Des gardes-chasse valaisans soupçonnés de braconnage
En Valais, plusieurs gardes-chasse sont soupçonnés d'avoir abattu des prédateurs sans autorisation. Des procédures pénales sont en cours contre un garde-chasse encore en activité.
En Valais, plusieurs gardes-chasse sont accusés d'avoir abattu des prédateurs dans le canton sans autorisation.
Des fonctionnaires posent sur une photo avec un lynx mort entre les mains.
Les gardes-chasse sont chargés de protéger la faune sauvage. Pourtant, comme l'écrit le «Blick», trois gardes-chasse du canton du Valais sont soupçonnés de braconnage. Plusieurs procédures pénales sont actuellement en cours contre l'un d'eux, encore en activité. Il lui est reproché de détenir deux aigles à son domicile et d'avoir abattu illégalement un cerf dans une zone de protection de la faune.
Le journal publie en outre une photo montrant le garde-chasse tenant un lynx mort entre les mains. Ce qui rend cela particulièrement explosif : dans le sud du canton du Valais, aucun lynx ne vit malgré des conditions idéales. On soupçonne depuis un certain temps déjà que des braconniers tuent les animaux dès qu'ils pénètrent dans le canton. Le garde-chasse aurait en outre demandé à des chasseurs d'abattre des lynx. «Il disait que c'était notre travail d'exterminer les prédateurs en Valais,» selon un chasseur qui souhaite rester anonyme.
Si l'on en croit les témoignages, il existerait parmi les 25 gardes-chasse professionnels, les 118 gardes-chasse auxiliaires non étatiques et les 3000 chasseurs un groupe soudé : celui-ci tolérerait le braconnage des prédateurs, voire l'encouragerait.
«Un bon lynx est un lynx mort»
Outre le garde-chasse encore en activité, deux anciens gardes-chasse sont également dans le viseur. L'un d'eux travaille toujours comme garde-chasse auxiliaire dans le canton. Il aurait déclaré à deux photographes de nature que l'on ne voulait pas de lynx — et qu'on les abattait. Un autre ancien garde-chasse est lui aussi opposé aux prédateurs dans le canton. Un agriculteur de la région déclare : «En tant que garde-chasse, il a abattu un lynx — et l'a raconté à tous ceux qui voulaient l'entendre.» En tant que particulier aussi, il continue de se déplacer avec son fusil, «avec le rêve d'abattre encore de nombreux grands carnivores».
Ces trois personnes ne seraient pas des cas isolés.
Comme le rapporte la télévision romande, un fonctionnaire du service cantonal de la chasse, de la pêche et de la faune sauvage a déclaré que la maxime suivante avait longtemps prévalu au sein du service : «Un bon lynx est un lynx mort.» Les gardes-chasse n'ont pas pris position face au «Blick».
Le canton du Valais use aussi de subterfuges concernant la protection des troupeaux
De juin à août 2018, dans les deux vallées bas-valaisannes du Vallon de Réchy et du Val d'Anniviers, 39 moutons au total ont été tués par le loup – 30 d'entre eux sans la protection de troupeau prescrite, et pour les neuf moutons restants, il n'était pas établi s'ils se trouvaient à l'extérieur ou à l'intérieur de la clôture. Il était donc clair que le nombre minimum légalement requis de 15 moutons protégés pour autoriser l'abattage du loup n'avait pas été atteint.
Afin d'atteindre malgré tout les 15 animaux de rente tués exigés par la Confédération, le Département valaisan de l'environnement compétent, dirigé par le conseiller d'État PDC Jacques Melly, a eu recours à un subterfuge : il a transformé des alpages où la protection des troupeaux est possible en alpages «non protégeables». Les attaques sur ces alpages pouvaient ainsi être comptabilisées en vue d'un tir du loup – une décision soutenue par le gouvernement valaisan.
C'est ce qui ressort d'un jugement du Tribunal cantonal valaisan du 14 avril 2020. Celui-ci a conclu que l'autorisation accordée par le canton du Valais le 5 septembre 2018 pour l'abattage d'un loup était «contraire au droit fédéral» et n'aurait pas dû être délivrée. Le jugement est entré en force, selon les informations du Tribunal cantonal valaisan, écrit infosperper.ch.
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