuellement. L'Agence fédérale de l'environnement avait également relevé dans son dernier rapport FFH de 2019 que le loup venait tout juste de réimmigrér. Une population stable, telle qu'elle serait nécessaire pour un « état de conservation favorable », n'est pas établie.

« Tant que l'Autriche ne dispose pas d'un système de monitoring fonctionnel, il n'existe aucune base juridiquement solide pour évaluer l'état de conservation – ni pour le loup ni pour d'autres espèces », poursuit Lehner.

La protection des espèces sacrifiée sur l'autel politique

Le débat est monté à ébullition, car les États membres de l'UE doivent soumettre à la Commission européenne tous les six ans un rapport FFH sur l'état de conservation de leurs espèces et habitats protégés. Le rapport FFH actuel est en cours d'élaboration et aurait initialement dû être remis fin juillet.

La base technique pour cela : un monitoring scientifiquement validé. Or en Autriche, un tel monitoring pour le loup et de nombreuses autres espèces n'en est qu'à ses balbutiements.

Arrêts de la CJUE : la politique planifie une violation publique du droit

Plusieurs décisions de la Cour de justice de l'Union européenne (notamment C-601/22, C-674/17, C-629/23) soulignent que l'état de conservation favorable ne peut pas être établi politiquement, mais exclusivement sur la base de critères objectifs. Ceux-ci comprennent notamment :

  • un nombre suffisant de meutes reproductrices
  • une aire de répartition stable et si possible en expansion
  • des habitats appropriés d'une superficie suffisante
  • un monitoring standardisé et à long terme

L'Autriche ne remplit aucun de ces critères – et pourtant la déclaration à motivation politique est imminente.

Quiconque contourne le droit européen pour faire du populisme au détriment d'animaux protégés met en péril la crédibilité de notre État de droit – et la confiance de la population dans la politique environnementale,» critique Leona Fux, biologiste et experte en protection des espèces auprès de Tierschutz Austria.

D'autres espèces également concernées

Ce qui se passe actuellement avec le loup n'est que la partie émergée de l'iceberg : le rapport FFH évalue des centaines d'espèces animales, végétales et d'habitats – son évaluation a des répercussions directes sur les mesures de protection, les programmes de soutien et les marges de manœuvre juridiques. «Si le rapport FFH devient une monnaie d'échange politique, des écosystèmes entiers sont remis en question», conclut Fux.

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