4 avril 2026, 06:45

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Critique de la messe de saint Hubert au Fraumünster de Zurich

Tuer avec la bénédiction de l'Église : le 20 octobre, à 10h00, une messe de saint Hubert avec les cornistes SonatES aura lieu dans l'église Fraumünster. L'IG Wild beim Wild critique sévèrement l'événement et les responsables.

À l'occasion de la saint Hubert, jour de commémoration de saint Hubert de Liège le 3 novembre, l'IG Wild beim Wild critique ce type d'orientation du service religieux.

Les messes de saint Hubert, principalement organisées et fréquentées par des chasseurs de loisir, ne sont pas compatibles avec l'éthique chrétienne du respect de la vie.

Elles constituent souvent l'ouverture des battues et chasses spéciales particulièrement cruelles lors desquelles même des chasseurs de loisir séniles parcourent les forêts de manière tortionnaire et pourchassent, blessent et tuent d'innombrables animaux sauvages. L'IG Wild beim Wild appelle donc les représentants de l'Église à se distancier à l'avenir de ces messes glorifiant la violence et sectaires.

Si de plus en plus d'animaux sauvages d'une espèce sont abattus parce qu'il y en a de plus en plus, faut-il alors en abattre encore plus pour qu'il y en ait moins ?

Il n'y a aucune raison compréhensible à la chasse de loisir, car elle n'est pas adaptée pour réguler durablement les populations. La chasse ne signifie pas moins d'animaux sauvages, mais plus de naissances.

Historiquement, la chasse pour la régulation des populations n'est pas non plus de la chasse, mais du zoocide terroriste.

Selon l'Association vétérinaire pour la protection des animaux, lors des battues, jusqu'à deux tiers des animaux sauvages ne meurent pas immédiatement. Avec des os brisés et les entrailles pendantes, les animaux s'enfuient, souffrent de leurs blessures souvent pendant des jours et meurent dans d'atroces souffrances s'ils ne sont pas retrouvés lors de la prétendue recherche ultérieure.

De nombreuses études scientifiques prouvent que la chasse n'est pas appropriée pour réguler durablement les populations d'animaux sauvages. Les scientifiques ont démontré que dans les populations de sangliers chassées, la maturité sexuelle des femelles survient plus tôt, ce qui fait augmenter le taux de natalité. Ainsi, une forte pression de chasse entraîne une augmentation de la population des animaux sauvages concernés dans la zone.

Célébrer un office religieux qui donne aux chasseurs la bénédiction symbolique pour le massacre systématique de créatures sans défense envoie un signal complètement erroné. Les Églises doivent défendre la préservation de la création, non sa destruction. La messe de saint Hubert méconnaît en outre que saint Hubert est passé de chasseur à opposant convaincu à la chasse. Julia Bielecki, théologienne.

La légende d'Hubert et du cerf portant la croix est connue par la littérature et les arts visuels.

Selon la légende transmise, Hubert naquit vers 655 comme fils d'un noble et mourut en 728. Au début, il menait une vie de plaisirs et était un chasseur passionné. Un jour, alors qu'il chassait et avait repéré un cerf qu'il poursuivait pour le tuer, celui-ci se dressa soudain devant lui. Entre ses bois brillait une croix et dans la forme du cerf, le Christ lui parla : «Hubert, pourquoi me chasses-tu ?» Hubert descendit de cheval et s'agenouilla devant le cerf. À partir de ce moment, Hubert cessa de chasser et mena désormais une vie simple.

Telle est la légende. Après son expérience avec le cerf, Hubert abandonna donc la chasse et devint un chrétien fervent. Car le vrai christianisme et la chasse ne font tout simplement pas bon ménage. Lors de sa rencontre avec le cerf, il fut en effet placé devant le choix : soit il tue l'animal – alors il tue aussi le Christ – soit il ne le fait pas et se confesse au Christ. Ou pour le dire avec les mots de Matthieu 25,40 : »Ce que vous avez fait à l'un de ces plus petits de mes frères, c'est à moi que vous l'avez fait«.

Il n'est écrit nulle part que Jésus-Christ, que les deux confessions vénèrent comme Fils de Dieu, ait jamais chassé des animaux. Ce serait aussi très absurde, car le 5e commandement de Dieu dit »Tu ne tueras point«. Mais toute chasse est liée au fait de tuer.

Malgré tout cela, les prétendues chasses de saint Hubert ainsi que les messes de saint Hubert ont lieu chaque année dans les églises. Au lieu de faire de saint Hubert le saint patron des animaux, l'Église en a fait le patron des tueurs d'animaux sauvages.

Le sens de la légende d'Hubert est bien celui-ci : l'homme doit vivre en harmonie et en paix avec la nature et les animaux. Il ne doit pas être le chasseur, mais le protecteur et l'ami des animaux. Comme il est si bien dit dans Marc 16,15 : »Allez dans le monde entier et prêchez l'Évangile à toute créature.« Cela ne signifie certainement pas la chasse.

Le vrai christianisme est une religion de l'éthique qui défend la miséricorde, le respect de la vie et l'amour du prochain. Les chrétiens pratiquants s'occupent de la question de savoir comment ces valeurs fondamentales peuvent être mises en œuvre globalement et formulent – en accord avec la Bible et théologiquement fondées – des directives éthiques vivables pour une coexistence pacifique entre l'homme, la nature et l'animal. Les animaux sont «nos frères et sœurs», nos prochains. Toute utilisation d'eux – que ce soit pour la production alimentaire, l'habillement, le divertissement ou l'expérimentation animale – et toute dégradation en marchandise contredisent une attitude pacifique, préservatrice et respectueuse de la vie.

Les chasseurs de loisir vivent de la chair. C'est pourquoi ils sont souvent en colère, violents et agressifs. Ce n'est pas étrange, mais tout à fait naturel. Quand on vit de tuer, on n'a pas de respect pour la vie. On est hostile envers la vie. Et qui est hostile à la vie ne peut pas entrer en prière, car la prière signifie révérence envers la vie. Et qui est hostile envers les créatures de Dieu ne peut pas non plus être très amical envers Dieu.