30 mai 2026, 04:28

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Critique du Fäälimärt 2026 à Sursee

Comment de tels événements associent tradition, commerce et souffrance animale.

Critique des manifestations de fourrures, de peaux et de trophées en Suisse, illustrée par le traditionnel marché de fourrures de Sursee (LU) du 10 février 2026.

Les animaux sauvages ne sont pas une marchandise destinée au divertissement, au prestige et au commerce.

L'IG Wild beim Wild critique de la manière la plus vive les manifestations de fourrures, de peaux et de trophées en Suisse  Année après année, de telles manifestations présentent des animaux sauvages tués comme des trophées, des objets de décoration et des marchandises. On normalise ainsi un rapport aux animaux sauvages qui n'est plus de son temps et qui contredit clairement les attentes de la société en matière d'éthique animale et de respect envers nos semblables créatures.

Les organisateurs vendent ces manifestations comme une préservation des traditions et une contribution à ce qu'on appelle l'entretien du gibier. En réalité, ce sont les animaux sauvages tués qui sont au centre, dont les parties du corps sont mesurées, notées, primées ou commercialisées comme des marchandises. Cette pratique encourage une culture du trophée dépassée, dans laquelle ce n'est pas l'animal en tant qu'individu sensible qui compte, mais la performance de chasse et la taille des bois, des cornes ou d'autres «signes de réussite».

Il est particulièrement choquant que de telles manifestations servent en outre de place de marché pour le commerce des fourrures. Des peaux de renard et d'autres peaux y sont achetées, évaluées, parfois primées ou tirées au sort. Ce commerce occulte la souffrance qui se cache derrière chaque fourrure et contribue à considérer les animaux sauvages comme une matière première. Alors que la politique et la société prennent des mesures vers une restriction du commerce de la fourrure, on continue de célébrer en Suisse une forme commercialisée de la chasse de loisir, difficilement défendable sur le plan éthique.

De tels marchés ne relèvent pas du folklore, mais font partie d'un système qui donne une valeur marchande aux corps des animaux. Lorsque les fourrures sont vendues à l'unité, la souffrance animale devient un calcul. C'est précisément cette logique qui est incompatible avec une conception moderne de la protection de la faune.

L'IG Wild beim Wild souligne en outre que la pratique de chasse présentée véhicule souvent une image embellie. Dans la réalité, les tirs ratés, les animaux blessés et les longues agonies font partie du quotidien de la chasse de loisir. Ces aspects ne sont ni abordés lors de telles manifestations ni communiqués ouvertement par les responsables. L'affirmation selon laquelle les expositions de trophées serviraient à analyser l'état des populations sauvages est difficilement tenable. Les instruments de monitorage fondés scientifiquement n'ont pas besoin de crânes et de bois exposés, qui servent avant tout à la mise en valeur de soi. Les trophées sont une expression matérielle d'animaux sauvages tués, dont la qualité du tir, la recherche au sang et la souffrance n'apparaissent guère dans l'image officielle.

Du point de vue de la protection animale, il est en outre préoccupant que des enfants et des jeunes soient initiés à de telles manifestations sans qu'on leur transmette une approche respectueuse et actuelle des animaux sauvages. Au lieu d'une transmission de savoir, c'est un spectacle qui est mis en avant, banalisant la violence et propageant un monde de la chasse romancé.

Marchands d'armes, fabricants d'optique, accessoires de chasse, voyages de chasse, tirages au sort de tirs de chasse à l'étranger : il se forme un système de violence industrialisé de la chasse, dans lequel les tirs et les corps des animaux font partie d'un système de commercialisation.

Celui qui tue inutilement ne protège pas, et cela n'apporte rien à la société civilisée. Les chasseurs de loisir ne garantissent donc pas des populations sauvages saines ou naturelles, en particulier avec leur abominable chasse au renard. De tels événements soulèvent régulièrement des questions sur les aspects éthiques, la pratique d'autorisation et l'impact sur l'opinion publique, et ils doivent enfin être fondamentalement réexaminés sur les plans politique et social.

L'IG Wild beim Wild appelle les responsables des communes, des villes et des cantons à repenser fondamentalement de tels événements. Une société civilisée n'a pas besoin de concours où des animaux sauvages morts sont présentés comme des succès, et elle n'a pas besoin d'un marché où les peaux sont échangées comme de simples marchandises. Ce qu'il faut, ce sont plutôt une compréhension respectueuse des animaux sauvages, une écologie de la faune scientifiquement fondée et un abandon de la chasse de loisir.