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Droits des animaux

Uri : initiative populaire contre le loup, l'ours et le lynx

À Uri, une initiative populaire contre le loup, l'ours et le lynx a été déposée avec 3302 signatures. Le canton devrait édicter des dispositions pour la protection contre les prédateurs. En savoir plus sur le loup en Suisse.

Rédaction Wild beim Wild — 17 août 2017

À Uri, le mécontentement envers le loup, l'ours et le lynx est largement répandu.

Une initiative demandant au canton d'édicter des dispositions pour la protection contre les prédateurs a été déposée mercredi avec 3’302 signatures. Il en fallait 600 valides pour aboutir.

Raphael Bissig, directeur de l'Union des paysans d'Uri, a confirmé sur demande une information en ligne du «Urner Wochenblatt». Le comité d'initiative avait espéré obtenir 2’000 signatures, a-t-il indiqué. Il s'est dit très satisfait du résultat.

L'initiative populaire demande que le canton édicte des dispositions pour la protection contre les prédateurs ainsi que pour la limitation et la régulation de leurs effectifs. L'importation et la libération de prédateurs, ainsi que la promotion de leurs populations, devraient être interdites.

L'initiative avait été lancée en mars par l'Union des paysans. Le comité d'initiative bénéficie d'un large soutien. Il comprend également les conseillers aux États Josef Dittli (PLR) et Isidor Baumann (PDC) ainsi que le conseiller national Beat Arnold (UDC), soit les trois représentants uranais aux Chambres fédérales.

« Un gouvernement trop hésitant »

Selon l'Union des paysans d'Uri, le gouvernement cantonal agit avec trop de timidité. Les conséquences des prédateurs sur l'élevage et les populations d'animaux sauvages seraient devenues de plus en plus graves. Les attaques de loups en particulier auraient causé des problèmes et des surcoûts considérables dans les alpages uranais. Le lynx exercerait une forte influence sur ses proies principales que sont le chamois et le chevreuil, dont il aurait fortement décimé les effectifs en de nombreux endroits.

Déjà lors du lancement de l'initiative en mars, le WWF Uri l'avait critiquée. La démarche de l'Union des paysans contreviendrait à plusieurs égards à la raison, à l'esprit de solidarité suisse et à la bonne foi. Ainsi, le texte de l'initiative prétendrait notamment qu'il existerait des importations et des lâchers de prédateurs. Or, il n'en existe ni pour les loups ni pour les ours. L'Union des paysans tomberait ainsi dans le piège d'une désinformation orchestrée à l'échelle nationale par les opposants aux prédateurs.

Le Conseil d'État uranais rejette les zones sans loups et se prononce en faveur d'une coexistence entre prédateurs et économie alpestre. Toute autre solution équivaudrait à l'extermination du loup. Il souhaite toutefois améliorer la protection des troupeaux et le concept loup.

Après 160 ans d'absence du loup, un loup a été abattu en 2016 lors d'une chasse de deux semaines. Cette chasse au loup a coûté au contribuable 43’500 francs (Wild beim Wild a informé).

En Valais, une initiative similaire avait été déposée en janvier par des représentants du PDC et du CSP du Haut-Valais. Celle-ci devrait permettre de réguler les effectifs de prédateurs. Le canton pourrait décider lui-même du nombre de loups ou de lynx tolérés dans ses forêts pour une faune équilibrée. Le projet contrevient toutefois à la Convention de Berne, qui protège certaines espèces sauvages comme le loup en raison de leur faible nombre.

Chiffres sur la protection des troupeaux

La Confédération investit annuellement 43 millions de francs dans l'élevage ovin. Elle met à disposition 830’000 francs pour la protection des troupeaux.

1. Indemnisation : Tableau d'estimation pour les brebis d'élevage

  • Pour chaque mouton tué par le loup, un agriculteur est indemnisé par la Confédération. Le montant se situe entre 200 francs pour un agneau et 2’000 francs pour une brebis laitière d'élevage.
  • «Pour les béliers d'élevage d'une valeur exceptionnelle, des prix allant jusqu'à Fr. 3’000 peuvent être versés dans des cas exceptionnels.»

2. Subventions OFEV

Contributions de soutien pour max. 3 chiens de protection des troupeaux/exploitant :

  • Aide au démarrage unique pour l'achat de Fr. 500/chien
  • Forfait : Fr. 1’000/chien/an pour les frais d'entretien
  • Forfait de prise en charge de Fr. 1’000–2’000 pour les alpages sans berger

Soutien pour le matériel de clôture en tant qu'aide au démarrage la première année :

  • Parcs de nuit avec gardiennage permanent
  • Électrification des surfaces agricoles utiles

Diverses mesures :

  • Indemnité de fourrage de max. Fr. 3’500 pour les alpages de moins de 30 unités de gros bétail normales, en principe lors de la première année de dommage en cas de désalpage
  • Contribution de soutien de Fr. 500 par attaque de loup avérée sur des alpages disposant de toutes les mesures de prévention appropriées
  • Remboursement des frais de transport de cadavres d'animaux en cas de plus de 10 animaux tués lors d'une attaque de loup

3. Subventions de l'OFAG

La contribution à l'estivage est calculée sur la base de la charge normale fixée et s'élève à :

a.) par unité de gros bétail normale pour les moutons, à l'exception des brebis laitières :

  • en cas de gardiennage permanent : 330 francs
  • en cas de pâturages tournants : 250 francs
  • pour les autres pâturages : 120 francs

b.) par UGBFG pour les vaches traites, les brebis laitières et les chèvres laitières ayant une durée d'estivage de 56 à 100 jours : 330 francs

c.) par unité de gros bétail normale pour les autres UGBFG : 330 francs

600’000 francs de subventions pour la laine de mouton (2009)

Abréviations :

Unité de gros bétail normale : une unité de gros bétail normale correspond à l'estivage d'une UGBFG pendant 100 jours.
UGBFG : animaux de rente consommant des fourrages grossiers.

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