30 mai 2026, 03:59

Saisissez un terme de recherche ci-dessus et appuyez sur Entrée pour lancer la recherche. Appuyez sur Échap pour annuler.

L'IG Wild beim Wild critique le marché de la fourrure de Thusis 2026

Comment de tels événements associent tradition, commerce et souffrance animale.

Critique des manifestations de fourrures, de pelleteries et de trophées en Suisse, illustrée par le traditionnel marché de la fourrure de Thusis (GR) du 14 mars 2026.

Les animaux sauvages ne sont pas une marchandise destinée au divertissement, au prestige et au commerce.

L'IG Wild beim Wild critique les manifestations de fourrures, de pelleteries et de trophées en Suisse  de la manière la plus ferme. De telles manifestations présentent année après année des animaux sauvages tués comme des trophées, des objets de décoration et des marchandises. On normalise ainsi un rapport aux animaux sauvages qui n'est plus de son temps et qui contredit clairement les attentes de la société en matière d'éthique animale et de respect envers nos semblables créatures.

Les organisateurs présentent ces événements comme l'entretien d'une tradition et une contribution à ce que l'on appelle l'entretien de la faune. En réalité, ce sont des animaux sauvages tués qui sont au centre de l'attention, dont les parties du corps sont mesurées, notées, primées ou commercialisées. Cette pratique encourage une culture dépassée du trophée, dans laquelle ce n'est pas l'animal en tant qu'individu sensible qui compte, mais la performance de chasse et la taille des bois, des cornes ou d'autres «signes de réussite».

Il est particulièrement choquant que de tels événements servent en outre de place de marché pour le commerce des fourrures. Des fourrures de renard et d'autres peaux y sont achetées, évaluées, parfois primées ou tirées au sort. Ce commerce occulte la souffrance qui se cache derrière chaque fourrure et contribue à considérer les animaux sauvages comme une matière première. Alors que la politique et la société prennent des mesures en vue de restreindre le commerce de la fourrure, on continue de célébrer en Suisse une forme commercialisée de chasse de loisir, qui n'est guère défendable sur le plan éthique.

De tels marchés ne relèvent pas du folklore, mais font partie d'un système qui donne une valeur marchande aux corps des animaux. Lorsque les fourrures sont commercialisées à des prix unitaires, la souffrance animale devient un calcul. C'est précisément cette logique qui est incompatible avec une conception moderne de la protection de la faune .

L'IG Wild beim Wild souligne en outre que la pratique de la chasse présentée donne souvent une image embellie. En réalité, les tirs manqués, les animaux blessés et les longues agonies font partie du quotidien de la chasse de loisir. Ces aspects ne sont ni abordés lors de tels événements ni communiqués ouvertement par les responsables. L'affirmation selon laquelle les expositions de trophées serviraient à analyser l'état des populations sauvages est difficilement défendable. Les instruments de suivi fondés scientifiquement n'ont pas besoin de crânes et de bois exposés, qui servent avant tout à la mise en scène de soi. Les trophées sont une expression matérielle d'animaux sauvages tués, dont la qualité du tir, la recherche au sang et la souffrance n'apparaissent guère dans l'image officielle.

Du point de vue de la protection animale, il est en outre préoccupant que des enfants et des adolescents soient initiés à de tels événements sans qu'on leur transmette un rapport respectueux et moderne avec les animaux sauvages. Au lieu d'une transmission de connaissances, c'est un spectacle qui est mis en avant, banalisant la violence et propageant un monde de la chasse romancé.

Marchands d'armes, fabricants d'optique, accessoires de chasse, voyages de chasse, tirages au sort de tirs de chasse à l'étranger: il se forme un système de violence à l'échelle industrielle de la chasse, dans lequel les tirs et les corps des animaux font partie d'un système de commercialisation.

Celui qui tue inutilement ne protège rien, et cela ne sert à rien à une société civilisée. Les chasseurs de loisir n'assurent donc pas des populations sauvages saines ou naturelles, en particulier avec leur abominable chasse au renard. De tels événements soulèvent régulièrement des questions sur les aspects éthiques, la pratique d'autorisation et l'impact sur l'opinion publique, et ils devraient enfin être fondamentalement réexaminés sur le plan politique et social.

L'IG Wild beim Wild appelle les responsables des communes, des villes et des cantons à repenser fondamentalement de tels événements. Une société civilisée n'a pas besoin de concours où des animaux sauvages morts sont présentés comme des succès, et elle n'a pas besoin d'un marché sur lequel les peaux sont écoulées comme de vulgaires marchandises. Ce qu'il faut, c'est plutôt une compréhension respectueuse des animaux sauvages, une écologie de la faune sauvage scientifiquement fondée et un abandon de la chasse de loisir.